Trois Jours aux Îles Féroé

28 mai 2022

Voyages

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Post réalisé en collaboration.

Grâce à mon métier, j’ai eu la chance de découvrir des pays et des panoramas extraordinaires dans ma vie, mais rarement il m’a été donné de me pouvoir partir à la rencontre d’un un lieu aussi dépaysant et «exotique» (au sens où nous sommes entièrement plongé.e.s dans une autre culture) que les Îles Féroé. Pour tout vous dire, la dernière fois que j’ai autant trépigné comme ça dans l’avion, c’était lorsque je m’envolais au Japon pour la première fois…

Rien que le nom de la ville où se tient l’aéroport, Vagar, où nous avons atterri, m’évoquait tout un imaginaire de vikings et de légendes nordiques. Et d’ailleurs, au cas où vous devriez vous demander comment il est possible d’atterrir directement à Vagar sans faire d’abord escale au Danemark, sachez qu’Atlantic Airways propose désormais des vols Paris-Vagar en seulement 2h40, assurant ainsi la première liaison directe entre les deux pays. Ce qui n’empêche pas les touristes de se faire encore très rares aux Îles Féroé, rendant ainsi le voyage d’autant plus exceptionnel.

Allez hop, un peu de géographie maintenant ! Les îles Féroé sont un archipel d’îles situées tout au nord de l’Europe, non loin du cercle polaire arctique. Ses habitants les considèrent comme le «nombril du monde». Mais qui dit très au nord dit très long hiver, avec seulement quelques heures de lumière par jour. Et beaucoup, beaucoup de pluie. À quel point ? Au point qu’il existe plus de cinquante mots pour désigner la pluie en langue féroéenne, c’est dire si elle est présente dans leur quotidien. Avec près neuf cent heures de soleil par an seulement, les Îles Féroé sont donc un des coins les moins lumineux de la planète, mais le printemps et l’été, en revanche, y sont d’éclatantes périodes de renaissance, précieuses car longuement attendues, et forcément sublimées par le contraste.

 

Pour vous le dire franchement, moi ce climat, il me plait, d’une part car il correspond parfaitement avec l’imaginaire que je me suis fabriqué au sujet de ce mystérieux archipel, d’autre part car je ne suis pas franchement une adepte du soleil en excès, et ainsi préfère mille fois les Féroé aux Fidji !

** Jour 1 **
Je dis ça, mais le jour de notre arrivée, le soleil est plus qu’au rendez-vous aux Îles Féroé ! Et comme il va fera nuit tard grâce à la proximité de l’archipel avec le cercle polaire arctique (et ses fameuses «nuits blanches» l’été), une fois notre voiture louée à l’aéroport nous décidons de ne pas en perdre une miette, et de nous rendre directement à Gásadalur, afin de pouvoir y admirer sa spectaculaire cascade. Ce qui est impressionnant, lorsque l’on arrive à Vagàr, c’est que l’on est tout de suite plongé.e.s dans une nature éblouissante, spectaculaire. Où l’on rencontre déjà les fameux moutons qui peuplent l’archipel.
Si vous vous êtes toujours pris de passion pour Lord of the Rings comme moi, ces noms de villages ne peuvent manquer de vous renvoyer à l’univers de Tolkien, d’autant que les paysages, aussi, sont très similaires !
Pour tout vous dire, je m’attends à tout moment à entendre dire “ici Farendùr, fils de Bidildùr, héritier du royaume de Sblurgvl”.
Comment ça, ma tentative de Tolkien est ratée ? Gásaldur toi-meme, va!
La cascade se jetant directement dans la mer depuis le plateau rocheux aux reliefs escarpés, on peut difficilement faire plus scénique (et dramatique).
 
Fort.e.s de cette première découverte, nous faisons ensuite un tour à Bøur, charmant village de 74 habitants fondé en 1861, où les toits sont recouverts d’herbe. Là encore, difficile de ne pas songer à Tolkien et son idyllique village de hobbits, la Comté.

D’ailleurs, savez-vous pourquoi ici les toits sont en gazon ? Ce n’est pas pour faire joli, mais pour protéger la charpente des maisons, dans un archipel où il pleut près de trois cents jours par an !

Étape à Sandavagùr où se trouve une adorable église, qui abriterait une pierre runique du 13eme siècle, malheureusement elle était fermée et nous n’avons pas pu la visiter, ce qui ne nous a pas empêché.e.s d’apprécier le décor de carte postale.
Enfin, nous arrivons dans la capitale féroéenne, qui porte le doux nom de Tórshavn.

Nous passons les deux prochaines nuits à l’hôtel Havgrim, offrant une vue sur la mer à couper le souffle. Ça sent bon le varech et les embrunts marins, et ça me rappelle chez moi en Normandie, là où la mer, aussi, est insondable, hostile, souvent déchaînée, et toujours fascinante.

Un point nécessaire concernant le grindadráp (massacre des dauphins). Il va de soi que je suis absolument contre cette pratique barbare. Mais c’est le cas aussi de pas mal de féroéens, comme c’est le cas ici en France avec le foie gras, en Espagne avec la Corrida, ou en Islande avec la chasse aux baleines. Et que dire de l’élevage intensif en France et en Europe, et de la surexploitation des mers ?
On ne peut donc pas résumer un pays entier à cette coutume obsolète et cruelle, en train d’être reconsidérée qui plus est. Ce serait injuste pour ses habitants, et pour sa nature qui n’appartient pas aux hommes. D’ailleurs, il faut savoir que les îles Féroé ne vivent absolument pas du tourisme, donc ce n’est pas comme si en boycottant cette destination cela allait changer quoi que ce soit.
Il m’est arrivé de refuser des voyages qui n’étaient pas en accord avec mes convictions. Mais j’ai choisi d’aller aux Îles Féroé car j’ai voulu découvrir les paysages magnifiques de cet archipel, et aller à la rencontre de ses habitants et de sa culture, fascinante.
** Jour 2 **

Quel bonheur de se réveiller face à la mer ! Mine de rien, toutes les expositions de peintres nordiques qui ont eu lieu ces dernières années à Paris m’ont préparée à apprécier pleinement ce genre de panorama, auquel j’ai désormais tout un imaginaire à associer.

La commune de Viðareiði, sur l’île de Viðoy, et sa jolie église blanche, que nous n’avons malheureusement pas pu visiter là encore, car elle était fermée.

Face à elle, culminant à 844 mètres d’altitude, le mont Villinggadalsjall, troisième plus haut sommet des Féroé.

Le petit cimetière de l’église et sa vue panoramique. A peine une poignée de tombes, dont la plupart remontent à la fin du XIXeme, et qui sont d’enfants morts en bas âge. Un petit côté inquiétant du coup qui n’est pas dérangeant, au contraire, on se croirait dans un film !

Quelle atmosphère ici, de loin mon lieu préféré de tout le séjour.

Après pause dejeuner et une heure de route, notre plus long trajet, tout en panoramas plus à couper le souffle les uns que les autres, nous arrivons dans le joli village coloré de Gjógv.

Une heure de trajet en théorie, mais plutôt deux heures en pratique, puisqu’impossible de ne pas vouloir s’arrêter toutes les deux minutes, d’autant plus que les bords de route sont souvent aménagés pour cela.

En outre, à la beauté du paysage s’allie l’abondante fréquence des moutons, et ça, c’est vraiment le gros plus des Îles Féroé. On ne s’en lasse pas.

D’ailleurs, nous croisons vraiment beaucoup plus de moutons que d’habitants au détour de nos pérégrinations !

Le village de Gjógv est assez ancien, puisque les premières traces de son existence remontent à 1584, bien qu’on pense qu’il soit en réalité bien plus vieux que ça.

Son nom proviendrait de son impressionnante gorge rocheuse qui s’ouvre sur la mer.

Aux Îles Féroé, un truc vraiment chouette à faire, c’est de dîner chez l’habitant. Et pas n’importe lesquels habitants, Anna & Oli, une infirmière/fermière/cheffe et son mari, qui nous accueillent chez eux à Velbastaður. Les plats s’enchaînent au rythme de la conversation, chaque fois accompagnés par une bière locale sélectionnée par Sebastian, le beau-fils d’Anna. J’ai adoré cette expérience, très chaleureuse en plus d’être délicieuse.

Pour plus d’informations, c’est par ici !

En rentrant, je ne peux m’empêcher de marcher longuement le long des rochers, profitant de la lumière du jour qui se prolonge tard dans la nuit.

** Jour 3 **

Un peu de tristesse à l’idée de quitter l’hotel notre havre de paix et de mer de l’hôtel Havgrim. La prochaine fois, il faudra tester la chambre panoramique !

Ce matin, nous visitons le musée national des Îles Féroé. C’est l’heure d’une leçon d’histoire!

On ne sait pas trop quel fut le premier peuple à les occuper, quoi qu’il en soit les premiers traces trouvées seraient celles de moines écossais, arrivés au VIeme siècle avec leurs moutons.

Les scandinaves s’y seraient ensuite installés autour de 650. Selon la légende, c’est un viking norvégien, Grímr Kamban, qui posa le pied en premier sur l’archipel, mais l’on pense qu’il pourrait aussi bien venir d’Islande ou d’Irlande. Ce sont les scandinaves qui, en important leur langue, le vieux norrois, auraient donné naissance au feroéen actuel. Le nom des îles viendrait d’ailleurs du mot «mouton» (faer en norrois), comme quoi ils sont vraiment indissociables de la culture féroéenne !Au XIeme siècle, le christianisme est introduit sur l’île par le chef viking Sigmundur Brestisson, envoyé par le roi de Norvège Olaf 1er, qui conquiert l’archipel et le place sous domination norvégienne, le restant jusqu’en 1386.

A partir de là, les Féroé se placeront sous la double domination de l’alliance Norvege-Danemark, puis progressivement du Danemark exclusivement. Aujourd’hui, bien que toujours rattachées au Danemark, les îles Féroé ont cependant leur propre langue et leur propre culture, ainsi que leur propres pièces et billets, même si ce sont des couronnes danoises.

Ce jour-là, le temps est féroéen en diable, c’est à dire pluvieux et très venteux. Il faut parfois un peu s’accrocher aux murs, mais ça sied parfaitement avec l’atmosphère. J’adore quand la nature nous teste, quand elle nous montre que c’est elle qui commande.

Ballade dans Tórshavn, adorable même sous la pluie. Toutefois, impossible de voir sa cathédrale, toujours fermée même aux heures d’ouverture. Dommage !

Déjeuner au café Paname, dont nous avons entendu dire beaucoup de bien. Et c’était effectivement très bon, très sympa, très mignon, très tout en somme !

Prochaine étape : Kirkjubøur, un des villages les plus anciens de l’archipel, siège du pouvoir épiscopal durant le moyen-âge et donc important centre religieux.

Le gros plus de tous ces petits villages, c’est qu’ils sont aménagés pour accueillir les touristes, même si ceux-là sont forts rares, avec parking et WC à chaque localisation, et ce sans nuire au panorama.

L’église de Saint Olaf, seule construite au moyen-âge à être encore en activité.

Les ruines de la cathédrale de Saint Magnus, commencée vers 1300 à l’initiative de l’évêque de Kirkjubøur et jamais achevée.

Face aux vestiges de la cathédrale, la demeure tout en bois de l’évêque.

Changement de décor, est arrivée à l’hôtel Brandan  et sa déco hyper design, où nous passons -hélas- notre dernière nuit à Tórshavn et aux Îles Féroé.

Pour notre dernière soirée, l’office du tourisme nous a invité à tester un restaurant renommé de Tórshavn, Roks, situé sur le port.

Dans ce restaurant de fruits de mer et de poisson, il n’y a que deux menus, et on se laisse guider les yeux fermés à travers les spécialités, toutes plus goûteuses les unes que les autres. Chaque étape de la dégustation est accompagnée par un vin choisi par notre -adorable- serveuse pour s’accorder avec les mets.

Au programme: chips de peau de cabillaud frite, couteaux, oursins et langoustines façon Bloody Mary pour les entrées. Suivies par une sole mi-cuite dans une sauce au citron, un dip de truite marinée avec de la crème, des échalotes et de l’aneth (à tomber), puis des capelans frits, avec un carpacio de rhubarbe et de courgettes, une omelette aux oursins et une salade de pois.
Enfin, un carrelet en croûte et une salade verte à se damner, parfaite touche de fraîcheur. Et comme il reste un peu de place pour le dessert, une tarte aux prunes et sa crème glacée maison.

Un restaurant que je vous recommande donc chaudement. Le menu coûte environ cent vingt euros, mais quand on sait qu’aux Féroé la plupart des plats à l’unité valent autour de quarante euros ailleurs, au moins là, on est sûrs d’avoir une très bonne expérience.

Hélas, le lendemain, il faut déjà se résoudre à partir: un arrachement ! En chemin vers l’aéroport, je tente de m’imprégner une dernière fois de tous les splendides panoramas rencontrés au gré du trajet. Et de chaque mouton croisé, bien sûr. Ils vont tellement me manquer !

Je n’oublierai jamais ces paysages ni ces quatre jours, c’est certain, je suis tombée amoureuse des Féroé pour toujours.

Pour plus d’informations : Visit Faroe Islands 

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Louise

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