Portrait d’une Lectrice

29 avril 2017

Books | Fashion | Paris

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Pictures by Fanny Dussol

Coat : DVF / Blouse : Miss Patina / Short : Zara / Hat : H&m / Sandals : Carel

A quoi servent les beaux jours, sinon à profiter de la nature à nouveau clémente pour lire au soleil, à condition e faire fi des passants, et des distractions inopportunes des smartphones. Il fut un temps où je lisais des nuits entières, happée par la trame d’un grand classique, d’une biographie ou d’un ouvrage historique, ou même, plaisir coupable, d’un roman de littérature fin-de-siècle. Aujourd’hui, si je lis encore beaucoup, je constate avec dépit que ma capacité de concentration diminue comme peau de chagrin, tant père des réseaux sociaux à portée de main à rongé notre quotidien. J’ai beau essayé de m’en échapper, il reste parfois ce fond d’urgence et d’anxiété qui me rattrape : l’enfer, ce n’est plus les autres, c’est la possibilité de scroller à l’infini. Heureusement, comme je lis très vite, j’arrive encore à m’enfiler des milliers de ligne chaque mois, et cette rapidité à un autre avatange, qui est celui de pouvoir oublier très vite ce que l’on a parcouru, et ainsi redécouvrir à l’infini. On me demande souvent quels sont mes ouvrages préférés, et c’est hélas une question qui m’est bien pénible à répondre car mon esprit marche plus aux périodes qu’aux tops 10, mais pour vous, je vais quand même essayer de vous en donner quelques uns :

Une Femme de Anne Delbée : Depuis bien longtemps je suis fascinée par Camille Claudel, et cette biographie romancée est comme un cri qui me déchire le coeur; Camille est une écorchée vive, une femme jetée dans les tourments de la passion, une artiste incomprise et incompromise, qui sera superbement magnifiée par Isabelle Adjani dans le film éponyme qui figure lui aussi dans la liste des oeuvres qui parlent à mon âme.

Autant en Emporte le Vent de Margaret Mitchell : Je ne l’ai pas relu depuis longtemps, mais Dieu sait les joies qu’il m’a apporté étant plus jeune, d’abord parce que c’est un très long livre et qu’il porte ainsi sur la durée, mais aussi parce que j’aime tellement Scarlett O’Hara, son idéalisme, sa dureté, son entêtement buté. Les scènes sont grandiloquentes et bouleversantes, et bien qu’il paraisse d’un point de vue social tout à fait daté, il n’en demeure pas moins une extraordinaire fresque haletante qui, contrairement aux apparences, n’est pas du tout à l’eau de rose.

La Comtesse Sanglante de Valentine Penrose : Ce curieux livre écrit à la fin des années 60 par une artiste surréaliste franco-anglaise est consacré à la comtesse hongroise Erzebet Bathory, dont la légende noire rapporte qu’elle se baignait dans le sang de ses servantes pour conserver l’éternelle jeunesse. Il n’a pas de rigueur scientifique et c’est ce qui me plait le plus, car sa prose est envoûtante à souhait, lourdement teintée d’ésotérisme et de symbolisme occulte. Il se lit presque comme un poème, une longue et rêveuse litanie où dans les hauteurs des Csjethe, sorcières et loups dansent sous la pâle clarté d’une lune de novembre, le mois des scorpions et d’Erzebet Bathory.

The Divine Feud de Shaun Considine : Dans les années 30 et 40, il y eut à Hollywood deux immenses actrices, de véritables monstres sacrés du celluloïd : Bette Davis et Joan Crawford, où plutôt Crazy Bette et Phony Joanie. L’une était la personnification même de l’actrice, l’autre une reine de beauté, et toutes deux se détestaient autant que s’admiraient avec une ferveur dont l’intensité égala la durée, puisque cette Feud aux racines opaques dura près des trente ans, culminant avec le classique camp What Ever Happened to Baby Jane. Si j’admire Bette Davis et tend à me ranger dans son camp, je dois avouer conserver dans mon coeur un « soft spot » pour Joan Crawford, car celle-ci me touche. « Holy Joan of the fan Magazines », son obsession pour la propreté, sa dévotion unilatérale aux studios et aux hommes, ses enfants harnachés chaque nuit dans leurs lits, mais surtout la ferveur avec laquelle elle s’attacha à rester à chaque instant -même les plus intimes- une star de cinéma, tout cela exulte un pathos névrotique tout à fait troublant, qui me font la prendre en pitié. D’ailleurs, je vous invite à regarder la géniale série du même nom (j’au sauté au plafond en la découvrant), et la superbe et ô combien émouvante interpretation qui en faite par Jessica Lange.

Dress : Miss Patina / Sandals : Made by Sarenza / Sunglasses : Emmanuelle Kahn / Tights : Calzedonia / Bag : MCM

From Paris with Love,

Louise


4 commentaires



  1. Europe dit :

    Ces photos sont vraiment révélatrices de ta superficialité!

    Osez prendre les  » livres » comme « accessoires de mode »!

    Pauvres écrivains, leurs oeuvres sont réduites comme « accessoires de mode »!

    Victor Hugo, William Shakespeare,Voltaire,Fiodor Dostoïevski,Mark Twain… ne sont plus des écrivains mais ils sont devenus des « influenceurs »

    Je suis en manque d’inspiration pour choisir mes habits de tous les jours:

    je vais demander conseil à la Bibliothèque de l’Institut de France ( de l’ Académie Française cherchait un livre qui irait bien avec mes vêtements!

    Je suis bête! L’Académie Française a son propre costume d’Académicien!

    L’habit Vert!

    Tu devrais essayer de t’habiller en Académicienne, cela t’irait bien:

    http://www.gettyimages.fr/detail/photo-d'actualit%C3%A9/academician-costume-for-the-election-of-marguerite-photo-dactualit%C3%A9/166463128#academician-costume-for-the-election-of-marguerite-yourcenar-mars-a-picture-id166463128

    Miss Pandora en Académicienne Sexy !!!

    Je t’ai trouvé une nouvelle séance de photos! Académicienne Sexy!

    Miss Pandora l’ Académicienne Sexy!

    J’ai même trouvé un titre! : Portrait d’une Académicienne de Pigalle!

    • Louise dit :

      Oh Mon Dieu ma pauvre…Des années Après tu es toujours obsédée comme ça par moi ?
      Franchement, je ne sais pas qui tu es, Mais je ne t’en veux pas car j’ai pitié de toi…
      Ces mots perfides laissés anonymement depuis des années ne me font rien de plus que plaindre ce mal être qui te fait épier le moindre de mes articles pour chercher à me blesser.
      J’espère sincèrement que tu trouveras les réponses en toi.

  2. Europe dit :

    Je ne dois pas être la seule personne qui te critique.

    Mais c’est vrai, tu as raison :

    Je ne dois plus voir tes articles.

    Tu as la chance d’être née sous une bonne étoile.

    J’avoue… j’ai voulu te blesser, par jalousie!

    Ta vie semble tellement idyllique à travers ton blog!

    Et ma vie quotidienne est plus difficile à vivre.

    Je te présente mes excuses.

    • Louise dit :

      J’ai beaucoup de chance c’est vrai. Et j’en suis consciente tous les jours, mais il y a aussi une énorme part de travail, de volonté et de passion derrière tout ça, car rien n’est facile, même si les apparences le montrent. L’art du digital réside justement dans cette impression de facilité, on parait flotter dans une vie idyllique, mais rien n’est donné dans ce monde, il faut persévérer et travailler pour en arriver là.
      Ma vie est loin d’être parfaite et même si elle l’était, j’ai comme chacun des tourments personnels.
      Alors, en toute sincérité, le conseil que je puis te donner et d’utiliser cette jalousie pour atteindre tes envies, je sais que c’est facile à dire, mais si on ne se lance pas, personne ne le fera pour nous.
      Amitiés,
      Louise

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