Les Nymphéas

04 septembre 2017

Art | Inspirations | Looks | Musées | Paris | XIXème

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Pictures by Camille Chevallier

Il y a un domaine dont je ne vous ai que trop rarement parlé, et qui pourtant fait partie intégrante de mon travail ici, c’est celui de la pose. Voilà, je me dois d’être honnête, et de vous avouer une chose : je déteste poser. Bien sûr, par rapport à d’autres, je semble à l’aise, et les photographes me disent souvent que je sais très bien le faire, mais cela ne m’enlèvera jamais cette répulsion intérieure qui me gangrène dès l’instant où le cache a été retiré de l’appareil photo. N’allez pas penser que je m’apprête à tomber dans des clichés du type « je suis trop profonde et sincère pour aimer la pose qui est si narcissique », ça non, car le problème est ailleurs. Certes, la pose est ce qui m’amuse le moins dans la création d’une séance photo, je lui préfère mille fois la direction artistique, mais elle en est néanmoins essentielle, d’autant plus qu’elle peut constituer -cela dépend des moments- un formidable outil pour l’acceptation de soi. Je dis bien que cela dépend des moments, car il y a des jours où se voir à l!image est une torture ! J’ai maintes fois réfléchi à utiliser des modèles photos sur ce blog, mais cela en tué toute sa composante ultra-personnelle; de plus, j’aurais été trop gênée de faire travailler des modèles sans pouvoir les rémunérer (cela aurait été trop coûteux !), sans parler de l’enfer d’organisation en plus !

Si je ne sais pas poser, c’est parce que je déteste sortir de moi, or pour faire des belles photos il faut apprendre à ne pas se soucier ni des spectateurs, ni du ridicule, ni de la météo, ni de la fatigue, ni du manque de confiance en soi qui nous gagne les mauvais jours. Et ça, je n’y arrive que trop rarement, alors je fonce dans le tas avec l’idée d’en finir vite, toujours les même poses, presque en auto-parodie, ce qui fait rires mes copines photographes, « non ça c’est trop pandora cliché ! ».

Ce jour-là à l’Orangerie, j’étais incroyablement mal à l’aise car tout le monde me regardait, les touristes s’étaient même gentiment écartés pour me laisser tout le loisir de poser, sauf qu’ils me regardaient faire. Et cela rejoint le grand paradoxe de ma vie : j’aime m’habiller, imaginer des univers ou des personnages à travers mes vêtements (et ailleurs), mais attirer l’attention est un supplice. Ce qui donne lieu à bien des malentendus dans ma vie, souvent les personnes compétitives me prennent comme bête noire en pensant que mon apparence cherche à exprimer le message suivant, « je veux être le centre du monde ». Or c’est tout à fait faux, car rien ne me fait plus plaisir que rêver en secret, commettre mes petites excentricités dans l’ombre (et sur internet, mais ça c’est une autre histoire). Si on réussit enfin à admettre que les femmes s’habillent pour elles et non pour les hommes, pourquoi ne peut-on pas penser que les fantaisistes s’habillent aussi pour eux-mêmes ? Bien évidemment, je n’irais pas fustiger les regards d’autrui quand ils sont dénués de jugement, c’est inévitable de les attirer quand on est vêtu de cette manière, mais jamais je ne pourrais me défaire du grand malaise d’introvertie qui me traverse dans ces moments…

Skirt : PAROSH / Shirt : American Apparel / Shoes : What For / Hat : Birds and Fresia

From Paris with Love,

Louise


1 commentaire



  1. Ruth Miranda dit :

    Oh, how I understand you!! I also feel like that: I love getting dressed in unusual ways, creating moods and characters through my outfits that are meant for me alone, to make me dream and feel more like myself. But I hate calling atention towards me, and so many times I notice certain looks thrown at me that really make me feel bad and self conscious and with a feeling that I’m too old to be dressed like this or like that. I live in a small town and mostly I find myself alone all day, as I’m a novelist and work from home, except when I do the school runs with my son, and there I always come across other mothers who are so judgemental in the way they look at me. But I know deep down inside me I am judgemental of them too, as I regard them and muse how they all dress alike, how they all look like clones of each other and how sad it must be to live a life confined to wearing some sort of uniform like that, unable to give way to your creativity and imagination… and that, I’m sad to confess, does make it a little better for me to keep dressing the way I do – which, really, is not all that extravagant, at all, from my words you’d thing I’m outrageous and I’m not!!
    https://bloglairdutemps.blogspot.pt/

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