Passions obscures.

14 octobre 2008

Art


Johan Heinrich Füssli, Lady Macbeth somnambule (1781-84)
Johan Heinrich Füssli (Henry Fuseli), Lady Macbeth Sleepwalking (1781-84)
« Venez, esprits qui excitez les pensées de mort; ôtez-moi mon sexe, et remplissez-moi tout entière de la plus implacable cruauté. Endurcissez mon sang; fermez tout accès, tout passage aux remords; et que la pitié, par ses repentirs, n’ébranle pas mon cruel projet, et ne mette pas de trève entre la pensée et l’action. Venez dans mon sein de femme changer le lait en fiel, ministres du meurtre, où que vous soyez, invisibles substances qui veillez aux malheurs des hommes ! Viens, épaisse nuit, revêts-toi des plus noires fumées de l’enfer, afin que mon couteau effilé ne voie pas la blessure qu’il fait, et de peur que le ciel ne regarde à travers le rideau de l’osbcurité et ne crie: Arrête, arrête ! « 
William Shakespeare Macbeth
« Come all you spirits
That tend on mortal thoughts, unsex me here:
And fill me, from the crown to th’ toe, top-full
Of direst cruelty; make thick my blood,
Stop up the access and passage to remorse,
That no compunctious visitings of nature
Shake my fell purpose, nor keep peace between
The effect and it.
Come to my woman’s breasts,
And take my milk for gall, you murthering ministers,
Wherever in your sightless substances
You wait on nature’s mischief.
Come, thick night!And pall thee in the dunnest smoke of hell,
That my keen knife see not the wound it makes,
Nor heav’n peep through the blanket of the dark,
To cry, hold, hold! »
Macbeth, William Shakespeare

Personne ne pouvait mieux représenter Lady Macbeth que le sombre Füssli ( dont on connaît le célèbre Cauchemar. ) Les passions exacerbées, la cruauté et l’insanité se retrouvent dans cette figure dramatique, flambeau à la main. L’héroïne de Shakespeare, est habitée par une fureur malsaine, une ambition dévorante, elle aspire au sang. Figure de force, elle cherche a dépasser sa féminité, et domine totalement son mari, jusqu’a le pousser au meurtre de Duncan. Cependant, l’intrépide Lady Macbeth se voie vite devorée par le remords, le terrible sang-froid se mue en folie. C’est maintenant le sang qui l’effraie, son apparente force laisse place a une terreur ardente.Terrifiée par l’horreur de son action, elle erre la nuit dans le couloirs du chateau, persuadée de voir le sang du crime sur ses mains.
No other artist could best represent Lady Macbeth than the somber Füssli (famously known for his painting that sparked a lot of controversy, The Nightmare). Intense passion, cruelty and madness are the powerful forces unleashed by this dramatic figure holding a lighted candle in her hand. Shakespeare’s heroine — consumed by wicked fury and devoured by ambition — wishes for bloodshed. Strong-willed and ruthless, she seeks to overcome her femininity and exercise power over her husband until it leads him to murder Duncan, the king of Scotland. However, the intrepid Lady Macbeth is later on plagued by her conscience. The unbearable guilt shatters her cold-hearted exterior and drives her into fits of insanity. The blood she has spilled now haunts her and gives rise to feelings of fear and terror that refuse to go away. She wanders through the castle at night, reliving the horrors of her crime and believing that she can see, even smell, the dead king’s blood.
Lady Macbeth possède la pyschologie la plus intéressante de l’univers shakespearien, elle symbolise les sombres pulsions de l’homme, poussées a leur paroxysme. C’est un personnage bipolaire fascinant, qui oscille entre différentes passions, aveuglée par par le désir de sang, ou dominée par l’angoisse de la faute.
Lady Macbeth is the most intriguing and complex personality in the Shakespearean world. She symbolizes the dark side of man that breaks out and pushes him over the edge. She’s a fascinating bipolar character who swings back and forth between conflictiong emotions; she’s blinded by a thirst for blood and ambition yet she finds herself racked with guilt over her wrongdoings.
La scène de somnambulisme apparaît comme le moment le plus dramatique de la pièce. On entrevoit le vrai caractère de Lady Macbeth, qui s’oppose totalement a au personnage que l’on a pu voir auparavant. Si elle tente de défier les esprits, elle n’en est pas moins humaine, et la punition est fatale.
The sleepwalking scene appears as the most dramatic moment of the play. We get a glimpse of the real nature of Lady Macbeth which runs contrary to the malevolent character that she displays in the beginning. She dares to fight her demons, denying the heavy weight of her sin, yet she fails and pays the price for it. She’s human, after all, vulnerable and fragile. Her own humanity becomes a weakness and destroys her in the end.
La peinture de Füssli exalte cette insanité dévorante. Le regard perdu et effrayé, elle s’élance dans le vide, a la recherche d’une aide inexistante. Le caractère dramatique de la scène est mis en valeur par le profond clair-obscur, et souligne la violence de sa folie. Fussli apporte une dimension presque fantastique, en présentant une scène cauchemardesque, Lady Macbeth apparait comme un revenant. On retrouve ce coté fantastique dans une autre oeuvre de Füssli, Lady Macbeth aux poignards.
Ici, les époux Macbeth deviennent apparitions fantomatiques, et semblent sortis d’un mauvais rêve. Ce tableau apparaît comme une annonce de la fatalité à venir, il préfigure Lady Macbeth errant comme un revenant tourmenté.
Füssli’s painting calls attention to this overwhelming madness. With a terrified and bewildered look in her eyes, she flings herself into the void in desperate need of help that she can never find. The image of the unfolding drama is emphasized through the use of bold contrasts between light and shade (the chiaroscuro effect) in order to reveal the violent nature of her own madness. Füssli adds a quite fantastic dimension by creating a nightmarish intensity to the painting — Lady Macbeth appears like she’s come back from the dead. Again, he displays his own brand of macabre genius in another work, Lady Macbeth Seizing The Daggers. Here, the doomed couple becomes ghostly apparitions and appears to emerge from a bad dream. The painting seems to deliver a death blow, ominously predicting their tragic end and foreshadowing Lady Macbeth drifting like a ghost tormented by a gruesome crime that cannot be undone.
Johann Heinrich Füssli Lady Macbeth aux poignards (1812)

14 commentaires



  1. noreply@blogger.com (Paradis) dit :

    J’aime quand tu fais ce genre de post!

  2. noreply@blogger.com (Is') dit :

    J’adore Macbeth. J’avais du faire une analyse du prologue, il y a une telle richesse dans cette oeuvre… c’est démentiel ! Et bien sûr l’iconographie est époustouflante. Post vraiment fascinant, bravo :)

  3. noreply@blogger.com (Mike) dit :

    hey!

    j’aime ton blog!
    xxx

  4. noreply@blogger.com (Isa) dit :

    Je ne connaissais pas Fussli et Macbeth me raméne loin à ma vie d’étudiante !!
    Ou peut -on des tableaux de Füssli sur Paris ?

  5. noreply@blogger.com (Pandora) dit :

    Le Lady Macbeth somnambule est au Louvre !
    Sinon, je ne pense pas qu’il y en ait d’autres a Paris, c’est plus en angleterre que tu pourras en trouver.

  6. noreply@blogger.com (this wheel's on fire) dit :

    i LOVE Macbeth <3

  7. noreply@blogger.com (marinounette) dit :

    J’aime beaucoup !! Et la reproduction, et Shakespeare ^^ 10/10 !!

  8. noreply@blogger.com (Pandora) dit :

    Marinounette merci pour tes commentaires !
    Eclaire-moi un peu sur « news from nowhere » , c’est de qui ?
    Moi aussi je pourrais parler de tout ça pendant des heures !

    xx

  9. noreply@blogger.com (Woody) dit :

    louise, t’as reçu mon texto ou ton telephone deconne toujours?
    je t’embrasse.

  10. noreply@blogger.com (marinounette) dit :

    Alors News From Nowhere c’est de William Morris. En fait le narrateur est anonyme, mais c’est comme un double de Morris lui-même.
    Le début du roman se passe au XIXè siècle et le narrateur revient d’une réunion avec la Socialist League dont il fait partie. Il est déçu parce que les membres de la Socialist League ne sont pas d’accord sur tout et commencent à se diviser. Il s’endort, et il se retrouve projeté au XXIè siècle, et il découvre une nouvelle Londres ^^ Donc tout le roman est marqué par le contraste entre l’Angleterre morbide victorienne et une Angleterre utopique, colorée, prônant un retour aux anciennes valeurs chères à Morris.
    Voilà ^^

    Par contre, j’espère que tu aimes l’anglais parce quon ne le trouve pas en français ^^ Au mieux en version bilingue lol… voilà !!

  11. noreply@blogger.com (mademoiselleb) dit :

    Un superbe article qui m’a donné l’envie de lire le livre à tous prix ! :)

  12. noreply@blogger.com (d i a n a m u s e) dit :

    Je suis fasciné par la couleur et l’intensité émotionnelle de la première peinture. Ses yeux sont étonnants.

    I’m so glad I found you! Your blog is wonderful.

  13. noreply@blogger.com (Sandra) dit :

    Those pictures are so powerful, and you explain them with a mix of knowledgeable objectivity and an appreciation for their haunting aesthetic. Shakespeare is wonderful, I’m just glad his great words could be transformed into great art.

  14. noreply@blogger.com (Caroll) dit :

    Bizarrement je suis venue à ce forum pour la mode, et j’y reviens pour ce genre de post :) Un univers familier, beaucoup de références communes, et puis je ne peux qu’apprécier quelqu’un qui aime les préraphaelites. Tu a déjà lu La musique du sommeil et Vestiges d’Arcadia ? :)
    Amitiés,
    C.

Ecrire votre commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. les champs requis sont marqués d'un *




Back to top