Chez Francois Tamarin.

25 novembre 2012

Pandora

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J’ai longuement réfléchi avant d’écrire ce texte, car les mots me manquaient…Comment décrire le travail magique de François ? Et comment décrire cette personnalité unique, sans tomber dans l’excès de dithyrambisme ? Pour moi, François est un magicien, un artisan virtuose, ce qui aujourd’hui est malheureusement très rare. Il vient d’un autre temps, d’une époque où les courtisanes régnaient sur Paris, « « Ces chevaliers hérissés de joyaux, de tulle et de cils, ces scarabées sacrés armés de pinces d’asperges, ces Samouraïs en zibeline et en hermine, ces cuirassiers du plaisir que de robustes soubrettes avaient harnachés et caparaçonnés depuis l’aube, semblaient aussi peu capables de sortir de leur armure qu’une huître de sa coquille  » (Jean Cocteau). Si Liane de Pougy ou Emilienne d’Alençon avait connu les corsets de François, elles seraient irrémédiablement tombée sous le charme de ses créations. Je crois que l’une des premières fois que j’ai vu François, c’était à un Dr Sketchy’s, il était ce soir-là transformé en son alter ego Isadora Gamberetti. Pour notre plus grand bonheur, Isadora interprétait pour l’occasion Sarah Bernhardt, vêtue d’une robe incroyable, un déluge de rose poudre et de dentelle, la grande Sarah meets une élégante XVIIIème. Chaque apparition d’Isadora est stupéfiante, tantôt Carmen tragique, Casati impériale, nébuleuse Diane chasseresse ou Baby Jane expressionniste. Tous les costumes étant bien évidemment réalisés par le maître. Quand nous sommes allées lui rendre visite la semaine dernière, Elsa n’a pas résisté à la tentation de revêtir la fameuse robe « Sarah », quand à moi je me suis fait un plaisir de la lacer, d’autant plus que la belle a la taille fine…Je regrette ce temps où la mode était un véritable art décoratif, où le costume modelait le corps féminin en formes irréelles et idéales, où l’élégance était un art de vivre. Le confort me déprime, le casual me donne la nausée. Peut-être suis-je utopiste, mais pour moi le vêtement doit construire un imaginaire, doit exprimer la personnalité, réelle ou fantasmée. Aujourd’hui le vêtement ne suggère plus rien, et le beau tend à devenir un espèce en voie de disparition. Mais, comme François, certains font de la résistance, ce qui n’est pas une tâche aisée, aussi méritent-ils tout notre admiration et notre soutien…

François Tamarin – Les Corsets de Montmartre

1 Rue Marcel Sembat

75018 Paris

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23 commentaires



  1. Keatkelly dit :

    Tu m’étonnes d’avoir les mots qui te manquent… SUBLIME

  2. Deep mirkwood dit :

    Joli texte , je suis d’accord avec sur ce que doit être le vêtement , mais je n’aime pas cette facont de mettre en valeur quelquechose pour en déprécier une autre ..

    • Louise dit :

      Deepmirkwood : Oui je comprends, ça peut passer pour méprisant mais ce n’est pas le cas. C’est une opinion, un peu vindicative je l’admet mais il faut parfois savoir s’engager !

  3. diane dit :

    simplement un rêve…! Merci Louise de le partager ici, et mon dieu que de beauté!!

  4. Quel travail époustouflant sur ces robes! elles sont sublimes! ;)

  5. Pissenlit dit :

    Ta réflexion me laisse dubitative … Les vêtement sont les reflets d’une époque, et il n’y a rien de commun entre la nôtre et celle dont tu rêves ! Tout d’abord, même si on s’interesse à des classes sociales assez aisées, sans parler de la classe ouvrière, on remarque bien que les vêtements sont adaptés à un style de vie qui demande des tas de mouvements, de déplacements … Or, faire ses courses en corset, ce n’est pas une sinécure ! De plus, si maintenant notre manière de nous habiller ne tient plus de l’oeuvre d’art, cela vient aussi de tous les efforts qui ont été fait pour libérer la femme, et pouvoir justement l’affranchir de cette image d’objet que l’on pouvait façonner à sa guise ! En ce sens, même si ce n’est pas franchement sexy, pouvoir se balader dans la rue en jogging est une victoire pour la cause des femmes, tu ne peux pas remettre cela en cause. De plus, la plupart des femmes ont quand même, soyons honnêtes, autre chose à faire qu’à se préoccuper pendant des heures de la meilleure manière de sublimer leur corps, et de l’image qu’elles renvoient.
    Toutefois, je comprend tout à fait que tu puisses désirer que ce type de vêtement puisse être encore portés de nos jours, car je trouve également ces robes incroyables de beauté et d’originalité. Mais ce n’est pas pour autant que je regrette ne plus être forcée de m’enfermer la taille dans un corset et de servir d’objet de décoration et d’admiration dans les milieux huppés !
    ( Et je préciserais que ce commentaire n’est pas une attaque, mais une simple prise de position par rapport à l’avis exprimé ! )

    • Louise dit :

      Bon, je pense que vous avez mal interprété mon opinion, ou plutôt que je me suis maladroitement exprimée. Loin de moi l’idée de fustiger l’émancipation de la femme, ni de célébrer l’oisiveté bourgeoise. Ici, je ne parle pas de pratique, mais de rêve, d’idéal. Je pense que vous me connaissez, et vous connaissez aussi l’objet de mes recherches : la contrainte du corps féminin. Je ne regrette pas l’emprisonnement social de la femme par le comme-il-faut et le culte des apparences de la société bourgeoise, il s’agit d’une vision nostalgique et subjéctive d’une certain esthétisme. Je n’aurais vécu pour rien au monde au 19ème, mais je trouve toutefois dommage l’abandon total de la recherche du beau dans le vêtement contemporain, et surtout sa standardisation. C’est pour cette raison que je me réfugie dans le vintage, pour retrouver l’unicité du vêtement, pensé comme un objet à part entière plutôt que comme un article de consommation de masse. Peut-être suis devenue trop réac..qui sait :)
      (En sachant que je n’ai pas beaucoup dormi hier, et que j’ai une longue journée derrière moi, il est possible que j’ai aussi été maladroite ici)

      Merci pour vos réactions, ça prouve que certaines prennent le temps de me lire et ça me fait vraiment plaisir !

  6. Steff dit :

    J’allais dire la même chose que Deep mirkwood, et puis tu as très bien répondu ;)
    Donc je respecte tes convictions :-)

  7. Milky dit :

    D’accord avec Deep mirkwood… Moi quand je vois ce genre de robe avec corsets je me dis plutôt « ouf! on en est plus là… ». Le confort vous déprime… On ne peut donc pas être jolie, originale et bien dans ses vêtements? La vision que vous livrez de la mode dans cet article me déçoit, je pensais que vous étiez plus ouverte. Elle souligne également votre statut de petite bourgeoise, évidemment vous pouvez vous permettre de mettre des tenues plus extravagantes les unes que les autres vu que vous ne travaillez pas, vous n’avez aucune contraintes de ce côté! C’est facile de voir la vie comme ça en effet… bien utopique, à des milliers de kilomètres de la vraie vie ma pauvre louise…

  8. Une vraie merveille! Il faut absolument mettre en avant ces artisans qui cultivent le savoir faire et l’élégance. Merci beaucoup de cette jolie découverte!!

  9. alexandrine dit :

    Ah, cette robe est vraiment magnifique! L’atelier de l’artiste aux doigts d’or doit être réellement fabuleux je pense… Tout est une affaire de style dans la vie, et c’est malheureux à dire, mais le quart des femmes n’en ont pas, c’est regrettable… Enfin, c’est ainsi, et l’on ne peut qu’admirer les personnes qui en ont un… Merci de nous donner ce bel hommage, Louise !

    Bonne après-midi,
    Alexandrine

  10. elsa dit :

    pour ceux que ça intéressent ce fut un honneur et un plaisir d’être ainsi parée et la toilette fut loin d’être inconfortable tant sa conception est soignée. on ne sent pas moins libre ni moins forte en corset, tout dépend des circonstances. des femmes-objets j’en croise souvent en mini-jupes, moins souvent en corsets. c’est mon point de vue de basse prolétaire et non de ‘petite bourgeoise »

  11. Christelle dit :

    C’est un véritable maître-corsetier, un artiste! pour avoir un peu pratiqué lors de mes années à la Chambre Syndicale, je sais que c’est un art difficile à maîtriser. L’harmonie de cette robe est frappante.
    Je partage moins ta nostalgie pour cette époque. Certes, l’art du vêtement est quelque chose qui se perd, qui se mondialise, et qui perd en personnalité. Le vêtement perd de son sens, il n’est plus qu’un code.
    Je ne m’habille pas vintage, j’aime mon jean et mes converses, mais je connais sur le bout des doigts les noms des courtisanes du XIXe par contre! :)

  12. Coline dit :

    Les robes sont justes magnifiques, un travail d’artiste. ton petit texte est très beau aussi^^

    http://fashioneiric.blogspot.com

  13. Marine dit :

    @Milky : Je me permets d’intervenir dans ce débat absurde puisque trop personnel pour que tes jugements négatifs émis ci-dessus s’inscrivent dans une quelconque justesse.
    Ton raisonnement sur le travail est infondé. Je travaille comme une dingue depuis plusieurs années (et dans un secteur de requins), je dors peu et j’attache pourtant chaque jour un soin particulier à mes tenues, mon maquillage, etc. Je porte régulièrement des robes d’époque 20’s, 30’s ou d’inspiration. C’est une hygiène et une philosophie de vie. Question d’exigence personnelle. Un peu de respect que diable. On ne vous demande pas de comprendre mais d’accepter que certains fassent du beau et de l’élégance un ligne directrice au quotidien.

  14. femmes russes dit :

    La conception de cette robe est plutôt intelligente. Une fois de plus, Miss Pandora frappe très fort. Bravo

  15. Mlle Aartus dit :

    Je ne peux parler pour les autres, mais j’avais bien compris ton texte dans le sens où tu l’entends Louise : une certaine perte d’originalité et d’amour du vêtement au profit d’un appauvrissement cruel des belles matières et du style… Le confort n’était pas du tout, pour moi, le propos. On peut être habillée avec du style tout en restant dans un certain confort. Comme le fait remarquer Elsa, cette belle robe n’était pas inconfortable, et je trouve qu’une certaine force ressort dans les photos où elle la porte, et non une faiblesse.
    J’aimerais bien que la chaîne de téélé Stylia fasse un reportage sur ce talentueux artisan dans l’un de ces documentaires justement spécialisés dans les artisans d’art… On découvrirais encore mieux son fabuleux travail !
    Bonne soirée,
    Alexandrine

  16. Romantic Tea dit :

    Oh mon dieu… Y a-t-il un autre mot que sublime? Merveilleux, peut être?!

  17. Sucre d'Orge dit :

    Merci pour ce bel article Louise!
    J’ai la chance d’avoir des costumes faits par François Tamarin et c’est toujours une joie de les porter sur scène et en dehors. Faits sur mesure, ils sont, je confirme, confortables et font une ligne…divine !
    Pour la scène et le théâtre de la vie, Vive François Tamarin !

  18. KizzyDoll dit :

    Amazing, just adore this place….xx

  19. Aude Sainte Cluque dit :

    Maître François Tamarin, homme de mots au pur coeur, Maître de la Couture pour ces princesses, nous transporte a travers l Histoire, et nous ramène au temps ou encore les Rois existaient…

    moi je veux être Contesse, tout comme Angéliques, Marquise des Anges, reprendre mon rang, et vous a mon bras. Et c’est a Versailles que l’on se rendra!!!!! :)

    Cher François,

    Que votre belle étoile vous protège,
    Je vous aime

    Aude Sainte Cluque

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