Voyage en terre Maya au Yucatàn

05 mars 2018

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Le Mexique…Le Mexique !! Ah, comment vous décrire mon excitation lorsque l’on m’a annoncée que je partais découvrir ce pays d’exception, dont l’histoire et la culture m’ensorcelaient depuis toujours, et qui pourtant me paraissait si loin…Oui, le Mexique c’était Frida, c’était les pyramides aux forces cabalistiques, c’était les impératrices teintées de cinabres et les divinités à queue de serpent, mais aussi tant d’autres choses encore…Alors, avant de trop en dire, suivez-moi, et nous irons ensemble découvrir le Yucatàn…

Mais, pour explorer les contrées sibyllines du Yucatàn autrement qu’en rêve, il faut d’abord s’y rendre, et c’est avec XL Airways que nous avons fait le voyage : Cancun, nous voilà ! Créée en 1995, Xl Airways est une compagnie française qui se spécialise dans les vols de loisirs à moindres coûts, destinés principalement aux familles voyageant avec tours opérateurs, mais aussi aux explorateurs avides de lointain, puisque, outre le Mexique et les Caraïbes, la firme propose également des destinations comme les États-Unis, les Antilles ou encore l’Océan Indien. C’est en un peu plus de onze heures que nous avons rejoint notre destination, mais à bord nul ennui, car nous avons pu profiter des meilleurs services proposés à la carte, comme des lunettes immersives pour un cinéma en réalité virtuelle, ou des menus de chefs disponibles sur commande. A propos, c’est l’occasion de vous faire part de mon système « Louise Ebel » pour dormir durant la quasi-totalité du vol, et être ainsi fraîche et dispose à l’arrivée : au décollage, cachet de mélatonine naturelle, puis un petite verre de vin, un quart d’anxiolytique si besoin, tout en gardant le combo masque + bouchons d’oreilles, + turban + couverture + pulls + chaussettes. Avis aux amateurs !

C’est au petit matin que j’eus le plaisir de découvrir le charmant hôtel Méson del Marqués, dans lequel nous avions pénétré à la nuit tombée, harassés de fatigue. Comment ne pas penser à une toile de Frida Kahlo ou de son amour maudit Diego Rivera, lorsque l’œil se promène et se heurte sur ces couleurs vives et tranchantes qui éclatent avec insolence sur la blancheur de horchata des ces extravagantes haçiendas. Il n’y a pas de doute, nous sommes bien arrivés au Mexique, et déjà mon cœur palpite.

Bien que Valladolid soit la seconde plus grande ville de la péninsule du Yucatàn, elle reste toutefois de taille modeste car ne dénombrant pas plus de 50 000 âmes, et pourtant que de charme dans cette petite ciudad qui restera mon point d’ancrage au Mexique, le premier de tout ce formidable voyage. Autrefois reconnue pour son industrie florissante spécialisée dans la production de sisal -une fibre textile issue de la culture de l’agave- Valladolid peut aujourd’hui s’enorgueillir d’une farandole de façades teintées de mille couleurs, vibrante et émouvante symphonie que clôture en point d’orgue la cathédrale de San Servacio, monument emblématique de l’époque coloniale.

Ce matin-là, nous fumes les témoins privilégiés d’une répétition de la procession de la vierge de la Candelaria, fête qui se tient chaque premier février dans cette ville que l’on surnomme la « sultane de l’Est ». J’étais presque gênée d’y assister malgré moi, car bien qu’hypnotisée, j’aurais voulu être invisible afin de ne pas gêner la ferveur pleine de grâce de ces fidèles, qui accompagnait leur dévotion d’un chant lancinant qui longtemps nous est resté en tête.

Adios Valladolid, direction Mérida et son marché qui est une expérience incroyable, plongée grouillante et bouillonnante dans un monde où se mêlent couleurs, saveurs, odeurs…Sur des kilomètres d’allées aux allures de labyrinthes, piments, mangues, et même vierges d’or et d’azur s’étalent à perte de vue. Comme Valladolid, Mérida porte le nom d’une cité espagnole, car elle fut fondée en 1542 par le conquistador Francisco de Montejo sur les bases d’un site Maya, comme tant d’autres d’ailleurs. Autrefois, la “Ciudad Blanca” était l’une des plus prospères du continent grâce à son ”or vert” tiré de l’exploitation textile de l’agave, ce fameux sisal, mais si aujourd’hui l’âge d’or des mayas et des conquistadors est parti avec le vent, il lui en reste néanmoins une âme de souveraine qui n’a rien perdu de sa superbe.

Après l’effervescence de Mérida, rien de tel que l’indolence d’une fin d’après-midi à l’Hacienda Uxmal, lieu paradisiaque qui restera mon hôtel favori du séjour. Dans cette splendide demeure coloniale qui accueillît les grands monarques de ce monde, il est bon de se prélasser au soleil sous la protection d’un triumvirat d’iguanes ayant fait de la piscine leur royaume, et de s’endormir au rythme du chant des cigales dans la fraîcheur d’une chambre où les lits sont faits de fer forgé et les sols d’azulejos.

Un petit déjeuner au sein de la nature, entouré de chats et d’iguanes, que dire de plus, si ce n’est que telle est la définition même du bonheur !

La culture Maya est toujours vivante aujourd’hui au Mexique, pour preuve la communauté MunHa, à proximité de Uxmal, est l’une des nombreuses collectivités à être toujours en activité dans la péninsule du Yucatàn, et continue de préserver et partager une riche tradition dont l’origine se perd dans l’aube des siècles. Ici, on apprend à graver des motifs sacrés sur des calebasses, à écouter les volutes rugueux des incantations en langue maya ainsi que des instruments ancestraux qui les accompagnent, mais surtout, on apprend à respecter et contempler les rythmes éternels de la nature.

Il est difficile de trouver et une palette de couleur plus riche et plus intense que celle du Mexique. Dans ce paysage rocheux, surgissent des chocs de tonalités stridentes qui explosent comme des piments habeneros sous la langue ; sans cesse sollicité, l’œil se perd avec délice dans un délire kaléidoscopique. Ainsi que le voyaient les mayas, la couleur est la vie même car, animées par la force du pinceau, les constructions semblent vibrer d’une étrange matière, titans de pierre et de pigments fixant en silence l’horizon.

Lorsque j’étais à Uxmal au sein de la communauté MunHa, Pedro, le gardien et garant des lieux, nous a fait part de son désarroi face à l’incapacité qu’à l’homme moderne de prendre le temps de saluer le soleil ou de sentir le parfum d’une fleur, ces bonheurs simples qui nous rapprochent de la nature. Pour moi la beauté est présente partout au sein de l’univers, elle m’émeut et m’interpelle comme sur cette petite place de Valladolid : les pétales de fleurs semés avec grâce sur le sol, comme un haïku japonais, leur teinte d’orange sanguine qui répond à celle de la façade encadrant cet arbre solitaire et majestueux, le blanc crémeux de la chaux et des moulures. Oui, à l’heure d’Instagram et du téléphone à portée de main, on peut toujours prendre le temps d’apprécier la beauté du monde qui nous entoure, celui qui était là avant nous et celui qui le sera après, si on le laisse être…

Le deuxième jour, nous avons pris la direction des terres Puuc dans le nord-ouest du Yucatàn, afin de visiter le complexe archéologique d’Uxmal, fondée par le groupe maya des Xiu, et dont, à l’instar de la plupart des grands sanctuaires mayas, la chronologie est incertaine, hormis le fait qu’il connut son apogée autour des IXème-Xème siècles après JC. C’était ma première pyramide maya, et j’en avais les larmes aux yeux, d’autant plus que le lieu était très fort énergétiquement, et quasiment désert à cette heure du matin (aux alentours de 8h-10h), aussi était-il vraiment possible de s’imprégner de son atmosphère, ce que l’excès de commercialisation rend plus difficile à Chichèn-Itzà comme nous le verrons plus loin.

Comme Chichèn-Itzà, Tulum ou Palenque, la cité d’Uxmal a été découverte, ou plutôt, dévoilée au monde occidental par les conquistadors, puis étudiée de près lors de la première moitié du XIXème siècle par l’explorateur John Lloyd Stephens. Laissées à l’abandon et recouvertes de végétation, ces majestueuses pyramides devenues solitaires n’étaient alors plus soumises qu’aux caprices de la nature, et on imagine l’intense émotion qui pouvait être ressentie par les voyageurs lorsque ces géants de pierre se détachaient d’entre la jungle épaisse. Aujourd’hui, si ces édifices ont été considérablement nettoyés et restaurés, on trouve néanmoins de nombreux exemples de pyramides semi-abandonnées qui témoignent de ce qu’on pu être les cités mayas au temps des explorateurs.

Cet ensemble est vraiment impressionnant, d’une part par ses superbes bas-reliefs caractéristiques du style Puuc de la période post-classique (qui va du Xème au XIIème siècle après JC, contemporain de Chichèn-Itzà donc), et d’autre part par son gigantisme, le nombre ainsi que la variété de ses constructions. Il faut imaginer qu’à l’époque toutes les constructions étaient polychromes ! Pour les mayas, l’architecture était en lien étroit avec la cosmogonie, ainsi les lieux de culte étaient-ils toujours choisis en fonction de leur qualités énergétiques et de la présence d’éléments sacrés comme les cénotes, mais aussi conçus pour refléter la carte du monde céleste, à l’instar d’Uxmal qui est dédié à Vénus -« Noh Ek » pour les mayas-, et en reflète la position dans le ciel.

Le quadrilatère des nonnes, ainsi nommé par les espagnols lors de la conquête du XVIème siècle, est significatif de cette fonction cosmogonique puisque le monde y est représenté à la fois dans sa dimension horizontale, par cette cour symbolisant les quatre points cardinaux mais aussi la terre qui pour les mayas était plate et carrée, et dans sa dimension verticale allant du monde souterrain (Xibalba, l’inframonde) au sud et un peu plus bas, au monde du milieu à l’est et à l’ouest, et au monde céleste au nord, qui était surélevé. A chaque point cardinal correspondait une couleur dont étaient peints les murs, tandis que les portes symbolisaient les strates que gouvernaient au sud les neufs maîtres de l’inframonde, et au nord les treizes divinités du monde céleste. Au centre, un pilier représentait l’arbre ceiba infiniment sacré pour les mayas, car moyen de communication entre les trois mondes : prenant ses racines dans l’inframonde, l’arbre s’élevait ensuite vers les cieux…

Spectaculaire vue sur la pyramide du Magicien depuis le Palais du Gouverneur.

Je porte sur ces photos une robe Cécilia Prado.

Grande particularité du Yucatàn à laquelle nous avons eu la chance d’avoir accès : les cénotes, qui sont de profonds orifices souterrains dont la formation est due à l’effondrement de terrains situés au dessus de nappes phréatiques, suite à l’impact d’une météorite qui aurait frappé cette région de la terre il y a plus de soixante-cinq millions d’années, celle-là même qui causa l’extinction des dinosaures. Forcément, la fan d’Alien Theory en moi apprécie; décidément, le Mexique est une incroyable terre de mystères…

Pour les Mayas, les cénotes étaient des lieux sacrés, car considérés comme des bouches donnant accès aux forces telluriques sous-jacentes, et c’est ainsi que de nombreux sanctuaires furent édifiés à cotés de ces grottes naturelles, dans l’espoir d’établir une communication régulière avec les divinités chtoniennes qui peuplaient le Xibalbà, la royaume de l’inframonde.

 

Plus qu’une ville, Izamal est un monochrome. Ici se déploient toutes les nuances de jaune, cinquante nuances plus claires, cinquante nuances plus sombres, même les chevaux sont parés d’étendards aux couleurs du soleil, ce tyran qui règne encore en maître sur le monde des hommes. A Izamal, on explique le règne spectaculaire du jaune par deux raisons, l’une, plutôt fonctionnelle, veut que cette couleur soit un excellent repousse moustiques, l’autre, bien plus cosmique et qui me séduit donc davantage, met en lien cette teinte avec la culture sacrée des Mayas, qui voyaient dans le jaune une forme de communion avec le soleil. Quelle qu’en soit la raison réelle, il y plane une énergie intense, presque écrasante, et qui de par la force du pigment, pousse l’homme à s’incliner devant la puissance rayonnante du soleil.

La ville s’articule autour du couvent de San Antonio di Padua, qui est situé sur une ancienne pyramide Maya, il s’agissait alors d’une pratique courante veillant à imposer la suprématie catholique et coloniale, tout en utilisant la force énergétique de ces lieux de culte dont la situation géographique ne devait rien au hasard…On en retrouve l’exemple à Valladolid, dont la cathédrale est également bâtie sur une antique cité Maya. Comme dans toute la région du Yucatàn, on croise dans les rues d’Izamal de nombreuses pyramides, qui, fantômes semi-délabrés d’un passé fastueux et encore si méconnu, toisent de leur sereine puissance la folie des hommes.

Je ne pouvais pas me rendre dans le Yucatàn sans partir à la rencontre de la cité maya-toltèque de Chichén Itzà, car si ce lieu est aujourd’hui en proie à une commercialisation des plus envahissantes, il fait néanmoins partie des sept nouvelles merveilles du monde, et sa visite en vaut la peine. Lorsque l’on se trouve face à l’impressionnante pyramide du Castillo, il n’est pas difficile d’oublier les multiples sollicitations visuelles et auditives qui émanent des alentours, qu’importent les vendeurs de t-shirts et les touristes bruyants quand on a devant soi la perspective parfaite d’un tel monument..Bien que le site d’Uxmal soit hautement plus spirituel et authentique, Chichén Itza reste le premier lieu auquel j’ai pensé lorsque j’ai appris que je partais découvrir le Yucatàn, c’est pour moi un lieu magique, un rêve d’enfant !

De ce complexe l’on sait peu de choses, car comme pour la plupart des cités archéologiques du Yucatàn, il est soumis à bien des hypothèses dont le fondement reste malheureusement vague, faute d’informations. Ainsi, sur la fondation de Chichen-Itzà, c’est à dire le « la bouche du puits » en langue maya, les avis divergent : pour certains, le peuple Itzà, qui est une branche de la civilisation Toltèque basé à Tula dans le centre du Mexique, aurait envahi le site ou simplement cohabité avec les mayas aux alentours du Xème siècle après JC; pour d’autres, qui se basent sur les textes sacrés du Chilam Balam, les Itzà y auraient élu domicile dès le VIème siècle après JC. Quoi qu’il en soit, il est certain qu’une civilisation y était déjà établie avant l’arrivée des Itzà, pour preuve la grande différence du décor architectural entre le secteur sud, plus typique du style Puuc que l’on a vu à Uxmal, et celui du secteur nord, qui incorpore des éléments caractéristiques du style instauré par les toltèques à Tula, comme les motifs de jaguars et de guerriers, ou le culte du serpent Quetzalcoatl, auquel est dédié la grande pyramide du « Castillo » (ainsi nommé par les conquistadors). Fusion entre les cultures toltèques et mayas ou réemploi de structures mayas par les toltèques, on ne le sait guère…

Chichén-Itzà doit le choix de sa situation géographique à la présence de deux importants cenotes, dont l’un dédié à Chak, le dieu de la pluie, fut le théâtre de nombreux sacrifices humains ainsi que matériels, car l’on pensait alors que les objets fabriqués par l’homme possédaient une âme. Il n’y a pas de doutes quand au fait que de nombreux meurtres rituels aient été pratiqués à Chichén, comme en témoignent les bas-reliefs du Tzompantil (la plateforme des crânes), qui illustrent diverses méthodes de sacrifices comme la décapitation, d’ailleurs la pyramide était à l’origine peinte en rouge, une couleur traditionnellement associée à la guerre chez les mayas, et qui n’est pas sans évoquer celle des flots de sang. Comme à Uxmal, la cité de Chichén-Itzà dispose d’un plan cosmogonique, et ici rien n’est dû au hasard : la pyramide du Castillo, dédiée au serpent à plumes qui est représenté sur base de la rampe de l’escalier des faces est et ouest, possède 365 marches sur ses quatre cotés, qui représentent les jours du calendrier solaire (les mayas possédaient un calendrier solaire de 365 jours et un calendrier rituel de 260 jours), son plan carré symbolise les quatre points cardinaux, et ses neuf degrés les neufs strates de l’inframonde. A l’instar d’Uxmal, un curieux phénomène acoustique se produit lorsque l’on claque dans ses mains devant la face nord de la pyramide, l’écho renvoie un bruit tout à fait différent (exemple ici) qui aurait été conçu pour imiter le bruit de battement d’ailes du Quetzal, oiseau qui incarne l’une des formes du dieu Quetzalcoatl. De plus, lors des équinoxes et des solstices d’été, l’ombre des degrés sur les rampes des cotés est et ouest trace sur toute leur longueur le corps sinueux du serpent Quetzalcoatl dont la tête figure comme on l’a vu à la base de cette rampe, c’est tout bonnement ahurissant ! On imagine ce que devait être Chichèn du temps de sa splendeur passée, quel spectacle incroyable….

Nous étions au Mexique depuis seulement deux jours, mais déjà tant de kilomètres parcourus, et avec eux tant de découvertes ! Une petite pause s’imposait avant de reprendre le chemin des pyramides mayas, et c’est ainsi que nous passâmes quelques  heures oisives, mais ô combien douces, à flâner les long des plages du Hard Rock Riviera Maya, dans une eau calme et cristalline que seule venait troubler l’ondulation de mille et uns poissons aux couleurs exotiques…Bien que n’étant pas une grande amatrice du style de musique rock proposé par l’établissement -on n’est pas puriste pour rien- ni des resorts en général, je suis tout de même tombée amoureuse de ses enclaves de nature paradisiaque dans lesquelles il faisait bon de tremper les pieds. Si l’Arcadie existe, c’est bien ici qu’il faut la trouver, à deux pas des Caraïbes.

Autre établissement possédé par le groupe hôtelier du Hard Rock Riviera Maya, l’hôtel Unico fait du all-inclusive une véritable expérience de luxe, en proposant un art de vivre ultra léché dans un décor résolument moderne qui s’inspire du design mexicain contemporain. Entre les peignoirs en molleton, les chambres à lit à baldaquin ainsi que jacuzzis privatifs, et les spas organiques qui comme les restaurants semblent se compter par dizaines, nous en sommes tous ressortis avec une grande envie d’y retourner !

Dernière étape de notre séjour : Tulum, autrement dite la « cité de l’aube », qui offre une balance idéale entre sites archéologiques d’exception et fastueux complexes hôteliers. La cité Maya de Tulum fut fondée aux alentours du 6ème siècle après Jesus-Christ, et doit son nom à la double forteresse qui en protégeait les édifices ainsi que la population, il faut savoir qu’à l’époque la région n’était pas unifiée mais séparée entre des multiples cités-états conquérants. A l’origine polychromes, comme tous les sanctuaires mayas, certains temples parmi cet ensemble sont dédiés aux dieu descendant, qui est représenté à l’envers avec les bras et les jambes écartés. Comme souvent, son interprétation diffère parmi les spécialistes de la culture mésoaméricaine, mais l’on pense qu’il s’agissait soit d’un symbole de fertilité, soit d’une personnification du dieu des abeilles, dont le culte était primordial pour cette civilisation adepte des idoles zoomorphes.

Nous avons probablement dû offenser le dieu de la pluie Chak – auquel un temple est par ailleurs dédié dans ce complexe- car des trombes d’eau se sont abattues sur nous durant notre visite, ce qui aurait pu être rigolo dans d’autres circonstances, mais là le déluge était tel que chacun craignait pour son appareil photo, aussi nous sommes nous tous sacrifiés pour notre matériel, chacun tenant le sien du bout des bras  sous un maigre parapluie tandis que nos corps ruisselaient, c’était plutôt comique ! Néanmoins, le spectacle d’un ciel déchainé sur une mer d’azur fut une vision d’un rare onirisme, et une belle récompense pour nos chairs frigorifiées !

J’ai passé les deux derniers jours de mon séjour à l’hôtel Dreams de Tulum, situé sur la Riviera Maya, et ce fut tout à fait reposant après les nombreuses aventures de ce périple qui a été incroyablement riche en découvertes, même si entre nous j’aurais pu continuer longtemps sur ce rythme-là, car pour moi les voyages ne sont jamais faits pour se reposer, mais pour découvrir encore et toujours ! Je n’étais au Yucatàn que depuis une poignée de jours, et pourtant ils m’ont semblé être une éternité, tant l’immersion avait été forte, et cela je le dois entièrement à Totonal, à la vision spirituelle et authentique de cette région qui nous a été partagée par Marisol. Aussi, je me suis sentie quelque peu déboussolée de retrouver ainsi la civilisation, car la nature me manquait, alors pour pallier à ce vide j’ai passé de nombreuses heures à la plage de l’hôtel qui était paradisiaque, et offrait comme vous pouvez le constater des couchers de soleil d’une bouleversante beauté…

Une fois cette phase d’adaptation passée, j’ai pu profiter allégrement de l’expérience All Inclusive, qui était inconnue pour moi ! Car des Coronas dans le minibar aux cakes gourmands du coffee shop, en passant par les divers restaurants de l’hôtel, tout était compris, de quoi donner le tournis ! Ma chambre était aussi spacieuse que superbe, avec terrasse, vue sur la mer et bain à remous, autant dire un luxe total dans lequel je me suis coulée paisiblement, afin de profiter d’un peu de calme et de volupté avant de rentrer à Paris, il faut dire que je n’allais pas voir le soleil avant longtemps ! Le dernier jour, nous avons même eu droit à un cours de cuisine, afin d’apprendre à confectionner un guacamole et un ceviche, c’était très ludique !

Apothéose en beauté de notre circuit archéologique en terre Maya, avec la découverte des ruines de Muyil, qui se trouvent à proximité de Tulum et permettent au voyageur de se rendre compte de ce qu’a pu être la découverte des pyramides au temps des conquistadors, puisque le lieu est non seulement quasiment désert, mais de plus entouré d’une épaisse jungle tropicale, ce qui lui donne un aspect très authentique.

Située sur la côte, Muyil a été la première ville édifiée par les mayas venus du Guatemala à l’époque du pré-classique récent, qui se sont par la suite déplacés à Tulum puis au nord à El Rey, avant d’avancer vers l’intérieur des terres une fois le contrôle des côtes établi. Contrairement à Tulum, il ne s’agissait pas d’une cité militaire à but défensif, mais d’un lieu pacifique voué à l’accueil et au transit des populations. Premier point d’appui d’un peuple migrant, Muyil est ainsi le lieu témoin d’une hybridation culturelle mais aussi stylistique entre les Péten venus du Guatemala, avec les Toltèques et les Olmèques. C’est donc tout naturellement que ce sanctuaire offre à travers ces constructions un incroyable panel de styles, dont certains présentent d’étonnantes curiosités, à l’instar de ce temple autrefois teinté de rose et dédié à la fertilité, qu’encadrent de manière parfaitement symétrique quatre arbres -et ce de manière tout à fait naturelle-, ce qui est renversant lorsque l’on sait que dans l’architectonie maya les angles symbolisaient les points cardinaux. Décidément, ce lien entre urbanisme et cosmogonie est si fascinant qu’il en renverse toutes nos conceptions occidentales, si tristement cartésiennes…

Sian Ka’an -l’origine du ciel en langue maya- est une magnifique réserve de biosphère située près de Tulum et qui s’étend sur plus de 650 000 hectares, ce qui représente près de 10% de l’état de Quintana Roo ! Le Mexique possède l’une des biodiversités les plus riches de la planète et ce site en dévoile toute la beauté, car c’est pour une véritable plongée au cœur de la nature que l’on vient visiter Sian Ka’an. Grâce au tour Muyil & Floating, nous avons pu visiter le site archéologique de Muyil et la forêt tropicale qui l’entoure, mais aussi nous baigner dans les canaux d’un vert de jade (une couleur qui pour les mayas symbolisait la vie) des « petenes », ces petites iles qui émaillent la cartographie des marais, où un bateau nous a conduit à toute allure…Quel bonheur de sentir l’eau fraiche nous chatouiller les joues ! À l’ombre des feuilles de mangrove formant arcs et voussures, nous avons dérivé paisiblement dans une eau opalescente qui était d’une rare transparence; inutile de vous dire que ce fut un moment idyllique auquel je pense encore avec regret, alors que j’ai retrouvé les frimas de l’hiver parisien…

A bientôt le Mexique…

Pour plus d’informations, rendez vous sur :

Yucatàn Turismo

XL Airways

Totonal

***

From Paris with Love,

Louise


5 commentaires



  1. Samsha dit :

    Magnifique ces paysages et ces couleurs !

  2. Samsha dit :

    Magnifiques ces paysages et ces couleurs !

  3. Tina Denmark dit :

    Fantastic:-)
    Lovely pics.

  4. Cette publication est magnifique tant par la beauté exceptionnelle des photographies que par la qualité de ce récit de voyage aussi entraînant qu’enrichissant culturellement, bravo pour cette superbe pépite qui fait honneur au Mexique!

  5. Steeve Orville dit :

    Voila des vacances de rève à deux !

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