Portrait d’Alma Mahler

09 février 2019

Pandora

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Texte réalisé en partenariat avec Austrian Airlines

Femme fatale, mangeuse d’hommes, muse puis veuve des quatre arts, épouse effacée et artiste étouffée, mais aussi héroïne iconoclaste, féministe balbutiante et impériale hôtesse de l’un des plus prestigieux salons artistiques de la scène culturelle viennoise, les étiquettes se bousculent lorsqu’est convoquée la figure légendaire de la redoutable Alma Malher. Comme celle de tant de femmes de son temps, son image reste soumise à la dure loi des doubles standards, oscillant sans cesse d’un pôle à l’autre d’une dichotomie qui n’autorisait aux femmes que deux rôles : celui de la muse éthérée, du coeur privé de corps, de la mère et de l’auxiliaire, ou celui, tant exploré par l’art et la littérature, de la goule dévoreuse aux funestes appâts. Au cours de sa longue et tumultueuse existence, Alma fut tour à tour l’un ou l’autre de ces archetypes, et cet esprit brillant, si peu conventionnel pour l’époque, semble même avoir pris un malin plaisir à brouiller les pistes. Bien qu’elle ait évolué dans l’ombre des grands hommes de son siècle -dont l’un lui aura légué son illustre patronyme-, cette femme hors norme ne s’est pourtant pas oubliée, et n’a ainsi jamais cessé de bâtir sa propre légende. De l’audacieuse pianiste qui au tournant du XXème siècle batifolait sur le Prater en compagnie du gratin des artistes de la Sécession, à l’auguste veuve égotique des derniers jours, son destin reste parmi les plus éclatants de cette ère figée et néanmoins riche en mutations que Stefan Zweig nommait le Monde d’Hier…

Avant d’être une séductrice, Alma fut d’abord une aspirante artiste, et cette vocation chez elle tenait assurément d’un atavisme, car elle était la fille du peintre paysagiste Emil Jakob Schindler, un proche ami et collaborateur de Hans Makart, qui était alors le maître incontesté de la scène artistique autrichienne, bien qu’il soit plus ou moins oublié aujourd’hui. Outre son talent de peintre, Emil Jakob Schindler avait été doté d’une très belle voix de ténor, et c’est au cours d’une représentation dans laquelle il figurait qu’il rencontra d’Anna Bergen, une charmante cantatrice qu’il épousa au bout de quelques mois à peine, car celle-ci était tombée très tôt enceinte. Le 31 aout 1879 naquit donc Alma, une vierge mais pas n’importe laquelle, une vierge folle de la fin août, c’est à dire à cheval entre l’exubérance du lion et l’impétuosité de la reine du ciel. Dans les premiers temps, la famille Schindler traversa une période de réelle misère, mais progressivement, les toiles du peintre se mirent à connaître un certain succès et à remporter des médailles dans les expositions, ce qui permit à la famille de vivre plus aisément, mais aussi de côtoyer les grands noms du royaume, à l’instar du prince héritier Rodolphe, qui fut pour le peintre un mécène, avant que son destin ne s’achève tragiquement à Mayerling. De son enfance, Alma devait se souvenir comme d’une bulle de beauté et de privilèges, elle qui très tôt consolida son sens esthétique grâce aux tableaux et aux précieux bibelots dont elle était chaque jour entourée. De plus, son père étant un membre important de l’élite artistique viennoise, il recevait par conséquent les visites fréquentes des grands artistes de son temps, et il est donc certain que cette atmosphère propice à la création dût fortement impacter la jeune fille en devenir. Toutefois, sous ce vernis de bonheur grondait déjà la fatalité, car la mère d’Alma entretenait depuis plusieurs années une liaison avec Carl Moll, l’élève et assistant de son époux. Et en 1892, la lumière s’éteignit brutalement dans le coeur insouciant de la jeune fille, qui avait alors treize ans, lorsque son père adoré succomba à une appendicite, la laissant pour toujours orpheline de cette figure masculine qu’elle avait tant admiré. 

Suite au décès du peintre, le tout Vienne abonda en hommages, on lui dédia une rue et il eût même droit à sa statue. Néanmoins en privé la situation était toute autre, car inévitablement, c’est Carl Moll qui avait remplacé ce dernier en tant que chef de famille, et Alma en était terriblement enragée. Mais elle avait beau haïr ce beau père qui lui avait été imposé, et ne pas manquer une occasion pour le lui faire remarquer, cette nouvelle figure paternelle eût pour elle le rôle de catalyseur, car Carl Moll était lui aussi un artiste reconnu, et c’est par lui qu’elle accéda à l’avant-garde viennoise. En effet, Moll fut le co-fondateur de la Secession, il en devint même le président au tournant du siècle, ce qui offrit à sa belle-fille la chance de pouvoir s’épanouir au plus près de cette génération d’artistes prometteurs. Ainsi, la jeunesse d’Alma est semée de noms illustres : promenades avec Gustave Klimt et Fernand Khnopff sur le Ring, discussions enflammés avec la crème de la Secession, expositions, bals et champagne, en bref, une ébullition de plaisirs dont cette nature exaltée savoura chaque instant. De cette coterie d’artistes, Alma devint vite la reine incontestée, étant à la fois la muse, mais aussi l’amie, la conseillère ou l’amante rêvée. Il faut dire que, belle et enjouée, mais aussi quelque peu dominatrice dans l’âme comme l’était sa mère, Alma cherchait toujours à être au centre de l’attention, ce qui ne lui était pas difficile car son esprit vif, ses tenues originales qu’elle élaborait avec soin, et ses attitudes fantaisistes à la limite de l’insolence en faisait un être à part. Dans les salons comme dans les expositions, Alma était celle dont on cherchait l’approbation, celle à qui l’on montrait ses toiles en premier, et la jeune femme, qui était quelque peu imbue d’elle-même comme le sont parfois les jeunes filles, se gorgeait de cette importance. Je l’imagine un peu comme Scarlett O’Hara dans la scène de bal chez les Wilkes, à la fois cruelle et légère, entourée d’une foule de prétendants à qui elle assène des réparties dévastatrices, tout en papillonnant d’une tête à une autre. Mais si Alma faisait succomber les coeurs, ce n’était pas seulement par vanité, c’est aussi et surtout parce qu’elle était dotée d’une nature passionnée, et n’aspirait qu’à tomber amoureuse d’un homme à sa mesure, qui l’emmènerait tutoyer les sommets.

Gustav Klimt en 1911

Le premier qui gagna son cœur fut nul autre que Gustav Klimt. «Il est le seul qui m’ait jamais plu et me plaira jamais» écrivit-elle, se mourant d’amour pour celui qu’elle considérait comme le meilleur artiste de sa génération. Mais elle eût beau rêver qu’il la demande en mariage, il ne fut pas non plus question pour elle de se conduire en oie blanche, car elle se considérait presque comme son égale, et ainsi se permit-elle de jouer avec lui, de le taquiner ou de lui parler en critique éclairée. En effet, Alma n’était pas seulement une jolie femme, elle était aussi intelligente, et son opinion était auréolée d’importance. Ainsi au cours d’un diner, lorsque dans une discussion survint un désaccord sur la Sécession, tous les convives se tournèrent vers elle, et cette dernière s’élança dans un réquisitoire passionné en faveur du mouvement et de Klimt. Il faut savoir que le génie et l’intelligence étaient pour les théoriciens de ce temps des qualités strictement masculines, et la femme artiste apparaissait comme une absurdité, une nature qui avait été détraquée. Au mieux, on accordait aux femmes l’imitation, mais pour ce qui était de la création il fallait qu’elles couchent avec un artiste, car les femmes, demi-bêtes faites pour l’amour, instincts avant d’être esprits et nerfs avant d’être consciences, étaient des « sexe(s), rien de plus». L’assurance d’Alma était donc ô combien rare pour une femme de l’époque, mais la société viennoise était aussi peut-être plus en avance par rapport à la France! Pour en revenir à Klimt, leur passion hélas n’alla pas plus loin que quelques baisers fougueux, et un climax érotique qui vit leur jambes se frôler, au cours d’une soirée où, pour faire sécher la robe de la jeune femme sur laquelle il avait peut-être délibérément renversé son verre de champagne, le peintre étala la robe mouillée de cette dernière sur ses propre genoux.

Pour protéger la jeune fille de cet amour qu’ils jugeaient déraisonnable, sa mère et son beau-père l’emmenèrent avec eux en Italie, lors d’un voyage itinérant qui dura près de deux mois. Mais, tour de force du destin, Klimt les y suivit, et la fuite se transforma en chassé-croisé. Dans les mémoires qu’elle rédigea vers la fin de sa vie, Alma raconte que le peintre surgissait tel un pantin sur ressort au détour des ruelles de Naples ou de Venise, mais ces confessions sont à prendre avec réserve, la muse ayant comme beaucoup cédé aux sirènes de l’exagération romanesque avec l’âge. En tout cas, une chose est sûre, c’est que Carl Moll parla à Klimt et le ramena à la raison, ce qui ne fut pas très difficile car celui-ci avait quand même vingt ans de plus qu’Alma, que son attirance pour elle était plus charnelle qu’amoureuse, et qu’il était de plus déjà sérieusement engagé dans une relation avec sa belle-soeur par alliance, la créatrice de mode Emilie Flöge. «Je vous apprécie trop pour vous entrainer dans la fange dans laquelle je m’enfonce» lui dît-il, «vous méritez d’être heureuse, soyez-le avec un autre, je n’ai rien à vous offrir». Et c’est ainsi que le couple maudit se sépara place San Marco, et ce dénouement dramatique ne satisfit pas l’âme romanesque d’Alma, qui alla noyer ses larmes dans les eaux sombres de la cité des doges. «La mer est grande, mais qu’est ce qu’au regard de ma souffrance ?» 

En dehors de la douleur sentimentale qu’elle lui causa, cette rupture eut d’autres conséquences sur Alma, car cette fiévreuse chasse de plusieurs mois avait allumée en elle un feu insatiable, celui d’une sensualité bourgeonnante qui ne demandait qu’à éclater au grand jour. Bien qu’auparavant cette dernière avait clamé son dégout de l’acte de chair, qui lui était survenu après qu’elle ait assisté par hasard au spectacle d’ébats canins -«brr s’ils font la même tête que les chiens, c’est vraiment écœurant» avait-elle d’ailleurs écrit dans son journal-, après cette aventure avortée avec Klimt, la donne avait changée : «ma sensualité est sans borne, il faut que je me marie». Et cette hâte était telle que la jeune fille allait même jusqu’à confesser de rêver de se faire violer, ce qui était somme toute assez déroutant. En attendant, à défaut de trouver le parfait candidat au mariage, Alma continuait de se griser de son pouvoir de séduction. Ainsi dans les bals, elle se glorifiait de recevoir des dizaines de bouquets et autant de prétendants, séduisant pour se sentir adorée, prenant, rejetant, puis reprenant, une jeune fille libre en somme, mais toujours célibataire ! Plusieurs découvertes sensuelles devaient toutefois marquer ces années d’expérimentation: d’abord, il y eût la main que le metteur en scène Max Burckhard fit glisser sous sa jupe, et jusqu’en haut de ses cuisses, puis la bosse qu’elle observa sur le devant de son pantalon, et enfin, le baiser qu’ils échangèrent un jour, qui malheureusement la repoussa plus qu’il ne l’attira. «C’est horrible, il m’a embrassée avec la langue» s’indigna-t-elle! D’autres flirts suivront, le ténor Erik Schmedes, l’artiste Koloman Moser, le compositeur Alexander von Zemisky avec lequel elle faillit perdre sa virginité, le co-fondateur de la Sécession Joseph Maria Olbrich, et le peintre Fernand Khnopff. Le tableau de chasse est prestigieux ! Il est surprenant de voir la grande indépendance avec laquelle Alma vécut à l’époque, elle qui semblait se promener librement aux bras d’hommes entreprenants alors que d’ordinaire les jeunes femmes non mariées ne pouvaient sortir sans chaperon, et voyaient leur entrevues extrêmement codifiées. Alma au contraire transgressa largement ce carcan de codes, mais les cercles artistiques dans lesquels elle évoluait n’étaient pas totalement délivrés de la morale bourgeoise, et aussi, fatalement sa réputation se mit bientôt à en souffrir, et l’électron libre fut sommé de se stabiliser. 

Gustav Mahler.

 Alma était de caractère passionné, et ainsi tout chez cette femme fut prétexte à l’exaltation, que ce soit à travers l’art ou l’amour, chaque émotion fut pour elle vécue avec excès. La musique était sa plus grande obsession, et au sommet de son admiration se tenait Richard Wagner, mais aussi Gustav Malher, dont les compositions la bouleversaient, « jamais je n’ai ressenti la musique de cette façon, j’en ai pleuré» écrivait alors la jeune autrichienne. Elle-même pratiquait le piano avec assiduité depuis son adolescence, et composait de la musique, une activité très intime à laquelle elle ne pouvait se livrer que lorsqu’elle était seule. Ses gracieux lieder peuvent aujourd’hui encore être entendus, mais il est regrettable que sa production s’en soit arrêtée là, elle qui pourtant ambitionnait de composer un Opéra : «je voudrais accomplir une grande action. Je voudrais composer un opéra vraiment bon, ce qu’aucune femme n’a encore jamais fait. Oui, c’est ce que je voudrais. En un mot, je voudrais être et devenir quelque chose…». La faute en est au climat misogyne qui régnait en maître sur ce début de siècle, et bien qu’Alma fut par son indépendance assez en avance sur son temps, elle resta néanmoins tristement captive des idées de son époque, ayant entre autres lu Schopenhauer et Weininger. Tour à tour progressiste et conditionnée, la musicienne fut toute sa vie tiraillée entre une intelligence aiguë qui la poussait à questionner le fondement même des conventions, et une certitude que cet ordre patriarcal était juste, ce qui la conduisait à valoriser la position auxiliaire de muse. Dans son journal, il est désolant de la voir se lamenter sur l’infériorité supposée que lui imposait selon elle son cerveau de femme.

A défaut de trouver en elle le génie, c’est par procuration qu’Alma allait le vivre, lorsqu’en 1901 elle fit au cours d’un diner la connaissance du compositeur qu’elle admirait tant, Gustav Malher, le seul avec Wagner qui avait grâce à ses yeux, et qu’elle suivait parfois dans les rues de Vienne tant son engouement était grand. Chose étonnante, à cette soirée étaient également présents Gustav Klimt et Max Buckhard, en somme, le passé, le présent et le futur étaient pour elle réunis en ce jour marquant. Malher, qui était directeur de l’Opéra de Vienne et avait vingt ans de plus que la jeune femme, l’impressionnait considérablement, et si ce dernier n’avait jusqu’ici jamais vraiment fait montre d’intérêt envers les femmes -on suppose qu’il était vierge-, cela changea avec Alma, et il se mit très vite à la prier de l’épouser. Tout à première vue, sembla donc être un conte de fées : être courtisée par un homme célèbre et adulé, pouvoir vivre sa sexualité au grand jour, avoir une place dans le monde, le tableau était séduisant ! Mais, si en apparence elle se montrait séduite, au fond Alma était pétrie de doutes quand à cette union, car elle n’y reconnaissait pas la passion qu’elle attendait. En réalité, cet amour tenait surtout de l’admiration artistique. Autre facteur de doute, Malher se montrait très dominateur, et manifestait le souhait de la voir arrêter totalement sa musique afin de pouvoir consacrer entièrement à la sienne, ce qui bien évidemment la révoltait. Pour cet homme obtus, l’idée d’un couple d’artiste était dégradante, et il confessait sans honte n’admirer en Alma que sa seule beauté, tâchant par ailleurs de lui apprendre que ses opinions n’avaient éveillé un intérêt chez les hommes que parce qu’elle leur avait été agréable à l’œil… Charmant.

Un temps, Alma pensa annuler les fiançailles, une démarche dans laquelle l’encouragea même sa mère, mais, mue par un esprit de sacrifice, et aspirant à élever une nature qu’elle jugeait trop imparfaite et encline à l’orgueil, elle accepta finalement de se soumettre à Malher.«Il a besoin de moi » écrit-elle « je veux m’occuper de lui, lui donner ma jeunesse et mon énergie ». Hélas, ce fut une erreur. «Dès le début il me fut étranger» confia-t-elle, et pire encore, c’est l’odeur même de son époux qui la repoussait, ce qui on s’en doute n’encouragea pas les rapports sexuels timides qui succédèrent à leur hyménée. Les temps bouillants de Klimt étaient loin! Il est regrettable de voir que l’intimité des muses ou épouses est toujours disséquée sans pitié, quand a contrario que celle des « grands hommes » reste soumise à discrétion, et si on ne sait par conséquent pas grand chose sur la vie sexuelle de Malher, quelques échos nous indiquent cependant que le compositeur était quasi-impuissant, et dût ainsi laisser inassouvie sa sensuelle épouse. 

Alma et ses filles

A ce mariage bâclé et trop vite accepté, succéda pour Alma une morne vie de muse soumise. Envolées les insouciantes fêtes viennoises où elle brillait par son panache, désormais son emploi du temps était réglé à la minute près, et chacune de ses minutes centrée autour du sacro-saint travail de Malher. Et pour ne surtout pas perturber sa concentration, il fallait qu’elle veille à accomplir les tâches domestique dans le silence, ce qui n’est pas sans rappeler les préceptes énoncés quelques années auparavant par l’écrivain et néo-mâge Sâr Péladan, qui dans son ouvrage Comment Devenir Fée énonçait le code de conduite de la parfaite femme d’artiste, qui se devait d’être discrète, subordonnée, et consciente de son infériorité afin de mieux accomplir son but suprême, qui était de servir l’artiste. Pour Alma, ce fut donc le temps des désillusions, «Il parlait toujours de sacrifices pour mener son travail, je commence à comprendre… ».  Contrairement à son épouse, Malher n’était pas un esprit libre, et comme bien des hommes de son époque il ne chercha pas à s’intéresser aux aspirations de sa femme, cherchant seulement -et fermement- en elle l’épouse dévouée. «Tu n’as désormais qu’une seule profession – me rendre heureux» lui disait-il.

Au cours de leurs neuf ans d’union, Alma donna deux filles à Gustav, dont l’une mourut en bas âge, mais elle eût du mal à aimer ses enfants, peut-être pour l’entrave à sa liberté qu’ils représentaient à ses yeux. Sans but et sans accomplissement, inévitablement l’ennui la gagna, et Malher se changea en Malheur. Alors, Alma se mit à boire, et excessive comme toujours, ce ne fut pas qu’à moitié, car, quand elle ne «champagnisait» pas ses soirées, celle que l’on surnomma plus tard la «reine de la D.O.M. Bénédictine» allait jusqu’à en consommer une bouteille par jour. Frustration et délaissement furent donc les maîtres mots de ce mariage, maux on pourrait même dire. Le séjour que passa à New York le couple n’y changea pas grand chose, mais le destin finit heureusement par intervenir en faveur de cette Emma Bovary en devenir, lorsque cette dernière eût un coup de foudre pour un jeune architecte de vingt-sept ans qu’elle avait rencontré au cours d’un voyage dans le tyrol, Walter Gropius, le fondateur de l’école du Bauhaus. Comme le dit Françoise Giroud, Alma était attirée par le talent avec la même ferveur que d’autres montrent pour l’argent. Non seulement cette aventure lui rendit son âme de jeune fille, mais elle eût aussi pour effet de réveiller l’attention de son époux, qui fut terrorisé à l’idée de la perdre. Il faut dire que dans une formidable acte manqué, l’amant distrait avait par erreur envoyé à l’époux légitime la lettre qu’il avait écrite à destination de sa femme. Paniqué, Malher fit donc tout pour la reconquérir: il part consulter Freud, l’inonde de cadeaux et lui dédie sa huitième et dernière symphonie, aujourd’hui mythique. Malheureusement, le couple ne devait pas connaître de seconde chance, car à peine un mois après, Malher décédait des suites d’une infection généralisée, laissant Alma avec un rôle nouveau qu’elle allait comme à son habitude habiter avec orgueil et panache, celui de l’imposante veuve. 

Oskar Kokoschka, La fiancée du vent

Si elle se montra éplorée après ce drame, Alma ne le resta cependant pas longtemps, car deux ans plus tard, elle fit la connaissance du peintre Oskar Kokoschka, un excessif comme elle, dont les excentricités laissaient perplexe le milieu artistique viennois. Tous deux furent foudroyés. Grâce à cette passion dévorante, qui fut satisfaisante sur le plan charnel, Alma connut enfin l’amour violent dont elle avait toujours rêvé, mais hélas, cette intensité n’allait pas sans revers, car Oskar avait un tempérament irascible, et était prompts aux plus grands débordements. «Il y a en lui tant que j’aime» dit-elle «mais il me fait souvent peur»,«je ne me suis jamais autant déchirée avec quelqu’un mais je n’ai jamais goûté autant d’instants de bonheur parfait». Inévitablement, la romance à la Belle du Seigneur se transforma en cauchemar, car Alma, enceinte, dût se faire avorter, et Oskar, qui était furieusement jaloux de Malher, bien que celui-ci soit passé depuis longtemps à trépas, embrassait les portraits du défunt pour le conjurer, refusait de se vêtir d’autre chose que du pyjama qu’il avait subtilisé à sa compagne, et lui demandait de le frapper durant leurs ébats. Ce n’est pas tout, car ce dernier ira jusqu’à voler les papiers d’Alma pour publier sans son accord l’annonce de mariage. Pour Alma, cette relation logiquement était devenue invivable, mais elle trouva un exutoire en se plongeant à nouveau dans la composition, et en tenant chez elle un salon qui rassemblait les personnalités artistiques de son choix, au centre duquel elle trônait, vêtue de son éternelle robe de lamé or, comme un habit de guerre.

De plus en plus lassée par les outrances de son amant, Alma finit par quitter Oskar, peut-être précipitée dans son choix par la présence devant son appartement de la mère de ce dernier, qui l’attendait avec un revolver au cas où l’impudente aurait l’idée de revoir son fils. Voilà comment on construit une image de femme fatale! Dévasté par le départ de sa fiancée du vent, du nom de la célèbre toile qu’il avait réalisée pour elle -« je t’épouserais lorsque tu auras peint un chef d’oeuvre », lui avait-elle ordonné-, Oskar trouva un exutoire de plus bizarres à sa douleur, ultime extravagance qui allait couronner cet amour monstre. En effet, c’est pour tenter de conserver auprès de lui celle qu’il surnommait son «idole», qu’il fit confectionner une poupée grandeur nature à son effigie, en insistant lourdement sur son souhait de ressemblance la plus fidèle possible, «parties honteuses» comprises. En somme, une poupée gonflable de luxe, un ersatz illusionniste d’Alma. Hélas, le pantin grossier qu’il reçut ressembla plus à une de ces photographies de fétichistes du mohair en total look qu’à une femme de chair, mais ce raté n’empêcha pas l’artiste d’emmener partout avec lui sa nouvelle conquête, allant même jusqu’à se faire photographier à ses cotés. Heureusement pour la morale, Oskar finira tout de même par détruire ce désolant fac-similé de femme au cours d’une soirée d’ébriété, mais si la poupée de chiffon s’en alla brûler avec les flammes, sa passion pour Alma elle, ne devait malheureusement jamais s’éteindre…

La poupée Alma.

Tandis qu’Oskar glissait lentement sur la pente de la démence érotique, Alma épousait avec son ancien amant Walter Gropius, avec lequel elle avait repris contact lorsque la relation avec Kokoshka commençait à se déliter, mais le démon de l’infidélité ne tarda pas à la reprendre. «Je suis trop multiple pour pouvoir poser mon âme sur un seul cœur », elle qui à près de quarante ans n’entendait toujours pas que l’on lui dicte sa ligne de conduite. La liberté toujours, et bien que sa beauté autrefois superbe avait été quelque peu altérée par les agapes journalières de Bénédictine, cela n’empêcha pas cette Scarlett O’Hara viennoise d’aspirer à jongler avec les prétendants comme au temps de ses premiers succès. En réalité, leurs rangs s’étaient depuis quelques peu décimés, et s’il y eût un flirt réussi avec l’écrivain Franz Werfel, la conquête de Thomas Mann et de Vassily Kandinsky au contraire échoua. Mais qu’importe, un succès valait mieux que rien du tout! Et puis, il y avait la guerre, mais cela ne semblait guère l’affecter, car tandis qu’au loin faisaient rage les combats et que Gropius chaque jour risquait sa vie dans les tranchées, Alma s’enfonçait à rebours dans un égocentrisme forcené, dernière lutte de cet esprit fantasque que la chute du monde d’hier bouleversait. Gropius, on le comprend, ne lui pardonna pas cette désertion et le mariage s’étiola, mais Alma, éternelle séductrice, avait déjà un nouvel amant, il était romancier et s’appelait Franz Werfel…

Et c’est le ballet des amours complexes qui à peine enterré, devait aussitôt ressurgir : Alma trompa Gropius avec l’écrivain Werfel, conçut un enfant avec ce dernier, mais tous deux s’en disputèrent la paternité, aussi proposa-t-elle d’instaurer un ménage à trois, hélas elle était résolument trop anti-conventionnelle pour les mœurs de Gropius, qui divorça, la laissant libre de se marier avec Werfel, ce qu’elle fit, bien sûr. Et cette fois, ce fut Alma qui domina le ménage, car, profitant de son expérience de compagne d’artiste et de ses dix ans de plus, elle eût pour ce troisième époux un rôle déterminant, celui de coach, afin de le mener à l’accomplissement de son art. Un but rêvé pour celle qui se sentait depuis toujours dominatrice-née, et que les hommes successivement avaient tenté d’entraver. Alma étant de base le maître et Franz l’élève, on est heureux de constater que cette fois les rôles étaient bel et bien inversés. L’adage dit qu’on ne change pas, et vous imaginez que si Franz fut le dernier époux d’Alma, peut-être pas celui qu’elle aima le plus, mais celui qui sut en tout cas la respecter le plus, cela n’empêcha pas cette éternelle sensuelle de continuer sa quête de séduction, et son ultime victime fut un prêtre, dont elle s’éprit sans succès. De cette sentimentalité tumultueuse, orageuse presque, sa fille en sera l’héritière, elle qui se maria cinq fois!

Alors Alma, artiste frustrée ou mangeuse d’homme ? Si l’histoire et l’opinion ont principalement retenu d’elle une personnage de femme fatale, que son image des dernières années n’ira pas démentir (son gendre la décrira comme une ogresse terrorisante, monstre d’égoïsme absorbant des quantités pantagruéliques de nourriture et d’alcool), Alma était aussi une femme dotée d’une grande sensibilité artistique, qui fut sans nul doute entravée par une société misogyne. On ne peut donc que regretter qu’elle se soit surtout occupée à construire la gloire de ses époux, pensant à tort se réaliser en tant que compagne d’artiste, tirant dans l’ombre les ficelles du génie.

 

La veuve théâtrale des dernières années.


42 commentaires



  1. Hélène dit :

    Quel post intéressant! Merci de partager tes recherches avec nous, c’est très instructif.

  2. Clem dit :

    Waouh merci pour ce bel article ! C’est super intéressant, ces faces cachées de l’histoire de l’art !

  3. lauriane dit :

    Très bel article! très bien écrit! continue on se régale! ^^

  4. Elynor dit :

    Wahoo mais quelle vie, j’en ai le tournis!

  5. Marie dit :

    Bonjour Louise. Je vais être très originale en commençant par te dire que j’aime beaucoup ton blog, que je trouve très enrichissant (contrairement à certains hem hem). Cela fait un petit moment que je te suis et je n’ai jamais posté de commentaire (je ne suis pas très friande de ce genre de choses, point de vue personnel évidemment, je ne juge personne!) mais je m’ennuie tellement au travail que pour une fois je me dis pourquoi pas? Et puis ce n’est pas tout à fait désintéressé… J’aurais une question, à laquelle j’espère ça ne t’ennuiera pas de répondre. Vois tu, pendant toute mon adolescence j’ai été passionnée par la musique (rock/folk) des années 1960 et 1970 (aimant en particulier Hendrix, Cream, Stones, Dylan, CSN, Neil Young, Bowie, Ten Years After, Van Morrison, Velvet Undergroung etjemarrêtelàsinonjysuisjusquàdemain, et puis bon je suppose que tu connais!) sans prendre trop le temps de découvrir les groupes plus récents, tant cette période fut prolifique. Puis, j’ai un peu délaissé le rock/folk pour le blues, le jazz et la musique classique. Ma question est donc celle-ci: pourrais-tu me conseiller des groupes actuels (depuis fin 1990 début 2000 à aujourd’hui) qui auraient su garder l’esprit et la recherche mélodique des groupes cités plus haut. Je me sens un peu perdue dans mes recherches sur internet, et tu as l’air de bien t’y connaître, alors je tente :)
    Je profite aussi du fait que tu parles de Klimt dans ton article pour te dire que je trouve troublant la ressemblance entre toi et
    sa version de Judith de Judith et Holopherne, mais peut être l’avais tu déjà remarqué. Merci pour ton joli blog et bonne chance pour ce que tu entreprendras par la suite! Marie

  6. Shoubbi dit :

    Salut! Et merci pour cette article. Je n’avais jamais entendu parler de cette femme, qui a pourtant traversé son temps avec fougue et panache. Assez etrange ce parcours de « femme de » vu d’un prisme actuel ou la realisation de soi passe par une realisation personnel. Cette vie semble une bonne illustration à la maxime qui veut que derriere chaque grand homme il y est une femme. Quand on voit son « tableau de chasse » et les passions qu’elle a dechainées, on peut effectivement raisonnablement penser qu’au dela de la beauté, elle devait avor un charme, une aura artistique seduisant les artistes de son temps:

  7. Diane dit :

    Je ne connaissais pas Alma Malher et je me suis régalée. J’adore ta façon de raconter, tout en finesse avec des détails croustillants. Merci pour cette belle découverte!

  8. Laura M. dit :

    Je ne connaissais pas du tout cette femme. Quelle vie amoureuse elle a eu ! Je suis toujours surprise de voir qu’au début du 20ème & jusqu’au milieu du 20ème siècle, certaines femmes osaient mener leur vie comme bon leur semblait, peu importe ce que les gens en pensaient. Parfois, j’ai l’impression qu’elles avaient plus de libertés (même si ce n’était pas toujours le cas) que les femmes d’aujourd’hui. Quand je vois tout ce que les femmes nées à la fin du XIXème siècle ont fait, je suis épatée. Elles ont révolutionné une partie de la société, aidé à l’évolution des moeurs. Qu’elles soient courtisanes, artistes, créatrices de mode, épouses de.

    Petit aparté : j’ai enfin trouvé le livre de Jean Chalon sur Liane de Pougy, je devrai le recevoir dans les prochains jours. D’ici peu j’entame celui de Laure Adler sur Les Maisons Closes. Encore merci pour ces suggestions de lecture !!!!
    Je pense également acheter celui sur La Casati, des éditions Assouline. J’ai lu cet été celui écrit par Camille de Peretti & depuis, j’ai vraiment envie de découvrir cette femme. Alors là aussi, je te remercie car c’est en te lisant que j’ai découvert La Marquise & sa vie passionnante.

  9. Isaure dit :

    Je confirme avec Marie, j’ai remarqué ça également hier en consultant un ouvrage sur l’art sous la sécession viennoise; la ressemblance est assez frappante !

  10. Marie dit :

    Bonjour, moi aussi je ne laisse jamais de commentaire alors que je passe quasiment tous les jours voir les nouveaux post. Mais cette fois ci je fais une exception et j’en profite pour te remercier de nous faire découvrir tant de choses fantastiques et de nous faire partager ton univers. Et surtout merci pour tes bibliographie dont je suis très friande c’est vraiment un plaisir de pouvoir à mon tour rêver devant ces splendide ouvrage (Bon après je pense que ma banquière elle, elle est beaucoup moins ravie que j’agrandisse ma bibliothèque mais c’est une autres histoire). Donc un grand merci du fond du cœur pour ta passion et ton partage de celle-ci.
    Pour en revenir « à nos mouton » je voulais laisser un commentaire car il me semble qu’au mois de novembre/décembre Arte à diffuser assez tard un long reportage sur Alma. Je ne suis pas sure c’est a vérifier mais si je ne me trompe pas ça pourrai peut être t’intéresser.

  11. Lou dit :

    Mais si on l’a lu ton article ! Et on l’a apprécié en plus ! Très intéressant et bien construit comme toujours. Bisous

  12. Jolène dit :

    Merci ! Très bien écrit, on en apprend énormément en s’imaginant vivre à ses côtés. J’aime beaucoup te lire, c’est fluide et tu trouves toujours des petits détails qui font la différence.
    A très bientôt,

  13. Olivia dit :

    Bonsoir Louise

    je suis depuis longtemps ton blog, pourtant je ne laisse jamais de commentaire, va savoir pourquoi….

    Je suis violoniste de métier – en plus de mon travail dans la mode – et ton article m’a particulièrement touchée!
    Je connaissais l’histoire de Alma Mahler, mais tu as su faire un superbe portrait, faisant le lien entre le personnage, le caractère, l’époque, le contexte viennois du début du siècle dernier, bravo!

    Mon arrière grand-mère était peintre à une époque où les femmes dans ce milieu n’étaient pas monnaie courante, elle a connu Gropius, Olbrich et tout ce mouvement… j’aimerais t’en dire plus à l’occasion si cela t’intéresse…

    J’aime beaucoup cette nouvelle série d’articles que tu publies, elles prouvent que ta passion est fondée sur un vrai savoir, une grande connaissance.

    Encore bravo!

  14. Bee dit :

    Comme toujours un superbe article ! Merci ;)

  15. Cecilialuciaf dit :

    Bonjour Louise,

    j’ai beaucoup apprécié ton article et je me demandais si tu avais des conseils de lecture pour approfondir le sujet et puis de manière plus générale sur Vienne en 1900

    Toujours un plaisir de te lire <3
    bonne continuation

  16. Dauphine dit :

    Bonjour Louise,
    Comme d’autres, j’assiste avec émerveillement au renouveau de ton blog et j’apprécie tout particulièrement l’alternance entre articles de fond, shootings et photos de street-style. Je ne connaissais pas Alma Mahler, mais dernièrement, je me suis découverte une passion pour l’objectum sexualité et l’anecdote sur la poupée d’Oskar Kokoschka m’a interpellée. Tu dis avoir lu une biographie sur Alma M, pourrais-tu, s’il-te-plait, me préciser de laquelle il s’agit ? Merci beaucoup !

  17. Koukla dit :

    Bonjour Louise.
    J’admire toujours autant ton travail au fil des années.
    Je viens de lire le commentaire de Marie, un peu plus haut, qui évoque la ressemblance frappante entre toi et la Judith de Klimt.
    A ce sujet, je ne sais pas si tu connais le travail de ce photographe mais j’ai réellement cru que c’était toi le modèle sur la première photo:
    http://ifitshipitshere.blogspot.fr/2009/02/essence-of-klimt-compared-to-real-thing.html
    A bientôt.

  18. jeanne berre dit :

    Merci pour ce très beau portrait. Pour en revenir à Klimt, sa compagne Emilie Flöge avait crée un salon de mode très en vue à Vienne. Une toute petite partie de ces créations sont visibles dans le livre intitulé « Klimt et la mode » des éditions Assouline. C’est une très belle source d’inspirations.

  19. Roxane dit :

    magnifique! :) trop peu de gens connaissent son histoire :) On me l’avaient assignee pour un cours d’histoire de la femme et j’ai eu le plaisir de lire sur sa vie amoureuse pour le peu… tumultueuse? haha. Comme toujours, un article riche et interessant. !

  20. KizzyDoll dit :

    Superb…sorry I am late in reading…crazy busy times…loved this article. I learned of the story long ago, but it is so grand to see it still shared. Makes for more interesting reads on my blog reading ventures….something deeper, not just an outfit post of the same old trends. Well done…loved <3

    • Louise dit :

      Hélène : De rien, j’adore écrire ce genre d’article !

      Clem : merci, c’est ce que je préfère dans l’histoire, c’est les petits anecdotes secrètes et oubliées.. :)

      Lauriane : Oh merci <3 Il y en aura toutes les deux semaines à l'avenir !

      Elynor : Et oui..on savait vivre à l'époque !!

      Marie : Merci Marie, c'est gentil de laisser un mot ;) Tu sais, je suis un peu comme toi, super fan de groupes 60's et 70's, et du coup je ne connais presque rien actuellement..Ce qui est dommage ! Mais, j'ai quand même découvert des groupes sympa, sue tu devrais apprécier, dans le genre rock psyché 70's : Black angels, Tampe Impala, Warlocks, Raveonettes, Wall of Death, BRMC, Brian Jonestown Massacre...Toute ce mouvement est vraiment super, tu me diras ce que tu en as pensé ! Héhé c'est drôle pour Judith, car on me l'a très souvent dit ! C'est vrai, je dois reconnaître qu'il y a vraiment quelque chose. Moi qui était désolée de ne pas avoir de doppelganger, j'en ai un illustre :D

      Shoubbi : Oui, mais c'est le problème d'avoir eu des amants aussi célèbres, Alma s'est faite avaler par eux, et donc oubliée..Je pense aussi que ce n'est pas que la beauté, car Alma a fasciné à toutes les époques, si elle a eu un destin aussi brillant c'est aussi car elle était très douée, sensible et spirituelle !

      Diane : "Croustillant" c'est exactement ce que je cherche ! J'adore revoir l'histoire avec un ton "croustillant", dépoussiérer un peu, et me concentrer sur les petites anecdotes amusantes, c'est tout ce que j'aime, même si ça peut faire gueuler les puristes :D

      Laura M : Je ne suis pas d'accord, elles avaient beaucoup moins de libertés, et rares étaient celles qui pouvait faire ce que bon leur semblait, car une femme qui sort des limites imposées par la société sera aussitôt déclassée. Pour être libre il fallait être très riche, bien née, et assez installée dans la société pour prendre le risque d'être audacieuse sans être reniée. Et Alma n'a pas été libre, elle dépendant avant tout des hommes, comme toutes les femmes. c'est eux qui lui ont apporté son nom, sa situation, ses relations..Les femmes ont fait beaucoup à l'orée du XXème, c'est sûr, mais leur liberté était quand même extrêmement limitée.
      Oh si tu as lu le livre de Peretti tu dois absolument lire l'autre, car il s'agit d'une biographie très intéressante, qui n'est pas entaché par les délires égocentriques de Peretti, qui rapporte sans cesse à elle chaque anecdote concernant la Casati, et ne nous apprends absolument rien de neuf (je lui avait un jour demandé ses sources, elle était incapable de me répondre, alors elle m'a tourné le dos, pff...la pauvre..)

      Isaure : Oh je suis trop flattée !!!

      Marie : Merci beaucoup !! J'adore partager es découvertes littéraires, car je suis folle de livres !! Surtout de biographies, miam ! C'est en effet un sacré gouffre financier, mais avec Amazon on trouve plein de supers ouvrages pour presque rien, en cherchant bien. Ma bibliothèque est déjà presque pleine, c'est dramatique haha !
      Suis ravie que ma passion trouve un écho aussi enthousiaste <3
      (ce reportage m'intèresse beaucoup !!!)

      Lou : Ah je sais pas, j'avais l'impression que non..Il y a eu très peu de réactions..ca peut paraître bête mais sur ces choses qui me tiennent tant à coeur, j'ai besoin d'être encouragée..Merci pour ton petit mot ;)

      Jolène : Merci, c'est gentil !!! Oh quel beau métier, quelle chance, c'est merveilleux ! Je suis très flattée que ce portrait ai plu à une
      connaisseuse, c'est un très beau compliment..J'aimerais beaucoup en savoir plus sur ton arrière grand-mère oui, ça m'intrigue beaucoup !!!
      Merci pour ce que tu me dit sur ces articles, ils me tiennent tant à coeur, et me font découvrir des personnalités incroyables..

      Bee : merci Bee, c'est gentil de me laisser un mot à chaque fois <3

      Cecilialucia : Merci ! MMmm, il y a le catalogue de l'expo Vienne 1900 qui est pas mal, tu peux trouver un ouvrage sur la Sécession aussi, il y en a plein, et peut être une biographie sur Klimt, Kokoshka ou Schiele :) Tu me diras !

      Dauphine : Merci beaucoup ! C'est exactement ce que je veux mettre en avant ici, et arriver à mélanger à part égales : articles et culture, mode, photographies et mises en scène . Je suis donc très heureuse que ce soit remarqué !! Ah le poupée, quelle anecdote fascinante ! Je te conseille la biographie de Catherine Sauvat, j'ai oublié de le preciser dans l'article pardon :s

      Koukia : Oh merci <3 On me l'a souvent dit oui, c'est pour moi un immense compliment ! C'est bizarre cette histoire avec Klimt, car j'ai également la même corps que les femmes nues qu'il peint, ce mélange entre hanches très larges et reste du corps fin..Décidément, je suis née à la mauvaise époque :D

      Jeanne berre : Oui, j'adore Emilie !! Et ses créations sont fabuleuses...J'ai bien évidemment acheté ce livre Assouline, mais je trouve dommage que ce soit à Klimt que l'histoire donne la paternité des créations d'Emilie.. merci ;)

      Roxane : Oh la chance ! Ce cours a l'air passionnant, c'était où ? Quelle belle idée..

      KizzyDoll : Oh, no worries darling !! Take your time ;) You should also write about the personnalities that fascinate you, I'll be please to read that !! kisses ;)

  21. Laureline dit :

    Ce que j’adore sur ton blog c’est qu’il me fait sans cesse découvrir des personnages historiques ayant une histoire de vie formidable. Le résumé que tu as fait de la vie de Alma est magnifiquement bien écrit (maitrise du français exceptionnelle), tu as réussi à nous raconter sa vie entière sans pour autant faire un article fleuve et tu nous (me) donnes envie d’en découvrir d’avantage. Je souhaite de tout coeur que tu arrives à te faire publier, et je serais la première à courir à la librairie.

    En espérant que tu continues encore longtemps à partager ta passion pour l’histoire et la mode (et l’histoire de la mode).

  22. Alexandrine dit :

    J’étais pourtant persuadée d’avoir laissé un commentaire sur cet article… Bon, visiblement non. ^^
    Donc, je l’écris maintenant, c’est-à-dire, en retard.
    C’est amusant comme coïncidence : j’ai fini la bio de Alma il y a deux semaines, celle de Françoise Giroud, que j’ai trouvé vraiment très bien. Donc, je ne dirais pas grand chose sur ton article, si ce n’est que bien que condensé, tu saisis très bien l’essence de ce qu’était visiblement Alma (une énigme, un peu…).

    En parlant de biographie…En as-tu lu une sur Greta Barbo? Je te vois très bien dans une séance photo style Garbo, très mystérieuse, froide, vénéneuse… Et la grande Sarah ? Une séance photo hommage, ça serait tellement beau! (bon, ok, j’arrête…^^)
    Etant une grande fan des 70s, je te conseille aussi la bio sur Janis Joplin, écrite par Jeanne-martine Vacher. C’est bien plus qu’une bio en fait : elle a refait le parcours géographique de Janis, en essayant de rencontrer les personnes qui l’on connu, et c’est vraiment un portrait d’une génération et d’une musique, en plus d’être un bel hommage à la chanteuse.

    Belle soirée,
    Alexandrine

  23. Louise dit :

    Magnifique article, comme tous les autres d’ailleurs! :) J’aime beaucoup les portraits, on apprend de chouettes choses grâce à ces « oubliés de l’histoire » (ou, du moins, ceux qui ne seront pas connus au moyen des cours d’histoire, ceux-ci étant trop académique). Ton blog est magnifique, à chaque fois que je le lis, je me sens transportée dans le passé, c’est super :D Continues comme çà (longtemps si possible), des blogs aussi merveilleux sont rares, ce serait dommage de l ‘arrêter maintenant. Un gros bisous de la part d’une fan belge :D
    P.S. : quelques conseils pour une fille qui souhaite faire un blog mais qui hésite à se lancer ? :p

  24. Dauphine dit :

    Mille mercis pour la référence, je me réjouis de découvrir ça !

  25. MarieD dit :

    Merci beaucoup pour cet article. C’est toujours très passionnant de découvrir ces personnalités ô combien inspirantes. Et, par la même occasion, merci pour nous avoir recommandé le livre sur les Cocottes, un délice! Grâce à tout cela j’ai maintenant un grand intérêt pour cette époque. Je sais que tes études portent essentiellement sur les femmes, mais t’es-tu également intéressée aux hommes, ne serait-ce que dans leurs rapports avec les femmes (la thèse sur les femmes proustiennes est très éclairante par exemple, autant sur l’auteur que sur les femmes de l’époque)? Ce serait bien de connaître ta vision des choses à ce sujet.
    Mais vraiment et surtout ce serait vraiment top si le problème des commentaires était résolu, cela me décourage toujours à écrire de longs messages qui, systématiquement, passe à la trappe:/.

  26. Clara dit :

    Même si je ne rate jamais un de tes articles, je n’ai encore jamais laissé de commentaire ici…et comme le peu de retours semblait te peiner, allez je me lance!
    Tes biographies publiées ici sont toujours très bien écrites, concises, mais avec suffisamment d’informations et de descriptions pour cerner un personnage : un régal!
    Souvent, comme certains l’ont dit, c’est l’article que je vais me garder dans un coin pour le lire tranquillement un soir, ou une après-midi avec un thé.
    C’est très agréable d’apprendre sur tant de figures historiques, sans avoir à lire un livre entier, pour ceux qui comme moi ont peu de temps ou du mal à se procurer les livres en question (au Japon c’est un calvaire, ou alors un trou sans fond de dépenses!)
    Pour en venir à Alma, j’ai adoré lire sur ses liens avec tous ces artistes (Klimt, Malher!) qui nous en disent un peu sur ceux là même, comme si elle essayait de compenser la frustration de ne pouvoir être une artiste elle-même en mangeant tous ces hommes les uns après les autres, toujours en quête, jamais satisfaite!
    Cela m’a fait penser (même si ces deux femmes sont totalement différentes) à un vieux livre trouvé chez un bouquinier « lettres entre Clara et Robert Schumann » (je ne me souviens plus du titre exact) qui montrait à la fois la psychologie de ces deux figures, et du lien qui les unissait, tout en suivant l’évolution de ces deux musiciens, bref, passionnant! En règle générale j’aime lire sur le background et la psychologies des grands musiciens et des artistes en général, donc s’il te plaît continue de partager tout ça avec nous!

    • Louise dit :

      Lauréline : Merci beaucoup ! C’est vrai que c’est difficile de faire court, surtout quand il y a tant de choses à raconter..une exercice difficile !! A ce propos, j’ai ce problème avec Misia Sert, je voulais faire un post sur elle, mais sa vie est tellement riche que c’est impossible de faire un seul article !!!
      Merci beaucoup, j’espère aussi de tout coeur réaliser ce projet..Evidemment, je continuerais toujours à faire partager ces découvertes, ça m’enchante tellement <3

      Alexandrine : Superbe ton dernier post, cet hôtel particulier et à se damner...j'aimerais tant le visiter...
      Ah c'est une autre bio alors, pense-tu que je devrais la lire aussi ? Je ne sais pas si j'aurais envie de me replonger dans Alma, elle a une vie fascinante, mais au fil de sa vie, son personnage assez égocentrique a fini par m'agacer :D Tu n'as pas trouvé ?
      J'ai lu des tas de livres sur Sarah, c'est une immense icône..Rien encore sur Garbo, mais elle me fascine pas mal !! Je pense faire la parisienne des années 30 dans son esprit..
      Quand à moi je te recommande vivement La vie de Misia, c'était fabuleux...
      Merci pour les conseils de lecture <3

      Louise : Oui, des icônes qui méritent à être plus connues ! Ravie de contribuer à une "réhabilitation" ;)
      Merci beaucoup, c'est tellement gentil...Ca me fait un plaisir immense de savoir que j'arrive à transmettre cet univers très particulier dans lequel je baigne, je me sens moins seule de voir que beaucoup aiment les me^me choses !
      Je ne sais pas trop si je suis bien placée pour donner des conseils car j'ai toujours suivi mon instinct et mon coeur sans jamais calculer, et je crois que ce serait justement mon conseil : toujours rester sincère, authentique et soi-même. C'est malheureusement trop rare sur la blogosphère. Bon courage !!

      MarieD : Ce livre est divin n'est-ce pas ? Ce soir je vais me rendre (si j'y arrive, j'ai la cheville foulée !) à un salon littéraire où l'auteur sera présente, j'ai hâte de la rencontrer !!
      Je m'intéresse forcément aux hommes, car mes recherches portent sur l'image des femmes, et cette image est nécessairement créé par les hommes. Pour étudier la femme, je dois d'abord étudier le point de vue de l'homme, ses angoisses, ses opinions..D'ailleurs, la plupart des thèmes que j'aborde sont vus du point de vue masculin.
      Désolée, j'ai demandé à la personne qui s'occupe de ça ;)

      Clara : Merci beaucoup, et bienvenue !! C'est gentil de laisser un mot, ça me faut toujours plaisir :)
      Oh suis ravie que mon article se déguste comme une tasse de thé, c'est un merveilleux compliment..C'est aussi très agréable à écrire, peut-être est-ce pour ça que le plaisir est communicatif ;)
      Oui, inconsciamment elle devait reporter sa frustration de ne pouvoir créer et gérant la carrière de ses maris, en particulier el dernier, qu'elle a managé avec une main de fer !
      Intéressant ce livre, merci pour la référence !!

  27. Tania dit :

    Quel bel article, merci à toi de partager ces portraits si passionnants et toujours aussi bien écrit. Lorsque je me rend sur ton blog et désormais encore plus avec ce type d’article, je sais que je vais apprendre quelque chose et que je vais prendre du plaisir à lire tes articles. Pour ça juste un grand merci, merci à toi encore et toujours de partager tout cela avec nous. Hâte de lire le prochain, ça va être dur d’attendre les 2 semaines ! Bises.

    • Louise dit :

      Tania : Merci, c’est extraordinaire si je peux partager mes passions et apprendre quelques trucs, c’est pour moi un immense honneur !!
      Un grand merci à vous de me suivre avec tant d’attention et de lire mes articles, c’est ce qui me donne l’envie de les écrire ! Moi aussi je suis impatiente de le publier héhé ;)

      Clélia : Oh mince, bon courage pour les révisions ! C’est infernal, on es tous passés par là…Ah bonne chance pour l’histoire de l’art, c’est pas facile de devoir réviser des trucs inintéressants quand on sait déjà ce qui nous intéresse, mais le plus important c’est de continuer à rester le plus curieux possible à l’extérieur, sans se laisser aliéner par les révisions imposées..
      Ah mais je suis allée à Bâle, et à ce musée !! Il y a avait tellement de chefs-d’oeuvres, que j’avoue ne pas trop avoir remarqué cette toile, j’étais très focalisée sur les Böcklin ! J’avais été invitée par Ebel à la foire horlogère, c’était impressionnant…
      J’ai des amis à Lausanne, alors peut-être un jour, si Thomas y joue ce serait l’occasion rêvée !
      Ben tu sais pour Spanish Moss c’est cool, mais je trouve que la qualité vaut pas le prix..Il vaut mieux acheter du vintage, ça vaut plus le coup !
      Moi je trouve ça normal de répondre, pas dans le sens où je dois quelque chose à mes lecteurs, mais dans le sens où c’est vraiment sympa de pouvoir communiquer ici, et c’est dommage que peu le fassent. Après, pour les très gros blogs, c’est sur que c’est une somme de temps quasi-impossible, mais à mon plus humble niveau c’est chouette que ce soit possible ! Je pense que beaucoup ont trop pris la confiance et se sentent supérieurs à leurs lecteurs, et je trouve ça dommage. Encore une fois, comme je le dit toujours, un blog ne se fait pas seul !!
      Baisers ;)
      (Merci pour le lien de l’artiste, je connaissais que quelques oeuvres, c’est sublime !!!!)

  28. Clelia dit :

    Louise,

    J’ai pas le temps de lire tes articles pour le moment(en plein dans les révisions d’exa :S) mais je suis toujours super curieuse et contente de ce que tu postes(je zieute vite fait). C’est toujours intéressant et étant aussi passionnée d’histoire de l’art (j’espère pouvoir entrer à l’uni en hist. de l’art d’ici la rentrée prochaine), et en plus de ça ayant une préférence pour la fin du 19e /début 20e, ton blog est juste GE-NIAL! MERCI!<3

    "La fiancée du vent" est une de mes peintures préférées! Quel plaisir de la voir sur ton blog! Si tu as l'occasion d'aller à Bâle en Suisse, je te conseille d'aller voir l'oeuvre au Kunstmuseum, elle est tellement chargée d'émotions…Une pure merveille! De plus, il y a la fondation Kokoschka à Vevey (en Suisse, je précise, je sais pas si les villes Suisse sont vraiment connues ailleurs :D ), et le Musée Jenisch où on trouve souvent des expos de l'artiste. (http://www.museejenisch.ch/tempo4/dossier_presse_kokoschka.pdf)

    Si tu as aussi l'occasion de passer par les bords du Lac Léman, n'hésite pas à faire un petit tour par là, il y a aussi un musée de la photo dans cette ville. De plus, à Lausanne, il y a le musée de l'Elysée(de photo) qui est vraiment bien! Bref, j'ai l'impression de travailler à l'office du tourisme! :D

    Sinon, j'aime beaucoup ton style, tes vêtements, ta déco… Et grâce à toi, j'ai découvert les vêtements Spanish Moss dont je suis fan mais qui ne sont pas encore achetables vu mon budget…

    Je trouve aussi très sympa et humain que tu répondes à tes lectrices. Même si tu dis que c'est normal de le faire étant donné qu'un blog est un partage, beaucoup ne le font pas, ça fait aussi ta différence :) . Ainsi, ça m'a motivé pour t'écrire un commentaire, chose que je ne fais jamais parce que je veux pas perdre mon temps pour des gens qui finalement n'en ont rien à faire et ne pensent qu'à eux-mêmes. Bref re-MERCI!

    Je t'encourage à continuer en tout cas!

    Encore un petit lien sur un artiste Suisse si tu connais pas!
    (petit le lien…)
    https://www.google.ch/search?hl=fr&gs_rn=1&gs_ri=serp&tok=avB7e79WT34iKFxLVAIo6g&pq=bieler&cp=7&gs_id=s&xhr=t&q=ernest+bieler&bav=on.2,or.r_gc.r_pw.r_cp.r_qf.&bvm=bv.41524429,d.Yms&biw=1440&bih=734&um=1&ie=UTF-8&tbm=isch&source=og&sa=N&tab=wi&ei=BzMEUeaKDYbgtQbfxYC4Dg

  29. Alexandrine dit :

    Je pensais bien que l’hôtel Judic te plairait !^^
    Eh bien, je n’ai lu que cette biographie-ci d’Alma, donc je ne peux pas comparer par rapport à d’autres, mais le fait qu’elle soit écrite par une femme (et bien écrite en plus) apporte une sensibilité certaine par rapport à une biographie d’une femme écrite par un homme. Au niveau information, tu n’apprendras peut-être pas grand chose d’autre par rapport à celle que tu as lu, mais c’est un autre point de vue. Bien qu’à mon avis, si j’avais vécu à la même époque et que je l’avais rencontré, je pense que j’aurais détesté Alma pour justement, comme tu le dis, cet égocentriste et cet égoisme forcené…Même si son personnage est aussi fascinant !^^

    Je n’ai lu que deux biographie de Sarah : celle de Arthur Gold et Robert Fizdale (ils ont également écrit « Misia », comme coïncidence…^^), et celle de Louis Verneuil, peut-être plus intéréssante au niveau anecdote car c’était l’un de ses amis, mais moins objective bien sûr.
    Pour Garbo, j’ai celle de Antoni Gronowicz, qui l’a bien connu, et c’est une biographie très sensible, assez juste je pense.

    Mais l’anecdote que je préfère sur Greta vient de la bouche d’Ava Gardner : elle ne l’a rencontré qu’une seule fois, et par hasard. Un jour, on appelle Ava en lui demandant s’il est possible qu’elle héberge Greta Garbo pour un jour ou deux, car l’hôtel où elle doit résider est pris d’assaut par les papparazzis. Ava accepte bien sûr, elle est impatiente et aussi très stressée à l’idée de rencontrer la plus grande star d’Hollywood… Elle fait donc de son mieux pour que sa maison soit prête à recevoir Greta (fleurs, chambre, champagne, nourriture, etc.). Et la star arrive. Elle descend de sa voiture entièrement emmitouflée dans un manteau noir avec fourrure, lunettes noires, et grand chapeau noir, et s’engouffre immédiatement dans la maison sans un regard pour quiconque, monte directement à l’étage et s’enferme dans sa chambre. On ne voyait quasiment rien d’elle, et sur le coup, Ava a pensé que cette grande star était vraiment mal élevée… Elle se « replie », déçue, vers la piscine avec un ami venu pour l’occasion, et discute de l’évènement… Et la star redescend enfin de sa chambre, simplement vêtue d’un short… Elle resta deux jours chez Ava, et celle-ci n’a cessé, en racontant plus tard cette anecdote, de répéter que l’immense star était l’une des femmes les plus gentilles et gracieuses de tout hollywood. Mais qu’elle se pliait au personnage qu’elle avait choisi d’être pour être justement une star. Et Ava ajoutait toujours : « et de plus, elle avait les plus beaux seins du monde »…J’ai tuoujours trouvé que cette anecdote résumait très bien Greta Garbo : une femme qui avait choisi d’être une star et donc, jouait un personnage en public, en étant quelqu’un de très différent en privé…

    Belle journée,
    Alexandrine

    • Louise dit :

      Alexandrine : Fascinante anecdote !! Merci beaucoup, je t’ai lue avec délectation !!
      J’aime beaucoup ce paradoxe, et suis soufflée par la façon dont Garbo savait se créer une aura de mystère époustouflante..
      Je vais lire celle d’Arthur Gold et Robert Fizdale alors, car j’ai adoré leur Misia <3
      Merci beaucoup !!

  30. Marie dit :

    Merci Louise, c’est adorable d’avoir répondu si vite. Les groupes que tu m’as conseillé sont super (gros coup de coeur pour Tame Impala!), je suis ravie! C’est vraiment sympa de pouvoir communiquer avec toi par le biais de ce blog, et de façon aussi simple. Ton doppelganger à la classe! J’attends toujours le mien… Bonne semaine miss, la bise.

  31. petite furie dit :

    Salut louise.

    Je me permets de te tutoyer, tu n’es pas encore assez vieille pour que je te vouvoie.

    Je laisse un commentaire tardif sur cet article, la ponctualité c’est pas mon truc. Mais je voulais vraiment laisser ce commentaire alors le voici.

    Je voudrais tout d’abord faire une remarque sur  » Pas besoin d’être psychologue pour le comprendre, toute sa vie Alma va chercher son père dans ses hommes (un diagnostic que confirmera Freud himself !) ». Je n’ai jamais rejeté les principes énoncés par le déterminisme, qu’il soit génétique, social ou que sais-je encore. Mais lorsqu’il se dénature en un fatalisme déplaisant, je ne peux que critiquer. Et j’émets tout autant de réserves sur le bien-fondé de la psychanalyse, qui simplifie et détruit grossièrement la diversité des symboles et la complexité des liens de causalité et du choix humain.
    J’ai perdu mon père lorsque j’étais petite, je n’en ai qu’un vague souvenir. Je ne crois pas avoir recherché sa figure ou son personnage dans tous les garçons avec lesquels je suis sorti.

    A aucun moment non plus n’est fait mention de l’intérêt qu’alma porte aux thèses antisémites. Je comprends cette ellipse lorsque je pense à Brigitte Bardot. Certains ne veulent garder que le meilleur et oublient les conneries.
    Pourtant, je ne peux pas m’empêcher de penser que dresser le « portrait d’alma mahler » sans faire de petite allusion à ces pensées va de pair avec une carence d’honnêteté intellectuelle. Cette fille est peu connue du groupe de profanes dont je fais partie (enfin j’espère, sinon je passe pour une conne). Omettre de tels détails biaise le récit de la vie de « la fiancée du vent ».

    Je souhaitais aussi te parler de l’évolution de ton blog. Je me suis réjouie lorsqu’il y a quelques mois tu nous as fait partager ton souhait d’y apporter du changement. Le temps s’est écoulé, et je ne vois pas beaucoup de ce fameux changement – ce n’est pas une critique, mais un constat.
    J’ai quelques idées qui ne sont que des idées. Je ne veux pas imposer comme beaucoup s’acharnent à le faire (et de toute manière, je pense que je n’y arriverais pas ; P). Voici voici :
    * nous laisser, à nous tes lecteurs, te proposer des articles. Tu pourrais soit laisser le champ libre, soit nous orienter vers des thèmes/muses/topics de ton choix. Ces articles seraient soumis à ton approbation. Il existe toujours un risque pour que ta boîte mail soit abondée de tentatives d’articles plus ou moins ratés, mais je trouverais ça vraiment cool. Tu passerais (éventuellement ?) moins de temps pour ton blog, toi qui dis en manquer.
    * présenter des articles plus diversifiés – de la cosmétique à la politique(j’adore la politique). On est bien d’accord je propose tu disposes. Cette suggestion converge avec la première.
    * tu as (je crois) des partenariats avec des marques. Pourquoi ne pas organiser des concours (de dessin, d’écriture…) avec à la clé des lots sympathiques ?

    Toutes ces altérations que j’imagine ne tendent pas nécessairement à la délégation, mais à l’ouverture de ton blog à tes lecteurs.

    Je conçois très bien que ce n’est pas ce dont tu aies envie. Je l’ai déjà dit et je le retranscris, je propose tu disposes.

    J’aime beaucoup ton blog et ton écriture, que je suis depuis des années. J’espère que tu le feras vivre encore longtemps.

    Bien à toi.

  32. Dorothée dit :

    Bravo pour cet article bien rédigé!
    Ce vieux Mahler manquait définitivement de fun :)

  33. Vincent. dit :

    Superbe.

  34. Sophie Guillot dit :

    Alma fut une muse c’est entendu, elle a vécut une vie extraordinaire c’est entendu mais elle a aussi contribué à forger sa propre légende d’une part, (en publiant sa propre vie , censurant des passages de son journal intime, notamment sur son féroce anti sémitisme ) ..

    Je viens d’achever la relecture de deux biographies d’elle, celle de F Giroud et une autre plus fournie. De voir le film  » Alma la fiancée du vent » et de fouiller un peu partout. Ce lien là est aussi très intéressant sur sa vie

    http://www.forumopera.com/livre/valse-hesitation-viennoise

  35. Alexandra dit :

    Fabuleuse femme, et quelle plume !

  36. NatGinger dit :

    Merci pour ce merveilleux récit,si bien écrit! Plusieurs l’ont bien mieux dit que moi, mais il est vrai que c’est un vrai régal de vous lire! Merci pour m’avoir fait connaître cette femme et de cette façon là!

  37. Laura dit :

    Merci Louise pour ce beau portrait. Je ne connaissais pas Alma Mahler donc ton article m’a permis de la découvrir. J’aime beaucoup ta manière d’aborder les portraits. Vivement le prochain !
    Laura

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