Le Relais de Chambord

13 décembre 2019

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Par une après-midi d’automne je suis arrivée, sac de voyage en main, à la gare de Blois où une voiture m’attendait, prête à m’emmener au Relais de Chambord. Mon livre venait tout juste de sortir et j’étais venue goûter, le temps d’une inoubliable journée, les charmes du loisir retrouvé. J’étais impatiente, mais comment aurait-il pu en être autrement, sachant qu’outre la possibilité d’une plaisante escapade champêtre dans le pays de la Loire, le Relais de Chambord possède une qualité unique en son genre, celle d’être situé au plus près d’un monument historique classé au patrimoine mondial de l’Unesco: le fameux château de Chambord, domaine de François Ier. En France, il n’y a pas d’autre endroit qui soit comparable en terme de proximité géographique, et le Relais est donc le seul établissement hôtelier dont les fenêtres s’ouvrent sur un somptueux palais vieux de plusieurs siècles. C’est exceptionnel ! Cet ancien relais de poste, dont les racines remontent au 16ème siècle, est aujourd’hui un quatre étoiles connu dans le monde entier, et on y croise d’ailleurs presque plus de touristes étrangers que français. Ils sont venus de loin, et je les comprends, car l’expérience proposée par le Relais est inoubliable, le château étant si près qu’on croirait rêver.

Récemment rénové, l’hôtel a été entièrement redécoré, dans un style contemporain minimaliste et coloré, émaillé de clins d’œil au grand domaine forestier qui jouxte l’établissement,. Le but, ici, n’est pas de rivaliser en faste avec le château, mais de proposer au client un voyage différent, qui ne joue pas la carte du néo-renaissance. L’idée est très réussie: ça change, il y a une identité propre qui est bien présente, sans en faire trop. Par ailleurs, l’hôtel est à taille humaine, une quinzaine de chambres au plus, ce qui fait qu’on s’y sent chez soi.

Découverte de ma chambre et de sa vue imprenable sur le château, je crois rêver ! Il semble si près que je pourrais le toucher, et je m’installe aussitôt à la fenêtre, afin de rêver aux siècles passés tout en sirotant le champagne qui m’attend dans un seau glacé. Pour sûr, cette après-midi a un goût de paradis…Par ailleurs, bien que je sois adepte de tapisseries anciennes, la décoration épurée de la chambre me plaît beaucoup, elle m’apaise même. C’est un luxe minimaliste mais chaleureux, façon maison de campagne, mais avec tout le confort d’un palace, dont les accents décoratifs renvoient à l’identité du domaine de Chambord : Renaissance, forêt, force tranquille de la pierre séculaires. Il n’y a pas besoin d’en faire trop; tout est là, à portée de main.

J’en profite presque illico pour m’accorder un moment de détente, sans culpabilité aucune puisque, après tout, ne suis-je pas là pour en profiter ? N’ayant pas de baignoire chez moi, je ne perds jamais une occasion de me prélasser dans un bain chaud et moussant, et quand en outre il y a un peignoir moelleux à enfiler au sortir, et bien ma foi, c’est carrément la vie de château !

Ainsi requinquée, je pars en expédition dans l’hôtel, et m’arrête quelques instants dans la cour, qui fait face au château de manière très dramatique. Pour rire, j’appelle Chambord la cabane au fond du jardin, tant il est près. J’aime beaucoup le fait que les portes et fenêtres soient peintes en rouge, cela me rappelle la bibliothèque Forney à Paris, un lieu cher à mon coeur mais qui, en réalité, date plutôt de la fin du 19ème siècle, une époque férue de néo-renaissance.

J’adore la décoration du lobby, avec tous ces livres anciens, aux tranches dorées.

Le bar, très chaleureux.

Je continue mon petit tour du propriétaire, en m’aventurant cette fois vers le château. La superbe voiture que vous voyez ici appartient au Relais, elle peut être mise à disposition des clients pour des excursions, tout comme des vélos d’ailleurs, ainsi que des chevaux, et même une calèche, et -encore plus extravagant- une montgolfière !

Le soir tombe lentement sur la château, la pluie aussi, mais comme nous sommes au pays du rêve et des chimères, voilà qu’un arc en ciel nous fait la surprise de se déployer juste au dessus du château. La vision est époustouflante, je n’en crois pas mes yeux. Il est seulement dix-huit heures, et ma journée a déjà battu tous les scores en matière de féérie. Cerise sur le gâteau, ou plutôt, arc en ciel sur la château.

Peu à peu, les visiteurs quittent le château, me laissant en presque tête à tête avec les fantômes de la cour de François Ier. C’est un moment magique, dont je vais pouvoir profiter tout le soir durant, puisqu’il ne rouvre pas avant le lendemain matin. Ainsi, jusqu’à cette heure, il sera presque à moi, là, devant et à portée de main, cette grande demeure des rois. Le contraste entre sa magnificence et le coté presque sauvage de la nature qui l’entoure est étourdissant, certes, il y a les jardins à la française, les tour-lanternes et les clochetons, mais il y a aussi cette vie à la fois silencieuse et bruissante qui se déploie aux alentours, celle de la forêt de Chambord. Débarrassée des embêtements de la ville, je goûte avec plaisir au calme de la campagne, et calque mon rythme sur le frémissements des feuilles. Assise sur un banc, face au château, mais toujours dans l’hôtel puisque le jardin est quasiment mitoyen, je reste de longues minutes à regarder autour de moi, essayant d’absorber ce moment pour éternité. J’ai souvenir d’une grande sérénité, et je garderais ce coucher de soleil longtemps dans ma mémoire…

Il est bientôt l’heure de diner, et la gourmande que je suis piaille d’impatience, car je sais que la table du Relais est réputée, ayant obtenu deux fourchettes rouges et une assiette au guide Michelin 2019. Présidé par le chef Alexandre Trazares et son équipe, le Saint-Michel propose une carte déclinée en fonction des saisons, qui met à l’honneur produits et cultivateurs locaux. On est ici sur de l’ultra fin, mais sans chichis, puisque les rabelaisiens ne sont pas laissés sur leur faim. La décoration est élégante, épurée, afin de ne pas voler la vedette aux mets qui se succèdent dans l’assiette. Mention spéciale aux assiettes cerclées de gris, d’aspect vintage, qui sont charmantes.

Comme une idiote, je n’ai pas noté le détail de ce que j’avais mangé, mais n’est-ce pas le secret d’un repas réussi, si on le  préfère le savourer plutôt que de le décortiquer ? Je peux simplement vous dire que c’est absolument exquis, qu’il y avait du lièvre, de la truffe et un bon vin local, et que je me suis régalée. C’est tout l’avantage d’avoir une table de grande qualité au sein même de l’hôtel, cela permet de rester dans un cocon, et de profiter jusqu’au bout de l’expérience.

Évidemment, un tel repas ne serait pas complet sans le tant attendu charriot de fromage, un plaisir épicurien et quelque peu désuet que l’on ne trouve, hélas, plus que dans de rares établissements. Ah, le charriot de fromage, mon royaume pour un charriot de fromage ! Ce plaisir de pouvoir dire « et ça, et un peu de ça, oh et puis ça aussi » comme on ferait du lèche vitrine, et de voir l’assiette se remplir. De goûter à tout. Rien que l’entendant arriver je salive. Ça me donne l’impression d’être une enfant, ce qui est le secret de la plupart des choses qui me font rêver dans la vie -et que je retrouve au cours de ce séjour-.

L’amie qui devait m’accompagner étant -la pauvre- arrivée tard dans la soirée suite à de pénible problèmes de transport, l’hôtel a eu l’extrême gentillesse de proposer de lui monter une assiette de charcuterie et de fromage qui, mazette, donnerait presque envie de manger dans sa chambre ! Je sors d’un copieux repas, et pourtant, impossible de résister à cette avalanche de bonnes choses, digne d’un retour de chasse de François Ier ! Mention spéciale au beurre sous cloche, un luxueux détail qui, je ne sais pourquoi, m’a toujours fait craquer.

Ballade digestive non loin des douze coups de minuit, et nous sommes cette fois seules, absolument seules à un kilomètre à la ronde (hormis l’agent de sécurité au pied du Relais, bien sûr) ! C’est une scène que je garderais précieusement dans mon paysage mémoriel, la réalisation d’un rêve d’enfant: je suis face au mythique château de Chambord, au cœur du pays de la Loire,  et je le regarde, les yeux presque embuées, se parer d’éclairages rouges, bleus et irréels, qui en rendent les contours fantasmagoriques. Et ce kaléidoscope, il se déroule dans un silence comme seule la campagne nocturne en le secret. Il n’y a plus que l’écho fantasmé des fêtes d’antan qui résonne à l’horizon.

Le lendemain, je me lève à l’aurore pour voir le château s’embraser de mille feux, et écouter le chant des oiseaux dont les pépiements ont repris leurs droits sur le silence solennel qui régnait encore sur le domaine quelques heures auparavant. Comme elles doivent être agréable l’été, ces tables qui font face au château !

Petit déjeuner -royal, bien sûr!-, far niente et photos, la matinée continue à explorer les gammes du plaisir, qui est le maître mot de ce séjour.

En route pour la visite du château, que l’on ne présente plus, et que je vous laisse découvrir en images avec moi.

***

From Paris with Love,

Louise


1 commentaire



  1. Marie dit :

    Bonjour Louise,
    je suis ton blog depuis longtemps et cela m’amuse de te voir visiter Chambord, où je peux me rendre autant que j’en ai envie, puisque je vis à une heure de route -et en tant que prof j’ai l’entrée gratuite héhé. Le détail que j’avais adoré dans ma visite du château était le coffre avec toutes les bouteilles à liqueur de formes variées, je ne sais pas si tu l’as vu ;-) et puis monter sur le toit pour profiter de la vue. Les paysages de Sologne sont si apaisants :-)

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