Dante Gabriel Rossetti « Beata Beatrix » (1864-70)

09 septembre 2008

Art


Beata Beatrix représente Elizabeth Siddal, femme de Rossetti, peintre et muse par excellence du mouvement préraphaelite, égerie éthérée des oeuvres de William Holman Hunt ou Millais, ainsi elle incarne sa célèbre Ophélie. Par Beata Beatrix, Rossetti compare Elizabeth Siddal à la Béatrice de Dante, il l’immortalise dans l’extase de la mort.Cette oeuvre de Rossetti, s’accompagne d’une étrange histoire, qui exerce une certaine fascination morbide. De nouveau enceinte après une fausse couche « Lizzie », mourut en 1862 d’une overdose de laudanum, probablement un suicide. Rossetti, désesperé l’enterra avec ses propres carnets de poèmes, au cimetière de Highgate. En 1869, pris d’une passion renouvelée pour la poesie, et voulant publier ses anciens poèmes dans son prochain receuil , Rossetti pris la douloureuse initiative de récuperer ses carnets. Son agent fut envoyé a pour déterrer l’infortunée a la nuit tombée, il découvrit un corps en état de remarquable conservation. Phénomène plutôt étrange, en effet, c’est dans la partie ouest du cimetière de Highgate que proviennent de nombreuses rumeurs d’une présence vampirique…
Beata Beatrix represents Elizabeth Siddal, wife of painter Dante Gabriel Rossetti and model par excellence of the Pre-Raphaelite Movement. Siddal was drawn and painted not only by her husband but she was also the ethereal face behind the works of artists like William Holman Hunt or John Everett Millais, where she acted as the model of the latter for his celebrated painting, Ophelia. This particular work of Rossetti revolves around a strange story and shows a morbid fascination towards his dead wife. Newly pregnant for the second time after a miscarriage, « Lizzie » died in 1862 from an overdose of laudanum, perhaps a suicide. Rossetti, overcome with grief, buried his own journal of poems in her grave at Highgate Cemetery. In 1869, motivated by a renewed passion for poetry and a desire to publish his old poems for his upcoming anthology, Rossetti took the painful initiative to retrieve the buried manuscript. In the dead of the night, he sent his agent to covertly exhume the poems from his wife’s grave.
Through Beata Beatrix, Rossetti immortalizes Elizabeth Siddal in the ecstasy of death and compares her to Beatrice (Portinari), the main inspiration for Dante Alighieri’s poem, La Vita Nuova.
Beata Beatrix par Algernon Swinburn, ami poète de Rossetti.
« L’oeuvre est entierement symbolique et idéale: un oiseau étrange fond des cieux pour lui porter un pavot épanoui, la fleur funèbre du soleil qu’il tient dans son bec. Sa tête superbe est rejetée en arrière, mélancolique et douce, les yeux clos dans une extase de mort qui n’est pas la mort; l’ombre de la mort semble s’étendre sur elle, assombrissant la splendeur de son ample chevelure et de ses traits suaves et sans défaut. Derrière elle, la ville et les ponts qui enjambent le fleuve se profilent dans la lointain, estompés et voilés par les lumières brumeuses comme si elle avait déjà « la solitude en partage, parée a l’image d’une veuve » De son coté, l’Amour s’avance, tenant dans la main un coeur enflammé et le regard posé sur Dante; de l’autre, Dante tourne tristement les yeux sur la voie qui mène a l’Amour. Le fond de ce tableau, la lumière tamisée et douce vient caresser le liseré de la chevelure et du vêtement de Béatrice; ailleurs éclate l’ardente clarté du jour.  »
Beata Beatrix as described by Algernon Swinburne, poet friend of Rossetti:

« …perhaps the noblest work of Mr Rossetti’s many studies after Dante. The work is wholly symbolic and ideal; a strange bird flown earthward from heaven brings her in its beak a full-blown poppy, the funereal flower of sleep. Her beautiful head lies back, sad and sweet, with fast-shut eyes in a death-like trance that is not death; over it the shadow of death seems to impend, making sombre the splendour of her ample hair and tender faultless features. Beyond her the city and the bridged river are seen as from far, dim and veiled with misty lights as though already « sittting alone, made as a widow. » Love, on one side, comes bearing in his hand a heart in flames, having his eyes bent upon Dante’s; on the other side is Dante, looking sadly across the way towards Love. In this picture the light is subdued and soft, touching tenderly from behind the edges of Beatrice’s hair and raiment; in the others there is a full fervour of daylight. »
(from the book: The Pre-Raphaelites: Writings and Sources )

13 commentaires



  1. noreply@blogger.com (Petite Marquise) dit :

    J’aime beaucoup quand tu fais cette petite chronique art sur le blog… Merci

  2. noreply@blogger.com (valoo_) dit :

    Je croyais qu’Elizabeth Siddal était un vampire. Quand ils ont rouvert le cercueil, n’ont-ils pas trouvé son corps en parfait état de conservation ?

  3. noreply@blogger.com (Flo) dit :

    A ce propos, lire l’excellent polar de Fred Vargas « Un lieu incertain »…

  4. noreply@blogger.com (Pandora) dit :

    Valoo: Exactement ! J’ai hesité a le rajouter, finalement je pense que ca s’impose.

    flo : Oui je connais fred vargas, mais pas celui-la. Il est en rapport avec le tableau ?
    Si c’est le cas ca minteresserais beaucoup, je vais me documenter.

  5. noreply@blogger.com (Is') dit :

    C’est fantastique de passer par ici… surtout quand l’Art illumine ta page!

  6. noreply@blogger.com (Sandra) dit :

    I think it’s sad that your art posts don’t get more than a handful of comments but your fashion ones go through the roof. The painting looks positively ethereal. Please don’t stop the art posts!

  7. noreply@blogger.com (Anonymous) dit :

    I agree with Sandra.

    I was a Humanities major my first year of college, so I can relate to this.
    But even without the background, I do appreciate the arts. There’s a chock-full of stories behind those masterpieces that are full of drama, intrigue, action, mystery. In short, art is bursting with life and energy. It’s no wonder books, movies, fashion, etc find inspiration from these artworks.

  8. noreply@blogger.com (valoo_) dit :

    Effectivement, flo m’a démasquée… L’histoire d’Elizabeth Siddal, je l’ai lue dans « un lieu incertain » de Fred Vargas. Ca ne parle pas vraiment du tableau mais plutôt de vampires, et surtout de l’histoire des vampires, d’où Elizabeth Siddal.

  9. noreply@blogger.com (Laura de Montreal) dit :

    oui, je suis d’accord avec tout celles qui affirment aimer tes posts sur l’art. Ca rajoute toute une autre dimension a ton blog.
    J’aime.

  10. noreply@blogger.com (diane) dit :

    Ton post sur les pré-raphaélites est vraiment enthousiasmant. Il se marie parfaitement avec l’univers de ton blog et renvoie directement à ta longue robe blanche, digne de la Lady of Shalott.
    Poursuis tes posts artistiques, vraiment. Et si tu aimes cette période, tu dois connaître John Collier, qui est tout aussi impressionnant que Waterhouse ou Rossetti. Bravo pour ton blog en tout cas :)

  11. noreply@blogger.com (MISS GLITZY) dit :

    Un lieu incertain parle effectivement du cimetière de Highgate et d’Elisabeth Siddal, qui a aussi inspiré le Dracula de Bram Stocker.

  12. noreply@blogger.com (marie) dit :

    Merci beaucoup pour ces posts aussi. C’est vraiment très intéressant!

  13. noreply@blogger.com (marinounette) dit :

    Rossetti, le mouvement pré-raphaélite, William Morris… des personnes que j’admire (au niveau artistique comme au niveau de l’engagement).
    C’est vrai qu’en plus, je n’aime pas trop l’art victorien (seule exception: la plume de Dickens… c’est donc dans la torture que je me tape Jane Eyre pour le CAPES cette année). Et Rossetti, Morris etc. font revivre une période révolue (avec ses défauts aussi bien évidemment), plus humaine. Je pourrais en parler des heures ^^

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