Ode à Coré.

01 août 2011

Art | Inspirations


Par Augustus John.

Ce début d’été, j’ai été prise d’une véritable obsession pour la Marchesa Luisa Casati. Je connaissais le personnage depuis longtemps, que j’admirais de loin, sans avoir eu l’occasion de me pencher sur une biographie. Entre temps, je me procure le merveilleux ouvrage de Scot D. Ryersson et Michael Orlando Yaccarino « Infinite Variety« , puis quelques temps après sort « La Casati » de Camille de Peretti. Je traque les représentations de la fantasque Marchesa, avant de tomber sur cette merveille (par les auteurs d’Infinite Variety), un beau livre recensant tous ces portraits tant convoités.

A partir de là, c’est la frénésie Casati. Je lis, et relis, et relis Infinite Variety jusqu’à le connaître presque par cœur, je m’habille en noir et or, je relève mes cheveux et adopte le regard de goule, les yeux cernés et la bouche rouge. Je rêve de serpents et de guépards, de fêtes décadentes, et d’une vie de travestissements. Ce n’est pas de l’identification fanatique (quoique..) c’est parce que je partage ses goûts, et de découvrir la Casati  m’a encore plus donné envie de les affirmer. L’occulte, l’art et sa mise en abyme, la littérature décadente ( elle fut l’amante et la muse de Gabriele d’Annunzio), le sombre, le surprenant, un univers visuel envahissant… Mais aussi le personnage, le théatre du monde. Par ailleurs, c’était aussi une grande admiratrice de la Castiglione, de Sarah Bernhardt et de la princesse de Belgiojoso, on comprend le cheminement. Mais ce que j’assimile par dessus-tout, c’est l’idée que le beau est bizarre, fait de laid et de monstrueux. J’aime l’idée de de faire des ses défauts des marques de fabriques, en les accentuant. De se créer une identité visuelle extrême, sans se soucier de plaire.

Mais elle est aussi, un contre-modèle, une mise en garde. Je ne me compare pas à elle, mais comme Camille de Peretti, je m’y reconnais parfois. Je comprends cette femme timide et mal dans sa peau, pas très jolie, qui s’est construit une sorte d’armure en poussant son excentricité à son paroxysme. Tromper l’ennui et le malaise social par la mise en scène. Au point d’en devenir une caricature, une figure tragi-comique prisonnière de sa théâtralité, fascinante puis frôlant le pathétique. Même dans ses années de misères (à force de vivre dans l’irréel, on finit par redescendre sur terre, même lorsqu’on a  été une des femmes les plus riches d’Europe), le personnage a tenu bon.  Je la vois comme une femme très seule, qui s’est enfermée dans cette fantaisie pour trouver grâce aux yeux des autres, mais avant tout à ses propres yeux. Quand on ne s’aime pas, l’excentricité est un refuge, ainsi que le narcissisme qui en découle parfois.

Il y a tant à dire sur la Casati, je vous en reparlerais, mais en attendant, une sélection de ses « apparitions ». Malheureusement très peu sont disponibles sur internet, compte tenu de la quantité et de la qualité des représentations de la Casati.

Boldini.

Alberto Martini.

Kees Van Dongen.

Kees Van Dongen.

Romaine Brooks.

Man Ray.

Paget-Fredericks.

Leon Bakst.

De Meyer.

Man Ray.


28 commentaires



  1. caroll dit :

    Et j’ai pu te croiser dans l’une de tes longues robes noires à Orsay, je peux donc affirmer que ce style te va à ravir ! Merci pour cet article, je ne connaissais que de nom La Casati, cela me donne très envie d’en savoir plus.
    Amitiés.

  2. Shayla dit :

    Pari découverte réussi chère Louise ! Tu m’as donné envie… A moi les recherches, les bouquins et la découverte :-) Merci

    • Louise dit :

      Pour les bouquins je te conseille de commencer par celui de Camille de Peretti, et pour ce qui est visuel le gros bouquin Portraits of a muse. Sinon la lecture alternée d’Infinite Variety et de Portraits of a Muse est bien, comme ça tu peux te représenter les tableaux au lieu de les imaginer (quoique, ça a du bon, comme ça quand tu les découvre c’est la révélation !)

  3. caroll dit :

    Merci pour les références Louise !

  4. Ces personnages de la fin du XIX sont fascinants… Je ne connaissais pas, tu m’as donné envie de la découvrir. Mais en voyant ses portraits, je comprend mieux pourquoi tu l’admires, j’y reconnais assez bien l’image de toi qui transparaît à travers ton blog.

    Toujours aussi agréablement surprise par tes articles.

    Punky Fish & Barnabey

  5. Cuicui dit :

    J’adore le portrait que Man Ray a fait de La Casati. Il me fascine depuis toujours…

  6. diane dit :

    Louise! Cet article est magnifique! Comme je comprends…
    Je n’ai encore rien lu sur Casati, mais toutes ces images me donnent vraiment envie! Et quelle beauté ces yeux cernés! Et j’adore l’image de Paget-Fredericks avec les deux léopards!
    Merci de partager tes passions ainsi!

  7. carobine dit :

    Un personnage qui me fascine depuis longtemps! Je suis ravie que Camille de peretti s’y soit interressee car les bios d’elles sont rares! J’en ai néanmoins une dt je peux te donner les coordonnes. Et comme autres sources d’inspirations en plus de madame guiness, et de la castiglione je place en front de peloton Nancy cunard!

  8. dimitri dit :

    La Casati, une femme fascinante, qui a inspiré et inspire encore de nombreux créateurs.
    Elle fait partie de ses femmes excentriques qui ont su se créer un univers, et s’entourer des plus grands artistes. Son visage est l’un des plus représentés dans l’histoire.
    J’ai très envie d’en savoir plus grâce aux différents livres qui retracent son parcours.
    Merci pour ce bel article.

  9. fanny dit :

    Tu me fais découvrir Boldoni et waaaaaaaaaaaah, je suis en amour avec ses peintures,je connaissais juste le portrait de Verdi sans savoir l’auteur, mais ces portraits, c’est juste magnifique. merci!

  10. Siena dit :

    I see the Augustus John one all the time because it’s in the AGO’s permanent collection right near a bust of her. It’s great to see all these images compiled here. I especially like the photos.

    Cheers from Toronto, Canada.

  11. Viki dit :

    Love the painting, so beautiful!

  12. Sofifonfec dit :

    « Quand on ne s’aime pas, l’excentricité est un refuge, ainsi que le narcissisme qui en découle parfois. » C’est tellement vrai…
    Merci pour cette découverte.
    Pensées amicales

  13. Aurelie Milan dit :

    Oh génial! je file de ce pas m’acheter la biographie de Camilla di Peretti. Moi qui adore ce genre de personnages féminins historiques, tu m’as comblée!
    Et c’est aussi une des raisons pour laquelle je consulte ton blog toujours très instructif! Merci!

  14. Gabrielle (icp) dit :

    C’est ravissant Kees Van Dongen, l’expo était vraiment intéressante. Alors tu as eu ta licence? Bises

  15. Céline dit :

    Les portraits sont très beaux! J’ai trouvé un site où on les retrouves plus quelques autres: http://www.marchesacasati.com/
    tu m’as donné très envie d’en savoir plus sur cette femme hors du commun, merci!

  16. Cecilou dit :

    Je trouve que tu écris très bien, que tu parles toujours de sujets interessants et enrichissants, merci car quand je te lis j’apprends des choses culturelles. :)

  17. Shayla dit :

    Merci bcp pour les références. De retour la semaine prohaine je vais courir me les procurer. ;-)

  18. MadleenAuRuban dit :

    Voudrais-tu un jour aller à Erba visiter la Villa Amalia?

  19. MadleenAuRuban dit :

    Je m’en fais un objectif! J’hésite encore entre faire seulement cette villa ou tracer une sorte de circuit entre ses demeures italiennes…

    • Louise dit :

      En même temps, je crois qu’il n’y a plus beaucoup de traces d’elle..La plupart ont été reconvertis. Déjà à Paris, il y a le Palais rose au Vésinet, et le Ritz (peut-être avait-elle une chambre attitrée), et les appartements rive Gauche après le départ du Palais rose.

  20. MadleenAuRuban dit :

    Ces appartement ne sont-ils pas privés? Je me renseignerai… Je crois en tous cas que la Villa Amalia est ouverte au public! Il nous restera au moins elle!

  21. i’m getting scary antic vibes from this

  22. Nico dit :

    There’s a brilliant editorial shoot by Paolo Roversi for Acne magazine: « The lost album of marchesa Casati ». A superbe (as usual) Tilda as la Divina Marchesa herself.
    And, whenever in Italy, a visit at the Vittoriale it’s a must for any Coré admirer!

  23. […] sources: tumblr, misspandora.fr, sweetflorencealice.blogspot.com Share on Tumblr Tweet !function(d,s,id){var […]

  24. Anna dit :

    Coucou !

    Petite question.. Infinite Variety n’existe qu’en anglais ?
    Il n’est pas possible de trouver un bouquin qui serait aussi bien, mais en français ?

    Amicalement, merci. :)

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