Hôtel de Jobo

23 avril 2018

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Pictures by Daniela Petrel

Shot at Hôtel de Jobo, Paris

Il m’est arrivé bien des fois de passer devant l’hôtel de Jobo au 10 rue d’Ormesson, non loin de la place du Marché-Sainte-Catherine, j’avais même mes habitudes dans une petite boutique d’absinthe qui depuis a rejoint le néant, mais je n’avais jamais auparavant remarqué cette curieuse devanture aux accents kitsch, qui faisait se rencontrer tente de siège militaire néo-empire et imprimés fleuris tout droits issus des meilleures gravures de Redouté. En réalité, le secret de ce lieu exquis tient en ces quelques symboles qui agissent comme autant de clés à réunir : la tente, c’est celle de la campagne d’Italie où Napoléon noyait Joséphine sous des dizaines de missives enflammées,« Ne te lave pas, j’accours et dans huit jours je suis là », et la rose, c’est elle, Rose Tascher de la Pagerie, future Impératrice des Français. Ainsi, c’est toute la grâce et l’impertinence de cette Merveilleuse (le mot est juste, elle en fut l’une des plus célébrées) rebaptisée JoBo, qui est ressuscitée dans cet écrin intimiste et luxueux dont la décoration est signée par Bambi Sloane, et au sein duquel j’ai passé un jour et une nuit…Merveilleuse…

Dress : Hearts and Found / Shoes : Jonak / Headpiece : Red Valentino

Blouse : Shiatzy Chen / Boots : Maison Ernest

« Vous me serrez trop fort », une phrase qui pourrait résumer à la perfection la personnalité de Joséphine, mais il faudrait d’abord la remettre dans son contexte, alors suivez-moi : nous sommes le 30 novembre, et c’est en ce jour tragique que celle qui est encore impératrice dans le cœur des français comme celui de l’empereur apprend avec terreur l’irrévocabilité d’une répudiation qui tournoyait au-dessus de son destin comme un ballet de vautours. Femme d’esprit, Joséphine, qui sait que cet acte sonne le glas de son règne amoureux et politique, n’a pas oublié les rusés stratagèmes qui autrefois lui assurèrent les faveurs inconditionnelles de celui qui n’était encore que le petit général Buonaparte; alors au sol, elle crie, tempête, puis, voyant que ces fureurs n’ont nul effet sur cet homme qui déjà en a trop vu, elle s’évanouit. Blasé, Napoléon fait mander son premier conseiller Bausset, avec cette requête : « Êtes-vous assez fort pour enlever Joséphine et la porter chez elle (…) afin de lui faire donner les soins et les secours que son état exige ? », avant de se mettre lui-même à la tâche, l’un la tenant par les pieds, l’autre par les bras. Et c’est à ce dernier, le fidèle Bausset, que Joséphine murmura cette réplique restée célèbre, « vous me serrez trop fort », car de ces trois compères, c’était sans doute elle la plus maîtresse de ses moyens, et c’est là tout le génie, toute la rouerie, toute la science de séduction de cette femme d’exception. A l’Hôtel de Jobo, Joséphine est partout : dans les roses qui tapissent chambres et couloirs, car n’oublions pas que Rose était son prénom avant que Napoléon -cet amoureux possessif- ne la rebaptise pour l’éternité, et qu’une variété de rosier fut baptisée de ce nom en 1865, elle est aussi dans les meubles Empire qui ça et là donnent au décor un aspect solennel hérité des plus belles heures de l’Empire, ainsi que dans les mouchetures de léopard qui se continuent à se baladent sur les tapis comme elles le faisaient du temps où Joséphine avait fait de la Malmaison le testament de son goût pour l’éternité.

Bra, panties and garter belt : Dita Von Teese lingerie modèle Madame X Paradise Pink via Glamuse

Avec une telle chambre -la bien nommée Gourgandine- je ne pouvais résister à l’envie d’y organiser un shooting en lingerie car, soyons honnêtes, les occasions de montrer mes fesses sans risquer l’outrage à la pudeur sont rares, et c’est peut-être mieux ainsi ! Et qui d’autre que Dita Von Teese Lingerie pour satisfaire mes envies ? En bonne groupie qui se respecte, je suis éperdument fan de tout ce que crée la belle dame aux cheveux de jais, et sa lingerie en fait partie car je trouve les modèles exquis, bien coupés et de très bonne qualité compte tenu du prix qui n’est pas celui des grandes marques de luxe. En France, on ne trouve la marque que sur Glamuse, qui est donc devenu mon e-shop de référence en matière de lingerie, puisqu’ils offrent autant de tailles de bonnets que de marques (ainsi que des maillots de bain), et je dois avouer souvent retrouver leur onglet suggéré dans mes favoris à force de checker ce qu’il y a de nouveau chez Dita Von Teese Lingerie. Moralité : on ne se refait pas !

Il faut dire que la lingerie fait intégralement partie de mon ADN, enfin, de celui que je me suis créé, même si l’on peut dire que le fait que ma maman ait eu comme premier job celui d’acheteuse lingerie pour le Printemps ait pu contribuer à la formation de cette passion. Récemment, je faisais des essayages de patrons pour la future marque de talentueuses copines, et quand je me suis déshabillée, il y eut un certain étonnement autour de moi, car je portais un ensemble outrageusement érotique ! En vérité, je ne l’avais pas fait exprès, car la lingerie est pour moi un plaisir personnel, qui n’est ni lié aux grandes occasions, ni aux hommes, bien que je puisse apprécier leur engouement en la matière. Quand j’étais plus jeune, j’avais fricoté une nuit avec un type (ouhlala) et ses amis m’avait surnommée « la guêpière »; mais au lieu d’avoir honte, j’avais été fière, car si pour eux cela équivalait à une « tenue » inadaptée, pour moi ça n’était que mon quotidien et cette fameuse guêpière, je la portais ce jour là par inadvertance ! Pensez-vous, j’ai même passé un examen avec un corset 1900 sous ma blouse, alors une guêpière, qu’est ce que ça pouvait me faire….Vive la lingerie, et vive l’auto-érotisme !

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From Paris with Love,

Louise


1 commentaire



  1. On pourrait s’arreter a la vue des photos … superbes … on pourrait laisser un commentaire sur la beaute des tenues, des photos, du lieu, de la modele evidemment … et pourtant … c’est sur l’interet et la beaute du texte, de sa franchise finale que j’ai envie de m’attarder quelque peu, quelques mots … pour dire oh combien j’ai apprecie ce ‘post’ … en apprendre quelque peu sur Josephine ou sur une anecdote de l’auteur(e) … quelle heureuse decouverte que voila :)

    Au plaisir!

    https://4highheelsfans.wordpress.com/2018/04/17/chantilly-day-2/

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