Folie Textile à Compiègne

19 juillet 2013

Musées | XIXème


Folie textile. On peut dire que l’exposition porte bien son nom, puisque la mode sous le Second Empire fût le théâtre d’un bouleversement économique et créatif, d’un extraordinaire épanouissement de l’industrie du vêtement, que dis-je, d’un véritable empire de la mode ! Grâce à la mécanisation de la production textile, le vêtement se démocratise et s’immisce dans toutes les classes, partout règne cette même fièvre qui tourne à l’obsession collective : être à la mode. Dans cette pyramide de la consommation trône en maître la figure quasi-religieuse du couturier, Worth en tête ; c’est lui qui dicte les tendances qui seront reprises par les grands magasins et les magasins de confections (sorte de prêt à porter avant l’heure), imitées par les petites couturières et les marchandes à la toilette, tandis que les classes populaires et les aristos ruinés iront s’offrir quelques nippes de premier choix et autres fripes de théâtre aux marchés du Temple (aujourd’hui ça n’a rien de honteux, on appelle même ça le vintage !). Dans la presse féminine, les tendances sont relayées par les gravures de modes, et bientôt les réclames des grands magasins viennent rejoindre celles de purgatifs amaigrissants ou de pâtes dépilatoires. Ça vous rappelle quelque chose ? Et oui, la seconde moitié du XIXème est l’ancêtre de notre société de consommation actuelle !

Mais attention, si tout le monde peut être à la mode, c’est à la qualité et à la « fraîcheur » des tendances que se démarquent les fashionistas du Second Empire, car on ne s’habille pas de la même façon dans le monde que dans le demi-monde, chez les nobles familles du faubourg Saint Germain que chez les nouveaux riches des boulevards. Enfin, en théorie, car depuis la prise de pouvoir des cocottes, les femmes comme-il-faut tentent secrètement d’imiter leurs tenues scandaleuses, tandis qu’à l’inverse, les cocottes feignent la respectabilité bourgeoise, le monde imite le demi-monde et vice versa : c’est à en perdre la tête ! Il y a bien sûr les égéries, dont toutes s’inspirent : l’Impératrice Eugénie et sa passion pour Marie-Antoinette (qui donne naissance au revival XVIIIème) ; la Princesse Pauline de Metternich et ses tenues toujours à la pointe; la comtesse Castiglione, ses coiffures-échafaudages et ses toilettes improbables.

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Ah le comme-il-faut, au XIXème on en bouffe à toutes les sauces, l’art de tenir, enfin plutôt l’art de se retenir, mais avant tout l’art de se vêtir ! Pour la femme comme-il-faut, la mode n’est pas seulement l’occupation futile d’un après-midi oisif passé à feuilleter négligemment « Le Petit Echo de la Mode », c’est un devoir de la plus haute importance, dixite la papesse de la bienséance, la baronne Staffe herself (qui soit dit en passant était vieille fille, et pas baronne pour un sou) : « Que le soin de votre toilette soit un devoir, rarement un plaisir », ça ne rigole pas trop en effet…

Dans cette société qui place le paraître en valeur primordiale, le costume traduit comme il peut trahir, marque la position comme la prétention sociale, et fait office de laisser passer dans le monde comme dans le demi-monde. Avouons-le, c’est même un outil d’ascension sociale, une sorte d’appât en somme..Et oui, quand ce ne sont pas les jeunes filles de la petite bourgeoisie qui se cuirassent comme des paquets cadeaux en attendant de pêcher le sacro-saint prétendant -surtout s’il est fortuné- (Pot-Bouille, anyone?), ce sont les courtisanes (encore elles!) qui investissent dans de plus beaux atours afin d’attirer du consommateur haut de gamme. Outre leur passion commune pour l’amour vénal, qu’est ce qui différencie une lorette d’une grisette, une lionne d’une vulgaire fille ? Le costume pardi !

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(Pièce maîtresse de l’exposition : le lit à colonnes des appartements d’Eugénie au Palais de l’Élysée, restauré pour l’occasion)

Qui dit prospérité économique dit règne du paraître, le Second Empire instaure le triomphe des apparences; il s’agit à tout prix d’en être mais surtout de le faire savoir, et sur les boulevards toujours en fête, on croise aussi bien des cocodès (les dandys en vogue) que des hommes de l’entourage de l’Empereur, le plus souvent en galante compagnie…Impensable aujourd’hui ! A cette époque, Paris est le centre du monde, « ville lumière » en pleine ébullition, relookée à grands frais par le bulldozer Haussmann…C’est aussi la capitale de la mode, et le monde entier se prosterne devant l’élégance mythique de la « parisienne », cette créature évanescente dont la taille de guêpe est sanglée dans de charmants corsages en satin pervenche, et dont le pied menu se voit délicatement enveloppé par d’adorables bottines ciselées. Les représentations de l’époque dressent un tableau presque comique, hommes et femmes semblent s’être échappés d’un jeu d’échecs, tous issus d’un même moule : eux, noirs et graves; elles blanches et froufroutantes. « A quoi ressemble un homme à coté de sa femme ? Lui, noir, simple, éteint, sentant le cigare. Elle rose, recherchée, éclatante, jetant au vent les émanations ambrées de sa poudre de riz ».

Mais pourquoi une telle différenciation des genres, aussi grossière qu’une prostituée des Halles ? Figurez-vous que depuis la Révolution, voici donc que l’bourgeois s’est pris de respectabilité, et exhibe avec fierté -et probité-, son honnête costume noir. Un peu triste me direz vous, ces rangs anonymes de corbeaux noirs, mais c’est une forme de révolte contre les frivoles fanfreluches  portées par les nobles de l’Ancien Régime, dont l’oisiveté était aussi ostentatoire que leur habits chamarrés en soieries lyonnaises. Pour l’homme, le costume devient vêtement, et affiche en masse les valeurs de la bourgeoisie montante : égalité, travail, sobriété. C’est bien joli tout ça, mais un brin hypocrite, car si l’homme feint de ne pas y toucher, c’est à la femme qu’il délègue le rôle de représenter : le noble coquet, c’est elle. Ainsi, tous égaux ? Oui, sauf la femmes, car si l’homme est respectable, elle se fera décorative.

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A la manière d’une Liane de Pougy en robe virginale, faisant porter ses montagnes de bijoux par sa femme de chambre, l’homme exhibe ses richesses sur sa compagne; plus elle ornée, surchargée, encombrée, plus il est riche. Encerclée par des montagnes de jupons en taffetas, barricadée sous des couches de crin et de buscs, engloutie par les rubans et les dentelles, voici l’élégante du Second Empire. Comme les poupées en porcelaine avec lesquelles elles partagent le même vestiaire, les femmes sont de délicats accessoires de décoration. N’oublions pas que sous le Second Empire, les tendances de la mode féminine sont étroitement liées à celles de la décoration intérieure, et permettent ainsi aux femmes de faire tapisserie jusque dans leurs intérieurs. Les drapés des jupes font écho aux tentures qui rythment les murs des salons, les dentelles répondent aux napperons, tandis que l’ampleur des poufs se retrouve dans celle des crinolines (jusqu’à 4 mètres de circonférence au début des années 1870 !). La pudibonderie ambiante recouvre les femmes comme les intérieurs (jusqu’au pied des pianos dit-on), c’est le triomphe du capiton. Rubans, guirlandes, passementeries, trop n’est jamais assez ! D’autant plus que, grâce à la découverte des colorants synthétiques, les femmes à la mode se transforment en oiseaux exotiques à la sobriété d’une « gueuleuse » de caf’conc’ (Bon, d’accord, je force le trait, mais ces couleurs piquent encore les yeux aujourd’hui, c’est dire !)

Lors de l’exposition, j »ai eu la surprise -et peut-être la consternation- de découvrir que le boudoir de la comtesse de Castiglione était recouvert jusqu’à la nausée de mousseline rose layette (sur la cheminée ? Vraiment ?), à la manière d’une proto Jayne Mansfield…On dirait le cabinet de toilette de Renée dans la Curée, qui illustre à merveille cette analogie entre femme et costume, « cette mousseline du plafond et des murs, sous laquelle on croyait voir couler un sang rose, (qui) prenait des rondeurs de chair, des rondeurs d’épaules « . Ainsi donc, la femme EST la mode ! Vous comprenez mieux pourquoi de nos jours, subsiste avec persistance ce lieu commun qui associe femme coquette et superficialité ? La racine est à trouver au cœur du Second Empire, où la mode est essentiellement féminine, liée à la consommation et à l’oisiveté ostentatoire, et s’oppose naturellement au monde de travail et de réussite sociale de l’homme. Ainsi, si l’on aime la mode de nos jours, serions-nous forcément des bourgeoises écervelées obsédées par leurs fanfreluches ? Pour le moment il faut croire que oui !

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J’espère que cet bref survol de la mode sous le Second Empire vous a plu, pardonnez-moi mes divagations satyriques mais je n’ai pas pu m’empêcher ! Si vous désirez explorer le monde divin des textiles raffinés et admirer de sublimes costumes n’hésitez pas à visiter l’exposition, c’est seulement à une heure de Paris au départ de Gare du Nord (et le billet est hyper pas cher..), Compiègne vous attend !

Et pour ceux qui ont eu le courage de me lire, et d’arriver jusqu’ici, je vous propose de gagner 25 places (pour deux personnes)  !!

Il suffit juste de m’écrire un commentaire, en me disant ce que la mode sous le Second Empire évoque pour vous (vous pouvez aussi parler de Compiègne, et si tout ça ne vous évoque rien mais que vous êtes curieux d’y aller, vous avez le droit de me parler de vos vacances)

Folie Textile / 7 juin-14 octobre / Château de Compiègne

Pour en savoir plus : -Folie textile, catalogue de l’exposition.

-Sous l’Empire des Crinolines, catalogue de l’exposition.

-Les dessus et les dessous de la bourgeoisie, Philippe Perrot.


46 commentaires



  1. *Marie* dit :

    J’adore cette expo me fait rêver, pour moi le second empire et la mode me renvoient irrémédiablement vers Ingres, j’aime observer dans ces tableaux le passage de la mode 1er empire au second, son œuvre continue le travail débuté par Vigée Lebrun et grâce à ces 2 artistes on traverse un siècle de mode (sujet de mon mémoire d’histoire de l’art XD) bref cette expo me fait rêver et je vais essayer de me débloquer 2 jours pour y aller!

    Merci pour la découverte ^_^

  2. The Sweet Fairy dit :

    Je cours les châteaux de l’Ile de France et je ne connais pas encore Compiègne.
    Je cours les expositions qui nous content la mode d’antan.2 places pour cet événement c’est le combo parfait pour un week-end d’été à Paris en attendant ses vacances.
    Merci

  3. Alice dit :

    Chère Louise,
    Le second empire est pour moi quelque chose de fou,quelque chose de magique qui m’inspire chaque jour pour les costumes que je réalise. J’aime la mode qui se faisait au 19 ème et je me prends souvet à rêver devant de belles tenues, mais la folie qui se dégage de la fin de siècle est vraiment fantastique. Après avoir vu les photos et les textes que tu as écrit sur Compiègne (et ce depuis l’article que tu as écrit il y a déjà quelques temps dessus) je meurs d’envie d’aller y faire un tour (même si ce n’est pas tout près de Lyon!)et d’en avoir pleins les yeux.

    Par ailleurs, j’espère qu’un jour tu pourras venir sur Lyon et t’émerveiller devant les vieux bâtiments, le musée des beaux art ainsi que tout un tas d’autres choses fantastiques :3
    Sur ce bonne journée et bon courage pour la suite du blog ! (Ps : Merci pour ces articles que tu réalise chaque semaines)

  4. Eve dit :

    Pour moi, la mode du second empire est une contradiction. En effet le développement du commerce et de l’industrie permet l’élaboration de toilettes plus novatrices les unes que les autres mais c’est aussi une des époque ou le corps de la femmes est le plus martyrisé.
    Une très belle expo aux Arts Déco vient d’ailleurs de commencer sur le thème des dessous et montre la créativité des méthodes de modelages du corps féminin à la fin du XIXème
    (http://www.lesartsdecoratifs.fr/francais/mode-et-textile/expositions-70/actuellement-447/la-mecanique-des-dessous-une/)
    Je la recommande à toutes!!
    J’essaie pourtant de ne retenir que la beauté et la délicatesse des couleurs et des tissus, une vrai merveille que j’espère pouvoir voir en vrai à l’occasion d’un week-end à Compiègne!

    En attendant, merci de nous faire découvrir toutes ces ravissantes « fanfreluches », merci Louise!

  5. lalectrice dit :

    Bonjour Louise!
    La mode du Second Empire m’évoque quant à moi les romans de Zola, et surtout le Bonheur des Dames, les dépenses somptuaires et la folie acheteuse. Opulence, richesse, surcharge, un brin de vulgarité – des mètres de dentelles, de rubans, de volants, de fleurs artificielles, de broderies et de motifs. Ma préférence va à d’autres époques – les Merveilleuses napoléoniennes et les flappers des années 20, mais entre les deux la densité de ce règne est comme un entremet substantiel et roboratif!

  6. Carolyn dit :

    Chère Louise,
    Cet article est excellent et très bien écrit ! J’aimerais beaucoup en lire d’autres comme celui-ci, passionnée du costume et du XIXe siècle que je suis :)
    L’expo a l’air vraiment superbe et tes photos donnent envie.
    Que dire de cette mode sous le Second Empire ? Je ne peux m’empêcher de l’imaginer selon les descriptions des romans de l’époque et apprécier ses surcharges textiles chez les dames, fascinantes à mes yeux de contemporaine. Pour autant, tes remarques au sujet de la « fonction décorative » des femmes via leur toilette me semblent très justes. L’association mode/oisiveté et futilité : j’essaye de la combattre dans mon quotidien, car aimer les robes et avoir un master de lettres ne devrait pas être incompatible! C’est intéressant de positionner la « racine » de cette idée à cette époque et pour les raisons sociales que tu donnes. Je vais tenter de poursuivre la réflexion de mon côté avec des lectures cet été (d’ailleurs, si tu en as à me conseiller je suis preneuse).
    Merci encore pour la qualité de ton blog, unique à mes yeux dans la sphère des blogs mode il faut le dire !
    Belle journée :)

  7. V. dit :

    Che bell’articolo, cara Louise! Leggere un po’ di storia della moda scritta con così piacevole leggerezza è bellissimo, brava!

    Bisous

  8. Apli dit :

    La mode du 19ème est pour moi quelque chose de surréel. Elle m’évoque des jeunes filles élégantes, croulant sous de fines dentelles, se promenant sous une montage de rosiers grimpants.

    Mais tristement elle m’évoque aussi la vision de nombreuses personnes aujourd’hui: lorsque qu’on montre ne serai-ce qu’un peu d’intérêt pour les vêtements (sortant de l’ordinaire), lorsque l’on prends soin de se maquiller ou que l’on s’intéresse a ce qui touche à la mode , alors tout de suite on est réduis à quelqu’un qui ne s’intéresse pas a autre chose. Une fille poupée.

  9. KizzyDoll dit :

    What a way to make me dream…these are marvels. I adore the fabrics and details, but also the rich history they entail. Like how you spoke of the husbands giving gifts and the more gifts, the more wealth gets shown off. How their dressing was close to the furnishings. Stuff like this, the history part has always interested me greatly. I love it. I wish I lived closer, I would go in seconds :))) I hope everyone who gets to go enjoys themselves :)) I wish articles of clothing were still made today :)) Have a wonderful weekend my dear :)

  10. J’ai fait mes deux Masters sur l’art Victorien (Preraphaelite et Arts & Crafts) et étudié le costume pendant 3 ans, afin de pouvoir réaliser mes propres corsets, crinolines et autres autres tournures … Autant te dire que ce post m’a enchantée et que je comptais commenter, avant même d’avoir lu la petite surprise …
    Mais je ne serais pas contre remporter deux petites entrées ^^
    Merci pour cette jolie opportunité d’illuminer mon été un peu morne !
    <3

  11. lucie dit :

    Cet article fut un régal pour les yeux et pour l’esprit ! Merci de nous faire découvrir tout ça :)

  12. Rehem dit :

    Je suis très peu calée en ce qui concerne la mode « française » de ces années là, je suis plutôt portée sur le victorien beaucoup plus austère que ces tenues là.

    Néanmoins, j’ai l’envie de payer une petite visite à Compiègne depuis que tu as parlé du Château avec le heureux accident de la Castiglione. Cet article sur le pourquoi des tenues me donne bien envie d’aller jeter un oeil à cette exposition en même temps !

  13. L'Oliphant dit :

    Très intéressant! merci!

  14. MarieCharlotte dit :

    BRAVO pour cet article ! C’est aussi à cette époque qu’on l’on élève le couturier au statut d’artiste avec Worth ! La mode du 2nd Empire m’évoque aussi avec sourire, les nombreuses caricatures sur les crinolines :)
    je suis également curieuse de découvrir cette expo !

  15. Aurore dit :

    C’est par hasard que je suis tombée sur cet article et quel plaisir de vous lire! Très bien écrit, et tout à fait véridique! Ce joli bibelot décoratif à côté de son sobre mari-présentoir, cet amas de volants, de tissus vaporeux, ces épaules blanches et délicates illustrent à merveilles les élégantes du XIXeme… J’ai adoré l’article, et j’adorerai sans aucun doute l’exposition. Bonne continuation et bravo pour ce joli blog!

  16. Adl dit :

    Moi j’ai pensé à Zola, à cette chère Nana, qui se fait voir mieux que tout le monde parce que justement elle a du goût pour refaire ses appartements tous les jours, et sait à chaque fois tomber dans l’excès !
    Mais on peut dire ce qu’on veut de toutes ces fanfreluches, on a toute rêvée au moins une fois de porter ce genre de tenue… Et de goûter la vie d’une autre époque.

    Merci d’avoir pris le temps de nous parler un peu plus de l’époque pour comprendre les tenues.

  17. Nox dit :

    Le Second Empire, c’est avant tout l’époque du « trop c’est trop ». Plus c’est chargé, surchargé, mieux c’est, et ce jusqu’à l’étouffement. Les arts, et la mode en particulier, reflètent bien cette volonté d’en afficher et de masquer une ascension sociale finalement ps très très probre …

    Et puis j’adore les tissus de cette époque.

  18. Marion dit :

    Je suis en pleine lecture d’une biographie de l’impératrice Eugénie. C’est passionnant car le faste de ce 2nd empire (ici, textile) était aussi dû au désir d’imposer une jeune cour face à une Europe peu rassurée par le coup d’état/ référendum du prince-président et même médisante quant il s’agissait de son mariage avec une jeune femme traitée d’aventurière faute de « princesse » disponible.

    Ce serait une belle conclusion à cette lecture que de voir cette exposition ainsi que la château de Compiègne (la chapelle impériale à Biarritz est déjà prévue cet été).

    Merci pour cet article.

  19. Anna Keat dit :

    Un grand grand merci pour cette nouvelle visite guidee !
    Je fonds litteralement devant les modeles miniatures…
    Ca manque un peu d originalite, mais la mode du Second Empire m evoque surtout La Curee et le Bonheur des Dames. Les passages qui m ont le plus marquee concernent Renée. Le moment ou elle va chez la couturiere, entouree d un choix affolant de tissus. Un diner (vers la fin du roman) ou elle s est tout particulierement mise en valeur. La description de ses boucles d oreille, gouttes d eau en suspension, et de son precieux collier donnait l impression certes que la femme etait un objet. Mais je trouve qu on posait un regard d esthete sur elle plus qu un simple regard admiratif/envieux.
    A propos gravures de modes (desole si je me repete), je t avais parle fin mai de l´intervention « Modes et célébrités, de la rue Saint-Jacques au Palais-Royal » dans le cadre du festival d HiDA a Fontainebleau. Pour bref rappel : « L’intervention portera sur le rôle des « objets de goût » dans la peinture de J.-L. David à J.-A. Ingres, en insistant sur les interactions d’un art « autonome » et, par son inspiration iconographique, « classique », avec le monde éphémère des journaux de mode et des marchandises, déjà caractérisé selon la critique de l’époque par un esprit de sentimentalité et de spectacle. Les « modes » du règne de Louis XIV sont des estampes répondant à une formule standardisée, mettant en scène les innovations liées au domaine du paraître sur de jeunes mannequins oisifs et souriants. Reflétant le rythme euphorisant de la mode, elles sont aussi un produit marchand, grâce auquel les éditeurs tirent profit de l’attrait du public pour les nouveautés. »
    Et j y suis donc allee : les conferenciers etaient Pascale Cugy et Boris Roman Gibhardt. Une publication est biensur prevue, mais je n en sais pas d avantage. Peut etre que ca t interesserait mm si ce n est pas le Second Empire ?
    Les hommes sont tout aussi coquets que les femmes sur certaines gravures.
    Je viens de voir que Pascale Cugy a soutenu sa these : La dynastie Bonnart et les Bonnarts – Étude d’une famille d’artistes et producteurs de « modes » : http://www.centrechastel.paris-sorbonne.fr/actualites/soutenance-de-these-de-pascale-cugy.
    Bises encore pour le moment de Vienne :)

  20. Jessica dit :

    Fascinant, comme d’habitude, Louise! Je dois acheter le catalogue! Le Lit d’Eugenie….ah, mon coeur!!!

  21. shoubbi dit :

    On a parlé de second empire??? moi ! moi ! moi!
    C’est drole, en te lisant, je pensais justement à Renée dans la Curée, et voila que tu la cite la ligne d’après :)

  22. ava dit :

    Moi je t’aime juste : ) Ton article est génial, en tant que passionnée de textile, c’est un beau plaisir visuel et une belle lecture.
    bisous Louise

  23. Belle Epoque dit :

    Bonjour Louise,

    Je te suis depuis un moment maintenant, passionnée que je suis du 19ème, mais je n’avais jamais laissé de commentaire : le concours étant un bon prétexte, je me lance enfin !

    Compiègne évoque en moi beaucoup de souvenirs d’enfance. Je me revois à l’âge de six ans, et reviennent en moi les dimanches après-midi passés au parc du château, l’été à rêver près des treilles couvertes de roses anciennes, ou assise sur un banc de pierre, en me demandant si une belle dame s’était tenue là avant moi, si elle y venait souvent, aussi souvent que moi. Je me plaisais à imaginer les frous-frous des étoffes, les soiries colorées de leurs robes. L’hiver, le parc, même sous la neige, avait un charme différent, mais il était tout aussi agréable de s’y promener. Mon jeu favori consistait à me hisser sur des socles de pierre où il ne se tenait plus de statue (étaient-elles parties, comme la Vénus d’Ille ?) où je prenais une pose inspirée, ce qui faisait rire mes parents.

    Des années plus tard, la magie que m’évoque le lieu est intacte…et je me demande encore si les belles dames du passé reviennent au parc, auprès des roses anciennes qui couvrent la treille. Après la lecture de ton article, il est certain que leurs précieuses toilettes sont revenues au château.

    Au plaisir de te lire, c’est certain (tes articles sur le 19ème font mon bonheur !)

    Belle Epoque

  24. Coralie dit :

    Ca fait très comtesse ;)

  25. Elia dit :

    C’est l’association entre robe et intérieur, dont je n’avais pas conscience, qui m’a surtout intéressée dans ton article.

    bises

    ps : dixit*

  26. Laure dit :

    Le Second Empire ? Je dirais que c’est la base de notre société moderne avec la première révolution industrielle et la naissance des maisons de couture que tu as évoqué (Worth), mais on voit aussi dans cette époque la femme-objet, dont le corps est martyrisé par les crinolines et les corsets pour qu’elle soit parfaite pour son mari, qu’elle respecte les canons de beauté. Mais néanmoins c’est vrai que quand on voit ces costumes on ne peut qu’admirer le talent des couturières de l’époque et leur minutie. Même si c’est parfois surchargé. Je pense (comme c’est dit dans certains des commentaires plus haut) que « Au bonheur des Dames » de Zola décrit bien cette époque faite du mélange des tissus , des techniques. Plus personnellement le Second Empire m’évoque le dessin animé « Les Malheurs de Sophie », ainsi que le livre, dans lequel on voyait Mme de Réan ou Mme de Fleurville avec leurs robes, qui m’ont toujours fascinées. Cette exposition a l’air vraiment magnifique en tout cas :) Bonne continuation !

  27. exilda dit :

    Très bel article et jolies photos :)

    Pour moi, le second empire, ce sont les globes de mariée avec leur symbolique propre ! Je les collectionne et c’est très émouvant de les ouvrir et de découvrir une mèche de cheveux coiffée d’un satin blanc, des clichés, des anges en cire, des petits miroirs, des fleurs séchées en diadème couchées sur du velours rouge ou bleu <3

    Dommage que ce petit bijou se soit perdu :/

  28. Praline dit :

    Bravo pour cet article plein de verve ! La mode sous le second empire, c’est aussi une débauche d’accessoires charmants : ombrelle, éventails, aumônières et chapeaux.
    Je serai aussi ravie de découvrir les merveilles de Compiègne.

  29. Maria dit :

    Thank you for that wonderful post, Louise, they are always a pleasure to read and look at! I do have a question though. Those fashions and ideas – how wide were they spread in the society? I mean, silks and jewels have always been expensive, so I thought that those attitudes were common among people who could afford those fashions, which I think is not that big percent… 10 to 20, perhaps, the richest among aristocracy and bourgeoisie? (I’m only wild guessing here!) Then, there’s Paris and there’s the rest of France… What would you say? I’m really interested!

  30. Camille Maton dit :

    Bon alors moi je n’y connais pas grand chose mais par contre j’aime passer des heures à regarder les costumes d’époque au musée, leur détails, les tissus, les formes, faire des croquis…et comme je n’ai pas encore vu l’expo baaaah je veux bien une place ;) Merci de nous faire découvrir toute cette Histoire c’est toujours aussi intéressant
    Bisettes

  31. Anna dit :

    ça fait vraiment rêver ! c’est juste tout simplement magnifique ! j’adore !

    MissManzanna.Blogspot

  32. Lolouve dit :

    Ah quel régal ! Je suis en plein cycle de relecture de mes Zola et cet article me fait sourire parce que j’y retrouve agréablement tout ce que j’ai quitté il y a 2 jours en finissant Nana ! Merci Louise et Compiègne, ben pourquoi pas ma foi ?! Bonne continuation, L.

  33. Mannabelle dit :

    A force de te lire j’en apprends de plus en plus sur le XIXeme et c’est un vrai régal, surtout quand ça parle de mode ! J’apprécie tout particulièrement l’éclairage que tu fais sur l’origine des fashionistas ^^.
    Encore une fois merci pour cet article et passe un bel été.

  34. Chu dit :

    Bonjour,

    Merci de nous transmettre ton savoir sur la mode féminine occidentale au cours de certaines périodes historiques.J’apprends plus sur la condition féminine de ces époques^^Même les femmes riches n’étaient pas libres de leur choix pour les habits!

    Les habits racontent une histoire mais pourquoi certains êtres humains s’en servent pour opprimer pour « enfermer ».^^Après c’est normal que l’habit soit une forme de carte d’identité^^mais il ne faut pas qu’il devienne un objet d’oppression.Pour moi un habit est signe de liberté!

    Alice aux pays des merveilles c’est l’exemple même de la jeune fille issue d’une famille riche qui se rebelle contre les conventions sociales^^

    http://www.youtube.com/watch?v=kqNw5tW8M-0

    Après les habits de Compiègne sont très beaux.J’admire ce travail de qualité^^

    Chu

  35. Quelle beauté!

    Parfois je me dis vraiment que j’étais né dans le mauvais siècle!

    salutations,

    Kristian von Forselles

    http://devenezcouturier.blogspot.fr/
    http://WWW.KVONF.COM

  36. Chu dit :

    Heureusement qu’on a amélioré les conditions de vies du peuple^^Et que le peuple a pu manger à sa faim^^,vivre dans de meilleurs conditions et porter de plus jolis habits^^

    Quand je vois ce clip cela fait mal au cœur de voir la condition féminine des femmes du peuple à cette époque^^Et dire qu’il existe encore plein d’autres humains qui vivent dans la misère.

    http://www.youtube.com/watch?v=dmHcDWrMH-8

    Chu

  37. Louise, you haven an exquisite « visual » taste. Lovely post. I’d like to know if you have any information about the painting of the 8th photograph?

    ¡Thank you so much!

  38. Mariounche dit :

    Bonjour Louise,

    Je lis ton blog depuis quelques temps et je l’apprécie de plus en plus, surtout ces articles détaillés sur l’histoire, merci de nous faire partager ta passion pour la mode, les femmes…
    Je ne peux que réagir a cet article, j’habite à compiegne depuis maintenant 8 ans et j’aime beaucoup cette ville, le château et le parc du château ! J’étais ravie la dernier fois de découvrir tes photos du chateau de compiegne et d’y trouver ton point de vue.
    Cette exposition actuelle je ne l’ai pas encore vue mais elle m’intéresse, je serais très heureuse d’y aller grâce à ton blog !

    Merci à toi

  39. Flo dit :

    Le second Empire pour moi, c’est Zola et ces merveilleux roman !

    Comment ne pas penser à la frêle Denise au Bonheur des Dames, à la triste Thérèse, à la frivole Nana…

    Bel article comme d’habitude, un régal pour les yeux

    Bonne soirée !

  40. Luce dit :

    J’attendais cet article avec impatience ! Je déplore aussi cet héritage du Second Empire, finalement tout est fait pour infantiliser la femme : on l’instrumentalise d’abord pour la traiter ensuite avec condescendance. (Mais bon, les femmes sont tellement dangereuses que sans la mode elles auraient certainement pris le contrôle du monde, il fallait bien les occuper non ?)

    Il y a quelques années les parures me laissaient de marbre ; je m’émerveille aujourd’hui devant tes photos. Ton article m’a convaincue de me rendre à cette exposition, mais j’attendrai quand même les résultats du concours pour prendre mon billet, sait-on jamais.

    Merci en tout cas de nous faire voir les choses sous un jour nouveau. Ton blog est toujours un plaisir à lire :)

  41. It-Girl Frexo dit :

    merci pour ces magnifiques photos ton article est super intéressant ça donne envie de s’y rendre !!! merci pour ton blog :)

  42. Sarah dit :

    J’adorerais aller visiter l’exposition de Compiègne! Grandement en partie de mon obsession pour La Curée de Zola, j’ai du le lire 50 fois et souvent, quand j’ai besoin de me changer les idées je l’ouvre au hasard et en lis quelques pages. Cela me fait rêver, l’histoire (certes tragique aussi) de Renée, le Second Empire, l’hôtel du Parc Monceau…
    Merci pour ton blog et tes articles!

  43. Iryna dit :

    Je suis allée à un dîner ou par hasard tout était assorti à ma tenue: des murs aux serviettes. C’est sûrement mon inconscient Second Empire qui m’a motivée de m’habiller ainsi. :)

    Ca fait dix ans que j’habite en Picardie et je n’ai jamais visité Compiègne. J’ai honte de voir une vraie parisienne quitter le périph pour des horizons compiégnois, alors que je l’ai jamais fait!

  44. Clara dit :

    J’aime beaucoup le ton de ton article !
    Et c’est hyper intéressant en plus ce que tu racontes ! J’aime beaucoup !

  45. Clara dit :

    Un bien bel article qui m’évoque ma dernière lecture, « Au bonheur des dames » de Zola, que plusieurs ont déjà cité ^^ en parlant de citations, en voici une parmi d’autres notées au cours de ma lecture (en tong, suant sur ma terrasse, on est loin de la préciosité des années 1850 mais soit, passons ^^ »)
    « Le rayon des soieries était comme une grande chambre d’amour, drapée de blanc par un caprice d’amoureuse à la nudité de neige, voulant lutter de blancheur. Toutes les pâleurs d’un corps adoré se retrouvaient là, depuis le velours des reins, jusqu’à la soie fine des cuisses et au satin luisant de sa gorge. » Coquin de sensuel, ce Zola.
    Mais il n’a pas tort, la mode sous le second empire est dédiée à la femme. J’étudie la confection du costume historique à Paris, j’ai eu l’occasion de coudre un complet-veston pour un homme (époque 1872) et j’ai été surprise de découvrir l’épure du vêtement masculin qui, par contraste, rend le vêtement féminin plus lumineux et coloré encore. Bien entendu je serais ravie de voir ces pièces raffinées de plus près à Compiègne ^^

    Bonne continuation Louise !

  46. Caroline Viard dit :

    Ton article dépasse les photo, qui font presque fades à côté. C’est beau ! ^^

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