Le Domaine de la Trigalière.

06 avril 2021

Looks | Voyages

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L’automne dernier, l’institution tourangelle du Domaine de la Trigalière m’a contactée afin de m’inviter à séjourner entre ses murs dans le but de réaliser des photos. Evidemment, j’avais sauté sur l’occasion, proposant, au passage, car il s’agit de gîtes conviviaux, d’embarquer Félix puis Adeline que je voyais dépérir à Paris, qui elle-même avait suggéré Yasmine et l’idée nous était apparue fabuleuse, évidente: ce serait nous, réunies, la sororité même dans l’adversité. C’est alors que le troisième confinement fut annoncé.

Longuement, Adeline et moi avons d’abord hésité: que faire, que dire lorsque nous nous devons de donner l’exemple ? Puis, à force de conciliabules nous avons fini par trancher: en respectant au préalable une période d’isolation, ainsi que sur place les règles sanitaires, alors nous pouvions nous retrouver là-bas, au domaine de la Trigalière. Il s’agissait, après tout, d’une opportunité professionnelle, prévue depuis longtemps qui plus. Nous étions invitées pour réaliser des images.

Oui, mais fut plus, ce fut tellement plus, et même en l’écrivant les mots tendent à me manquer: comment décrire la liberté? Comment décrire ce sentiment de tendre les bras et ne plus sentir de limites, d’oublier ces pointillés géographiques qui sont autant de chaînes invisibles ? De fermer les yeux, un instant seulement, un instant si précieux, et lorsqu’on les rouvre à nouveau, elle est toujours là, la nature qui frémit, et ils sont toujours là, les étangs qui scintillent, là les biches qui, au soleil mourant, sortent du bois, en n’ayant que cure des humains. Et ce n’est pas un mirage, c’est une sensation criante, vivante, que celle de pédaler à travers les ombre portées, le clair-obscur de la forêt, de dévaler les chemins à toute allure même si le souffle manque, »fais-le pour ton père, fais-le pour tous ceux qui ne le peuvent pas… ». Et tous redevenus enfants, jetant au sol les habits de la ville pour se jeter dans l’eau glacée qui ondule en cercles muets, courant autour des arbres, brandissant des feuillages, comme en tribut à la liberté revenue, à la nature nue. Autant de choses que je croyais réservées à la vie d’avant, ou bien à un hypothétique après, et dieu sait quand il arriverait…

Tout ça, oui tout ça, et un gîte qui sentait bon la maison, un cocon, quoi de plus bon ?

Situé à une trentaine de kilomètres de Tours, non loin de la vallée la Loire, le Domaine de la Trigalière s’articule autour d’un château, un ancien pavillon de chasse transformé en belle demeure de style éclectique et historicisante, qui fait la part belle aux influences issues de l’âge d’or de la Renaissance française, ce fameux « néo Henri II » si apprécié de l’époque. Si le château, en soi, est un petit bijou, où de majestueux salons Valois s’en vont côtoyer le boudoir de Marie-Antoinette, c’est sa forêt avoisinante qui fait de ce domaine un lieu unique en France, avec plus d’une centaine d’hectares mis à disposition de ses visiteurs. C’est là, au sein de ce spectaculaire royaume de nature, que se répartissent les quinze gîtes qui composent le domaine, et peuvent accueillir aussi bien deux qui dix-huit personnes, en somme, une destination idéale pour les week-ends intimistes comme pour les grands rassemblements familiaux. D’ailleurs, le château, que jouxte une adorable petite chapelle, est régulièrement loué pour des mariages, et l’on comprends aisément pourquoi !

Parmi le nombre impressionnant de gîtes proposés par le domaine, c’est à la poétiquement nommée Maison des Enfants que j’avais choisi d’emmener mes amis, et dire que je ne fut pas déçue sonne comme le plus grand des euphémismes, car ce fut pour nous un véritable ravissement que d’y séjourner. Pour commencer, cette maison, qui fait partie d’un ensemble de trois demeures -les deux autres sont idéales à louer si vous venez en plus grand nombre- articulées autour d’une cour, se situe en pleine nature, ainsi pas un bruit à l’horizon, si ce n’est ceux, lointains, des animaux de la forêt, que nous avons d’ailleurs aperçus mais j’y reviendrai. Le dépaysement est donc total, et bienvenu pour moi qui aime tant me ressourcer le plus loin possible de la ville, un avantage que, jusqu’ici, je n’avais trouvé que dans ma Normandie.

Avec sa façade de style Renaissance,  typique de la région, ses jolis volets bleu tendre, son puits et ses treillages, la Maison des Enfants est un véritable paradis bucolique. On peut difficilement faire plus joli, décidément, « j’ai bien choisi ! », me suis-je dit en arrivant.

A l’intérieur, la décoration est personnalisée, alliant le moderne à l’ancien au sein de spacieux espaces communs (plus de 120m2 quand même), où règne en maître la lumière. Instantanément, l’on se sent à l’aise et chez soi, ce qui comme vous le savez est loin d’être toujours évident. Avec ses trois chambres, c’est vraiment le lieu idéal pour partir avec des amis.

La chambre d’Adeline, irradiant de soleil, avec une vue imprenable sur la forêt.

Celle de Yasmine, et sa déco de style pavillon de chasse moderne que j’adore, avec ce vert colvert, vibrant en diable.

Et enfin, la suite parentale, lumineuse, somptueuse, et littéralement immense puisqu’elle occupe l’intégralité de l’étage. Quel choc en la découvrant, je l’avais choisie sur le site du Domaine pour sa literie en toile de Jouy, mais je ne m’attendais ni à un espace aussi royal, ni à cette salle de bain; cette baignoire, ce lit: mazette ! La décoration y est véritablement charmante, ici, une rutilante commande Louis XV, là, des volets peints aux élégantes arabesques, ailleurs, de lourds rideaux de coton blanc qui, une fois lâchés, permettent de séparer en deux la pièce et de donner à la chambre à coucher un coté scène de théâtre qui ne fait qu’ajouter à la magie des lieux.

Non vraiment, cette lumière, c’est indécent !

Une fois les valises déposées, et nos affaires rangées (il y a 5000 placards et tiroirs dans la Maison des Enfants, c’est ultra bien pensé), nous sommes partis faire une promenade dans les proches environs, d’une émouvante beauté, et riches en biodiversité qui plus est. Après de dures semaines en ville, ce contact avec le plein air était aussi nécessaire que vivifiant.

A un vol d’oiseau de notre gîte, paissent doucement trois chevaux. Nous ne pouvions pas manquer de les saluer.

Au retour, sous le soleil bientôt déclinant, mais encore brillant haut dans le ciel, quelques photos façon « belle du village ».

Enfin l’heure de l’apéro !

Pas de panique, il y a toujours de quoi se sustenter au gîte, et ce même en pleine campagne. Pour cela, le Domaine propose à ses visiteurs de leur faire livrer des courses à domicile, ou bien de recourir aux services d’un traiteur de la région, option qui nous fut dévolue et ma foi ce fut excellent, nous avons même pu découvrir de succulentes spécialités locales par ce biais. Les repas sont livrés sous vide, à réchauffer au bain marie, ce qui constitue un excellent prétexte pour tester cette magnifique gazinière qui nous fit tous pâlir d’envie dès l’arrivée. Par ailleurs, la cuisine dispose également d’une cave à vin bien garnie, on y manque donc de rien !

(toutes les photos de groupe de cet article sont de Adeline Rapon)

Mea culpa, en revanche, pour notre présentation des plats.

***

Le lendemain, réveil en douceur sous le soleil caressant.

Un temps si beau que nous avons même pu déjeuner dehors, notre tout premier repas en terrasse de l’année ! Comme cela m’avait manqué…

Après la sieste, pas le temps de chômer, puisque nous avions prévu de partir explorer les vastes étendues de la forêt, grâce aux vélos mis à notre disposition par le Domaine. Mais d’abord, une visite du château s’imposait.

Photographie réalisée sans trucages: oui, j’ai vraiment fait du vélo comme ça, et j’ai adoré.

Pour se repérer au sein de la forêt, rien de plus facile, il suffit de télécharger l’application la Trigalière, qui cartographie avec précision les nombreux chemins circulant autour du château, et permet de s’y retrouver en temps et en heure: ingénieux! Guidés par Adeline qui, en tête, nous indiquait la direction à suivre, nous avons ainsi pédalé durant des heures, la joie au coeur et les cheveux aux vents, ivres de félicité et du plein air retrouvé, nous autorisant parfois quelques pauses de sérénité, comme celle-ci, pleine de douceur, au bord d’un étang.

 

Un étang en menant vite à un autre, voilà comment en fin de journée nous nous sommes retrouvés, tous les quatre rassérénés par notre copieuse ballade, à poser nos vélos comme nos robes dans les herbes folles, et regarder non loin Félix qui s’était mis en tête de se baigner. Redoutant la morsure de l’eau glacé, le pauvre avait fini par hésiter, mais c’était sans compter notre envie à moi et Adeline de le photographier, ce qui nous fîmes lourdement insister, et lui s’exécuter, pour in fine ne pas le regretter.

Je ne sais si cela fut dû à l’extraordinaire communion avec la nature que nous avions ensemble partagés lors de cette après-midi d’immersion en forêt, ou bien au fait de ne pas nous êtres sentis libres depuis bien trop longtemps, mais quelque chose d’incroyable s’est passé à ce moment-là. En effet, entrainés par l’impulsion de Félix, ainsi que par le fait de savoir que nous étions seuls dans le domaine, nous avons tous quittés nos habits pour, l’espace de quelques instants, abandonner notre pudeur et re-harmoniser nos corps avec l’énergie des éléments, ou même, pour certaines, courir nues autour des arbres façon filles de Lilith. En écrivant cela, je suis à Paris, courbée sur mon ordinateur avec comme seules sensations physiques mon mal de dos et un excès de caféine, et je soupire en pensant à ces instants radieux que nous avons connus là-bas, et qui me semblent déjà si loins, bien qu’auréolés pour toujours dans mon esprit.

 

Et comme si cette journée n’avait pas été suffisamment magique, que dis-je, éternelle comme cela, en rentrant nous avons vu un troupeau de biches gambader sous la lumière rosée du soleil mourant.

Le soir, moments conviviaux en cuisine, et gros progrès de présentation.

***

Neuf heures du matin et l’herbe, gelée par la rosée, s’éveille doucement sous la chaleur du soleil.

Dernier jour, déjà ! Bien que proche, l’idée de devoir faire nos adieux à la Maison des Enfants nous semble inenvisageable, odieuse même, tant nous nous sentons là-bas chez nous. Il s’agit donc d’en profiter au maximum, et de ne pas perdre une seule des précieuses minutes qui nous séparent de notre départ. A commencer par prendre un dernier bain, bah oui tiens, pourquoi se priver ?

Comme ma chambre va me manquer !

A l’unanimité, décision fut faite d’aller passer notre dernière matinée au bord de l’étang où nous nous étions arrêtés la veille, à ne faire rien d’autre qu’écouter le clapotis de l’eau et les conversation des oiseaux. Une conclusion idéale pour cette belle retraite hors du monde, à l’abri des turpitudes de la ville.

Si cet article vous a donné envie (et j’imagine que oui !), n’hésitez pas à venir consulter le site du Domaine de la Trigalière, ainsi que la page de la Maison des Enfants.

With Love,

Louise


2 commentaires



  1. Morgause dit :

    Quel bel endroit ! Ça donne envie d’y passer des vacances !

  2. Manon Naïs dit :

    Ca fait bien plaisir que le blog reste en vie pour cet assemblage de texte et de si belles photos. L’énergie sereine, la vôtre et celle du lieu, est très sensible. Le portrait au canotier est particulièrement splendide, ainsi que la dernière photo de vous enlacés à l’étang.
    Et, mais oui, c’est très pratique le vélo en jupe ! (cette robe est incroyable).
    Continue à nous faire rêver ici aussi !

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